Inquiétudes des soignants autour d’Ébola : « il faut gérer la psychose »

    mardi 21 octobre 2014

    Les craintes exprimées par certains soignants autour de la prise en charge des cas suspects d’Ébola ne sont pas justifiées, selon Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l’hôpital Bichat-Claude-Bernard, qui estime qu’il faut avant tout « gérer la psychose« . L’hôpital Bichat est l’un des trois hôpitaux de référence pour la prise en charge des malades d’Ébola en région parisienne.
     
    Des membres du personnel des hôpitaux parisiens ont demandé plus d’information et de formation pour faire face à Ébola. Certains médecins de Bichat ont même fait part de leurs inquiétudes dans une lettre au patron de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Comment réagissez-vous ?
    « C’est normal qu’il y ait des inquiétudes, les médecins sont des hommes et l’épidémie fait peur, elle a toujours fait peur. Les craintes peuvent être rationnelles ou irrationnelles. A l’hôpital Bichat, nous avons plus d’un millier de soignants et tous ne seront pas impliqués dans la prise en charge d’éventuels malades d’Ébola. La crainte vient surtout des personnels en seconde ligne, voire en troisième ligne alors qu’il y a très peu de chances qu’ils aient un jour à prendre en charge un malade infecté par le virus Ébola
    Les infectiologues, les urgentistes, les biologistes et les réanimateurs médicaux ont été bien formés (pour faire face au virus Ébola) à Bichat et aucun n’a, à ma connaissance, signé la lettre. Mais il y a d’autres professionnels qui ne sont pas en première ligne comme les chirurgiens ou les anesthésistes-réanimateurs (dont certains ont signé la lettre) qui ont pu exprimer des inquiétudes. On commence à les former mais la probabilité qu’on ait un jour besoin d’eux est faible. »
     
    Comment répondez-vous aux craintes exprimées ?
    « Nous écoutons les craintes pour y répondre. Le système actuel n’est pas parfait mais il est constamment amélioré. 
    Nous travaillons sur la réception, le circuit et la prise en charge des cas suspects depuis des mois. Nous avons beaucoup progressé et nous faisons partie des hôpitaux les mieux préparés. Par exemple, les infirmières ont des tenues adéquates, un cadre les surveille systématiquement pendant les phases d’habillage, elles rentrent toujours par deux dans les chambres. Nous avons également des formations pratiquement tous les jours. »
     
    58% des Français pensent que l’épidémie va se propager en France. Quels sont les risques ?
    « L’épidémie est grandissante en Afrique et des gens vont et reviennent de là-bas. Il y aura donc des cas, mais il n’y aura pas d’épidémie. La probabilité d’une épidémie est à mon avis quasi nulle mais on ne peut pas exclure des cas secondaires (ndlr : cas de contagion en France). Nous disposons de sept lits actuellement à Bichat pour d’éventuels malades d’Ébola. Nous avons accueilli quatre cas suspects au total à ce jour qui se sont tous avérés négatifs. Le plus important actuellement est de gérer la psychose. »

    Propos recueillis par l’AFP

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete