Intempéries – Ils vivent dans l’angoisse à chaque nouvelle pluie

    mardi 26 avril 2016

    À chaque fortes pluies, comme celles survenues le week-end dernier, la famille de John Poileux vit dans l’angoisse d’une inondation
    ou d’un éboulement sur son fare, à Faa’a.  Le ruisseau qui longe leur propriété se transforme en torrent furieux à cause de l’urbanisation des hauteurs de Pamatai, selon lui.  À Moorea, les habitants du lieu-dit Pahani se sont encore retrouvés les pieds dans l’eau, et à Arue, le goudron de la route du quartier Tearapae a été déformé.

    Si la pluie est source de bienfaits pour la nature, elle est aussi source d’angoisse pour nombre de familles qui sont exposées aux conséquences des intempéries.
    C’est le cas de la famille de John Poileux, qui habite sur les hauteurs de Pamatai, à Faa’a. Lors de chaque épisode pluvieux intense, le ruisseau habituellement à sec qui borde leur propriété se transforme en effet en torrent impétueux qui sort de son lit au passage d’une buse en envahissant leur propriété située en contrebas de l’étranglement.
    Comme si cela ne suffisait pas, les flots grignotent inexorablement l’enrochement et le gunitage censé protéger l’accès au fare, au point qu’une partie de celui-ci a été emporté lors des pluies du week-end dernier.

    Une situation qui met une famille en danger

    Selon John Poileux, la situation empire chaque année à cause d’une urbanisation galopante :
    “L’urbanisation sur les hauteurs de Pamatai est sans doute la raison principale des ruissellements qui viennent grossir le débit de ce ruisseau en cas de pluie. L’eau de pluie ruisselle sur les parties goudronnées ou bétonnées sans pouvoir s’infiltrer dans le sol et vient se déverser dans le lit du ruisseau qui prend naissance à côté d’un immeuble.
    Le problème, c’est que ce ruisseau n’est pas dimensionné pour recevoir cette quantité d’eau supplémentaire. Chaque propriétaire a tenté de trouver des solutions pour éviter d’être inondé en cas de fortes précipitations, mais cela n’a fait que saturer la capacité du ruisseau à absorber l’eau de ruissellement.
    Lors des fortes pluies, ce danger potentiel concerne des dizaines de maisons de notre quartier et les servitudes situées en aval.”
    Pourtant, John Poileux a averti à plusieurs reprises les autorités, notamment la direction de l’équipement, qui a envoyé des agents sur place pour étudier le problème, mais sans y apporter de solution.
    “Nous avons envoyé des courriers et appelé l’équipement à plusieurs reprises. Ils sont bien venus sur place pour constater le problème mais ils n’ont pas donné suite. J’ai appelé la mairie de Faa’a qui est venue livrer des plaques de béton pour effectuer des travaux mais ceux-ci n’ont jamais eu lieu, et la mairie est venue reprendre les plaques après deux années sans suite. Aujourd’hui, nous scrutons le ciel avec appréhension à chaque pluie, en espérant que la furie du torrent ne vienne pas emporter une partie de notre terrain, ou pire, mettre notre famille en danger.”
    Si les fortes pluies du week-end dernier n’ont pas entraîné, à ce jour, de graves mouvements de terrain sur les communes de Faa’a et de Papeete, le risque d’un événement majeur subsiste malgré tout.

    Pascal Martin

    La route du quartier Tearapae de Arue déformée par l’eau de pluie

    Après la route principale de Erima au mois de février, c’est au tour de celle du quartier prioritaire Tearapae, à Arue, de s’être déformée sous l’action de la pluie, dimanche dernier après-midi. Le goudron sur la chaussée a été soulevé par l’eau.
    “Cela fait plus de 40 ans que j’habite dans ce quartier et je n’ai jamais vu cela. J’habite ici avec mon mari et mes deux enfants. Heureusement que ce n’est que mon garage qui a été inondé par l’eau boueuse, pas la maison. Maintenant, il faut faire beaucoup de nettoyage pour enlever cette boue et la terre”, témoigne une administrée, Lorina Poa, 70 ans.

    D’après le service technique de la mairie de Arue, dont quelques ouvriers ont travaillé dimanche dernier dans le but de rétablir au plus vite la circulation, le problème viendrait d’une buse située plus haut, sur une route privée non goudronnée, qui a été obstruée par des branchages, de la terre, des cailloux et des déchets. Lorsque la pluie arrive et si la buse est bouchée, l’eau déborde et ruisselle sur la route principale de Tearapae, provoquant des inondations en contrebas.

    “C’est ce qui a provoqué les dégâts sur la route”, affirme le chef d’équipe du service technique à la mairie de Arue, Hans Yue Koung.
    Un tractopelle a été envoyé sur place afin de nettoyer cette buse et, dès que la météo le permettra, il faudra passer au colmatage de la route de Tearapae. La circulation n’est pas facile en ce moment, surtout pour les habitants qui ne sont pas équipés de véhicule de type 4×4. Beaucoup de trous ont été observés par les muto’i et le goudron a disparu par endroits. Une main courante a été déposée dimanche dernier, consultable par les élus. Le maire, Philip Schyle, en Nouvelle-Calédonie jusqu’à samedi, constatera les dégâts causés par la pluie, à son retour, pour pouvoir prendre des mesures afin que cela ne se reproduise plus.

     

    À Moorea, Pahani à nouveau sous les eaux

    Après le déluge, c’est le grand ménage, et en particulier le séchage. Les quartiers les plus touchés par les grosses pluies de dimanche dernier, en fin de matinée, soit Afareaitu, Maharepa et Papetoai pour ne citer qu’eux, se remettent des inondations qui, fort heureusement, n’ont pas fait de blessés. Pourtant, certaines rivières sont sorties de leur lit, notamment à Papetoai, où toute l’esplanade située aux abords du temple a été entièrement recouverte d’eau.
    C’était aussi le cas à Afareaitu, du côté de Pahani (PK 7,3), une zone très régulièrement inondée, conséquence d’un talweg puissant en période de fortes pluies. Suite à des aménagements fonciers, le cours d’eau temporaire a perdu son lit, qui conduisait son contenu venu de la montagne vers la mer. Aussi, ce sont tous les terrains avoisinants, dont une quinzaine d’habitations, qui se retrouvent avec parfois près de 50 centimètres d’eau, jusque dans les maisons. Les riverains ont alerté les autorités compétentes, sans pour autant que cela ait
    , à ce jour, provoqué une réaction de la part des techniciens ayant en charge le réseau fluvial. Dimanche dernier, une nouvelle fois, c’est tout un quartier qui s’est retrouvé les pieds dans l’eau.
    De notre correspondant, Jeannot Rey

    Toki 2016-04-27 12:15:00
    @chut ce genre d'évènement ne concerne pas que Faaa. Il faut arrêter de montrer du doigt cette commune sans aucune objectivité. Cet article est d'ailleurs bien fait dans le sens où il parle d'évènements qui se sont réalisés à Faaa, Arue et Moorea. Il y a également des cas comme cela sur Punaauia.

    Il y a un réel problème d'aménagement au niveau de l'urbanisme! On ne peut pas continuer à construire comme nous le faisons, il faut prendre en compte plus sérieusement l'environnement pour par exemple optimiser l'évacuation des eaux pluviales et éviter des catastrophe!! Il est évident qu'un caniveau construit à l'origine pour 50 habitats ne pourra pas absorber les eaux d'un nouveau lotissement doublant le nombre d'habitats.
    Chut 2016-04-26 23:02:00
    C'est ça Faa'à!
    Pito 2016-04-26 21:19:00
    Outre le bétonnage il y a aussi l'inconscience des gens qui laissé traîner leurs détritus, branchage, etc.....qui bouchent toutes les canalisations. Un peu de civisme pourrait éviter bien des problèmes.
    Teva 2016-04-26 18:29:00
    C est surtout l urbanisme qui approuve des servitudes et zone non habitable...la pluie descend de la montagne faut bien lui laisser un passage avec vos murs en betons...hahaha je me marre...
    lebororo 2016-04-26 15:44:00
    Plus de construction avec "béton" empêche l'eau de rentrer dans le sol...
    Triste...
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