Inscrire la cuisine outre-mer dans le guide Michelin

    mardi 24 mai 2016

    Une pétition circule depuis le début de l’année afin que les restaurants et hôtels ultramarins soient notés par le guide Michelin.
     Le directeur général des éditions n’est pas insensible à cette demande.  Les établissements polynésiens pourraient faire leur entrée dans le célèbre guide rouge en 2018.

    Récemment, Christian Bidonnot, critique gastronomique et animateur du site Internet topoutremer, a entrepris des démarches pour que les restaurants métropolitains ne soient plus les seuls référencés dans le guide Michelin.
    Pour cela, il a déjà reçu de nombreux soutiens, à commencer par celui du ministère des Outre-mer de George Pau-Langevin, mais aussi celui du ministère des Affaires étrangères, d’Atout France, de la Fédération des entreprises des outre-mer (Fedom) et de nombreux comités et offices de tourisme ultramarins.

    Ainsi, la députée polynésienne Maina Sage a signé, en début d’année, la pétition que ce dernier a fait circuler pour l’envoyer au directeur du célèbre guide.
    Ce combat lancé en février consiste à voir les meilleurs restaurants et hôtels ultramarins enfin référencés dans le guide rouge mondialement connu.

    Le directeur général des éditions, Michaël Ellis, n’aurait pas été insensible à cette demande, et aurait même proposé que cette dernière soit étudiée dès 2017 pour les départements d’outre-mer, puis en 2018 en ce qui concerne les autres collectivités comme la Polynésie française ou la Nouvelle-Calédonie.
    Michaël Ellis a demandé un peu de temps afin que soient trouvés des partenariats commerciaux pour compenser les frais d’hébergement, de transports, de restauration et de rétribution de ses inspecteurs.

    L’arrivée du guide Michelin en Polynésie française serait un plus, à en croire les professionnels du tourisme qui voient là l’opportunité de présenter leurs meilleures tables aux touristes en mal de bon coup de fourchette. Localement, il n’existe pas de parution objective recensant les restaurants.

    “La gastronomie, moteur du tourisme”

    Pour autant, l’arrivée de cette référence qu’est le livre rouge du Michelin ne fait pas sauter de joie tous les restaurateurs.
    “On en a besoin et on n’en a pas besoin”, ironise ce chef de cuisine d’un restaurant de la côte ouest. “Dès qu’on a une étoile ou deux, on est médiatisé donc la clientèle vient. Mais le problème en parallèle, c’est qu’on est obligé de tenir une constante qui est plus difficile qu’en France. Ici, on est tributaire des importations, des interdictions alors qu’en France, il y a une régularité des produits.” Une évidence pour ceux qui ont quotidiennement du mal à s’approvisionner, comme cette année avec des légumes locaux catastrophiques.

    La Polynésie a-t-elle besoin de cette référence ? Là est la question. Dans le package touristique, il est aujourd’hui bien difficile de savoir si notre destination est choisie pour ses lagons, son soleil, son sable, ses plongées, son art de la table, ses dauphins, ses randonnées.
    “Ça fait un plus”, reconnaît ce chef de cuisine. “Ça peut aider les touristes, mais localement, nous sommes un petit territoire, il n’y a pas besoin de ça.”

    Pour le président de Tahiti Tourisme, Paul Sloan, “c’est une lisibilité de la destination polynésienne. C’est quelque chose de bénéfique.” Il ajoute même : “La gastronomie est un moteur du tourisme aujourd’hui. Être référencé dans ce guide serait un plus”.
    Le problème, c’est qu’en l’absence d’organisme objectif sur la cuisine proposée par les différents restaurants du fenua, c’est Internet qui prend le relais. Et des sites comme TripAdvisor peuvent faire ou défaire une réputation sur la simple appréciation d’une personne mal lunée. “Ce site n’est vraiment pas du tout objectif, poursuit le cuisinier. Tout est mélangé, c’est complètement idiot. (…) Le guide Michelin au moins est quelque chose de sérieux.”

    Cette réticence n’est-elle finalement pas l’opportunité aussi de masquer quelque chose de terrible… Qu’aucune table polynésienne ne soit digne d’accueillir une étoile. “Au contraire, poursuit un autre cuisinier. Il y a beaucoup de restaurants qui mériteraient d’avoir une ou deux étoiles au Michelin en Polynésie.”
    Paul Sloan en est, lui aussi, convaincu. “Et même si nous n’avons pas de restaurant étoilé, le fait d’être référencé permettrait de mettre en lumière nos saveurs. Définitivement, c’est une bonne chose.”

    Bertrand Prévost

    Les signataires entre le 1er février et le 30 avril

    – Ministère des Affaires étrangères
    – Sénat : Mohamed Sohilihi (Mayotte), Karine Claireaux (Saint-Pierre-et-Miquelon), George Patient et Antoine Karam (Guyane).
    – Assemblée nationale : Alfred Marie-Jeanne (Martinique), Éric Jalton, Gabrielle Louis-Carabin (Guadeloupe), Ericka Bareights, Jean-Claude Fruteau, Monique Orphée (La Réunion), Chantal Berthelot (Guyane), Boinali Saïd (Mayotte), Daniel Gibbes (Saint-Martin et Saint-Barthélemy), Maina Sage (Polynésie française), Stéphane Claireaux (Saint-Pierre-et-Miquelon).
    – Les organismes, comités et offices du tourisme des régions concernés : Atout France, île de La Réunion Tourisme, comités du tourisme de Mayotte, de Guyane, de Saint-Barthélemy, de Saint-Martin, de Saint-Pierre-et-Miquelon, Tahiti Tourisme, comité martiniquais du tourisme, comité du tourisme des îles de Guadeloupe.
    – Les syndicats professionnels : Union des métiers de l’industrie hôtelière (Umih) Martinique, Umih Guadeloupe, Umih La Réunion, Umih Mayotte, Union hôtelière de Nouvelle-Calédonie, la Fédération interprofessionnelle, la Fedom.
    – Parlement européen : Maurice Ponga, Louis-Joseph Manscour.

     

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