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Intempéries de la côte est, un an après : “Ils ne nous ont pas laissés de côté”

vendredi 23 décembre 2016

intempéries côte est

© Marie Guitton

 

Le 12 décembre 2015, des pluies diluviennes emportaient des dizaines de maisons de la côte est de Tahiti. Plusieurs centaines d’habitants perdaient tout ce qu’ils possédaient. Leurs toits, mais aussi leurs véhicules, vêtements, souvenirs familiaux, appareils électroménagers…

Dès les premiers jours, de nombreux dons de particuliers, alimentaires et vestimentaires,  furent distribués par les associations à plus d’un millier de sinistrés. Dans l’urgence, les pelleteuses du Pays s’activèrent à déblayer les routes et désengorger les rivières. Puis vint le temps de la reconstruction.

En douze mois, outre les sommes faramineuses investies pour réparer les infrastructures et stabiliser les berges, 144 millions de francs d’aides en matériaux ont été distribués aux sinistrés, 18 “fare OPH” (de l’Office polynésien de l’habitat) ont été livrés clés en main, tandis que la Caisse de prévoyance sociale (CPS) a équipé des familles en fours, machines à laver, matelas ou sommiers.

La Dépêche de Tahiti est retourné, mercredi, à la rencontre des habitants le long de la route de ceinture, qui avaient accepté de témoigner dans notre édition du 28 décembre 2015 (“De Tiarei à Mahina, la vie au milieu des débris”). Pour eux, il y a eu un avant et il y aura un après. Bilan.

 

Marie Guitton

 

PK 22 : Des “petites” aides en matériaux, pour reconstruire soi-même

PK 22 après les intempéries. (© Marie Guitton)

En 2015. (© Marie Guitton)

intempérie

En 2016. (© Marie Guitton)

 

Entre la rivière Faaromai et la route d’accès aux Trois cascades, ils étaient plusieurs à avoir tout perdu, l’année dernière. À l’époque, lors de notre passage, une mamie nettoyait au jet d’arrosage la dalle de sa maison, la seule chose qui lui restait.

Francky et son fils, eux aussi, bataillaient contre les eaux saumâtres qui recouvraient les sols et les scooters.

Aujourd’hui, ces derniers vivent encore dans une cabane de fortune, où s’entassent de gros cartons contenant un réfrigérateur, un four et une machine à laver. Voilà dix mois que la CPS leur en a fait don, mais ils attendent toujours une maison pour pouvoir les brancher.

“On leur a dit qu’ils auraient les clés d’un fare OPH avant le 25 décembre, raconte Tahia, la sœur de Francky. Mais il y a un problème avec un chemin qui passe sur un terrain indivis. On est carrément déçu…”

La mamie voisine, elle, dit avoir reçu “une petite aide en matériaux” pour reconstruire sa maison. “C’est pas assez, et c’est à toi de tout faire, lâche-t-elle. Mais ils ont quand même aidé, et je suis contente de ça.”

Les matériaux lui ont été remis il y a plus de six mois, mais seul son fils peut l’aider à reconstruire sa maison, à la fin de ses journées de travail. Le chantier progresse lentement. “En attendant, je suis dans ma petite cabane (un espace d’une vingtaine de mètres carrés protégés par des tôles et des tissus, NDLR), où je garde un handicapé, raconte la dame âgée d’une soixantaine d’années. Heureusement, ma fille est partie juste avant les inondations pour étudier en France. Mais j’ai perdu toutes ses affaires. Quand je pense à tous ces trucs que je n’ai plus, ça fait mal…”

Ses voisines, deux sœurs, se sont, quant à elles, partagé une aide en matériaux de 1,6 million de francs pour reconstruire leurs maisons mitoyennes, en enfilade, dont l’une a été peinte en bleu (façade sur la photo). “C’était pas beaucoup, on a dû compléter de notre poche, et il me manque encore des choses pour ma salle de bain et ma cuisine, comme des parpaings ou un sac de ciment, raconte l’aînée. Heureusement qu’on a pu se débrouiller avec la famille et les amis.”

Dans le quartier, c’est pour stabiliser le site des Trois cascades, réparer la route et sécuriser les berges que le Pays a débloqué la plus grande enveloppe.

 

 

 

Les aides et les réparations, en chiffres

intempérie côte est

(© Marie Guitton)

 

– Aides en matériaux : 179 demandes de matériaux ont été formulées par les sinistrés pour reconstruire ou renforcer leurs habitations. Mises à part quatre personnes qui disposaient de revenus supérieurs aux plafonds, toutes les demandes ont été satisfaites, pour un montant de 144 millions de francs (soit une aide moyenne de 823 000 F).

 

– Livraison de fare OPH aux sinistrés : 36 familles ont été reconnues éligibles à ce dispositif d’aide, budgété à hauteur de 393 millions de francs.

À ce jour, 18 fare ont été livrés, trois seront mis en construction en janvier prochain, sept dossiers sont en cours d’instruction (permis de construire en cours ou travaux de viabilisation à réaliser en amont) et huit fare sont en attente de la viabilisation du domaine du Pays (pour des familles dont la propriété foncière est en zone rouge).

Ces derniers ne seront pas livrés avant la fin de l’année 2017, selon le ministère qui précise qu’“en attendant, les familles ont été relogées au travers du dispositif de l’Agence immobilière sociale de la Polynésie (AISPF), financée par le Pays, ou dans leur famille”.

 

– Fourniture de matelas et électroménager : À peine 48 heures après la catastrophe, le service social de la CPS a distribué des matelas, du linge et des vêtements aux victimes hébergées d’urgence dans les fare amuira’a (salle omnisports, temples, etc.).

Par la suite, la caisse a organisé des permanences à Tiarei, à la demande de la mairie, afin que chaque famille puisse signaler ses besoins aux travailleurs sociaux (vêtements, alimentaire, équipements ménagers, literie, médicaments, matériel médical).

Au total, 240 familles ont été aidées, par le biais du fonds d’action sanitaire sociale et familiale (FASS) et du fonds social de retraite (FSR). Les dépenses engagées s’élèvent à 19,8 millions de francs.   

 

– Stabilisation des berges : Onze rivières concernées par les débordements de décembre dernier sont en travaux ou en cours de finition. Un investissement de 400 millions de francs avait été voté dès janvier, financé par le compte d’aide aux victimes des calamités (CAVC).

 

– Traitement des déchets et des boues : Plus de 30 000 m3 de déchets avaient été amassés au PK 19,5, à Papeno’o, issus des déblaiements, curages des rivières et nettoyages des maisons.

Le plus gros a été traité en cinq mois et acheminé vers des centres d’enfouissement, pour un montant de 25 millions de francs. L’équipement attend des fonds supplémentaires pour terminer d’évacuer les résidus.  

 

– La participation de l’État : Très vite, en décembre dernier, l’État avait apporté une aide d’extrême urgence à la Polynésie d’un montant de 12 millions de francs. En complément, le comité interministériel du fonds de secours, qui s’est tenu à Paris le 4 novembre, a décidé d’indemniser à hauteur de 115 millions de francs les victimes des dégâts, qu’il s’agisse des particuliers, des petites entreprises artisanales, des communes ou du Pays.

Le ministère des Outre-mer a aussi financé la formation d’une équipe intercommunale de sapeurs-pompiers spécialisée en “sauvetage-déblaiement”, afin de mieux les préparer, à l’avenir, à ce type de catastrophes naturelles.

 

 

Retrouvez l’intégralité de notre dossier dans notre édition du jour ou au feuilletage numérique

 

 

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