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Inondations – Travaux publics et aides aux victimes : l’ardoise atteint déjà 2 milliards de francs

jeudi 26 janvier 2017

bouissou

Tandis que le recensement des dégâts se poursuit sur le terrain, pour savoir qui aider et comment, le bilan financier provisoire est déjà lourd pour le pays, comme l’a expliqué hier le porte-parole du gouvernement, à l’issue du conseil des ministres. (© Marie Guitton)

 

Depuis que l’état de calamité naturelle a été décrété à Tahiti et Moorea dimanche dernier, des agents du Pays et de l’État sillonnent les quartiers pour constater les dégâts occasionnés par les pluies diluviennes. “À seulement J+3, nous n’avons pas terminé”, a expliqué hier Jean-Christophe Bouissou, porte-parole du gouvernement. Mais les procédures d’aide se mettent déjà en place et l’ardoise atteindra, au minima, deux milliards de francs. Pour les foyers sinistrés, la toute nouvelle commission d’attribution des aides se réunit aujourd’hui.

 

• Reconstruction et réparation des ouvrages territoriaux

Enrochements des rivières, chaussées, trottoirs, ponts… Le coût de reconstruction et réparation des ouvrages territoriaux situés entre Papara et Mahina est évalué “au minima à 1,5 milliard de francs”.

L’équipement devra “revoir les ouvrages pour les reproportionner et éviter de revivre la même chose”, a sagement décidé hier le conseil des ministres.

À Punaauia par exemple, le pont de Matatia, qui s’est effondré dimanche, devra être surélevé. “Évitons de recommencer les mêmes erreurs que par le passé, même si nous sommes dans une situation extraordinaire puisque l’on peut parler de crue centennale”, a répété Jean-Christophe Bouissou, le porte-parole du gouvernement.

Des expertises seront donc prochainement lancées, et l’addition “risque d’augmenter en fonction du type de construction qui sera réalisé”, prévient-il, d’autant plus que les dégâts de Papeno’o et Hitia’a n’ont pas encore été comptabilisés.

Le président du Pays Édouard Fritch a toutefois assuré mardi soir, au conseil municipal de Pirae, que le Pays disposait de 2,5 milliards de francs en caisse. Suffisamment, donc, pour couvrir le montant de ces travaux.

Par ailleurs, avec la suppression du compte d’aide aux victimes de calamité (CAVC), que critique vivement le Tahoera’a Huiraatira, la mise à disposition de ces fonds serait désormais “beaucoup plus souple”, d’après le gouvernement. “Aujourd’hui, nous avons la capacité de procéder à des transferts de crédits sans passer par l’assemblée, parce que justement nous sommes dans des circonstances exceptionnelles, pour alimenter les fonds nécessaires aux interventions”, s’est félicité hier Jean-Christophe Bouissou.

 

Reconstruction, réparation, et rééquipement des logements

Le gouvernement a créé hier, en conseil des ministres, une “commission de recensement des sinistres et de répartitions de secours”. Livraison de nouveaux fare, aides en matériaux, électroménager…

La commission, habilitée à intervenir dans les domaines des affaires sociales, de l’habitat, de l’agriculture et de l’économie, délibérera sur les rapports qui lui seront communiqués par les équipes de recensement.

Une première réunion est prévue dès cet après-midi, à 14 heures, afin de “décider jusqu’à quel niveau d’intervention nous souhaitons, et comment. Il faut agir très vite”, a précisé hier le porte-parole du gouvernement.
Toutes les familles, dont le logement a subi des dégâts, sont éligibles aux aides du Pays, sous réserve de remplir des critères “assez simples”, selon lui.

Pour l’heure, un bilan provisoire du Pays fait état d’une centaine de maisons détruites et d’un millier de foyers sinistrés.

À Paris, la ministre des Outre-mer a, quant à elle, évoqué hier “plus de 800 habitations détruites ou inondées, touchant près de
4 000 personnes”.

En réalité, seules les communes de Mahina et Pirae ont véritablement été passées à la loupe par les équipes de l’Office polynésien de l’habitat (OPH) (lire l’interview Vaiani Garbutt, directrice générale de l’Office polynésien de l’habitat).

Dans la commune du président Fritch, particulièrement touchée par les intempéries, “près de 400  personnes” auraient besoin de réparer ou reconstruire leurs logements.

En comptant les sinistrés de Mahina, la facture s’élèverait déjà à 400 millions de francs, selon le ministre du Logement.

Le même inventaire devait être achevé hier à Papeete. Viendront ensuite toutes les autres communes touchées. “Je subodore que nous allons multiplier par deux ou trois le budget en question”, a donc précisé Jean-Christophe Bouissou hier, en indiquant que le gouvernement polynésien espérait “sur ces aspects-là un soutien de l’État”. (Paris a déjà débloqué une enveloppe d’urgence de 24 millions de francs.)

 

Des CAE pour aider à reconstruire ?

Au conseil municipal de Pirae, le tavana et président du Pays Édouard Fritch a laissé entendre que 5 à 6 jeunes, dans chaque quartier sinistré, pourraient bénéficier prochainement de contrats aidés d’un an (type CAE) afin de prêter main-forte, sous la tutelle des services techniques des mairies concernées, aux sinistrés.

Le gouvernement aurait observé que des familles déjà aidées lors d’événements précédents n’avaient pas touché aux matériaux qui leur avaient été livrés.

“Il y a des familles qui n’ont manifestement ni les moyens financiers, ni les capacités de procéder aux réparations seules”, a indiqué hier Jean-Christophe Bouissou, en citant les couples de personnes âgées.

“D’où l’idée d’utiliser les contrats type CAE pour aider ces gens-là. Mais attention ! La commission de secours considérera qui sont ceux qui en ont vraiment besoin. On ne pourra pas intervenir auprès de tout le monde. Ce sera vraiment pour les familles très, très nécessiteuses, qui ne peuvent pas le faire par elles-mêmes.” 

Marie Guitton

 

 

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