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Interventions cardiaques : 12 évasans évitées

mercredi 15 novembre 2017

Pascal Defaye

Le professeur Pascal Defaye (à droite) est actuellement au fenua. Il réalise, pour la première fois sur le territoire, une intervention non chirurgicale, l’ablation de la fibrillation atriale, qui consiste à traiter l’arythmie cardiaque. (© DR)


Une intervention inédite, l’ablation de la fibrillation atriale (FA), le plus fréquent des troubles du rythme cardiaque, va être menée au fenua. Elle va permettre d’éviter des évasans et de former un chirurgien cardiaque du centre hospitalier de Taaone. Douze patients vont bénéficier de cette technique interventionnelle qui, dans huit cas sur dix, leur permet de retrouver une vie normale.

C’est une première au fenua. Le professeur Pascal Defaye, responsable de l’unité de rythmologie et stimulation cardiaque du centre hospitalier universitaire de Grenoble Alpes (Chuga), est au fenua pour y réaliser une intervention inédite, l’ablation de la fibrillation atriale (FA), le plus fréquent des troubles du rythme cardiaque.

“Ce traitement existe depuis dix à quinze ans en France. Mais aujourd’hui, c’est une technique que l’on peut importer car elle a beaucoup évolué. La procédure est désormais très codifiée et le matériel nécessaire s’est miniaturisé pour devenir transportable. Avant il fallait absolument rester dans un CHU avec un chirurgien cardiaque à côté car cela nécessitait des interventions beaucoup plus lourdes”, a précisé Bruno Ulmer, cardiologue au centre hospitalier de Taaone (CHT).

Chaque année, ce sont 20 à 30 Polynésiens qui sont évasanés au Chuga pour subir ce genre d’intervention. Le fait de pouvoir la réaliser au fenua a donc plusieurs bénéfices : éviter les évasans et former un chirurgien cardiaque du CHT pour qu’il puisse à moyen terme réaliser seul cette procédure.

Cette technique interventionnelle vise à traiter la FA, autrement appelée fibrillation auriculaire. Selon le cardiologue Bruno Ulmer, “les gens qui soufrent de ce trouble sont gênés par des palpitations accélérées et irrégulières du cœur, ils sont essoufflés et peuvent avoir du mal à faire du sport”. “Dans les pires scénarios, ils peuvent faire de l’insuffisance cardiaque car une arythmie trop rapide et fréquente peut fatiguer leur cœur ou ils peuvent faire un AVC (accident vasculaire cérébral, NDLR) parce que l’oreillette, quand elle est en fibrillation, ne se contracte pas correctement. Le sang stagne alors à l’intérieur et cela occasionne des caillots qui vont directement dans le cerveau”.

Toutefois s’il est très répandu, ce trouble est aussi le plus complexe car il n’est pas organisé et régulier. Au contraire, il est le résultat d’une activation électrique très rapide, désordonnée et chaotique des oreillettes. C’est d’ailleurs cette complexité qui explique pourquoi la fibrillation est le dernier trouble du rythme que les médecins ont su traiter.

Selon les experts, les veines pulmonaires sont à l’origine de la FA. Ce sont des battements électriques prématurés qui partent des veines pulmonaires qui la déclenchent.

Le professeur Defaye va donc traiter cette arythmie en introduisant par la veine fémorale des cathéters. Ceux-ci, sous contrôle radiologique, sont transportés jusqu’à l’oreillette droite du cœur. Une fois cette zone atteinte, le professeur va procéder à une petite perforation du septum, paroi qui sépare les deux oreillettes, pour passer dans celle de gauche.

La suite de l’intervention consiste à introduire un petit ballon grâce au cathéter dans chacune des quatre veines du cœur. Ce ballon est alors rempli d’un liquide refroidi à très basse température pour détruire, par cryogénie, les tissus où siège l’anomalie électrique.

Cette technique non chirurgicale d’une heure et demie en moyenne est exceptionnelle car elle permet dans 80 % des cas de traiter de manière définitive la fibrillation atriale.

Le patient ressentira durant encore trois mois quelques arythmies et devra continuer son traitement médicamenteux durant cette période ; mais au-delà de ce laps de temps, dans huit cas sur dix, il sera totalement guéri et pourra reprendre une vie active normale.

Pour cette première, le service de cardiologie du CHT a prévu d’opérer douze patients polynésiens âgés en moyenne de 40 à 50 ans.

 

Jennifer Rofes

 

Bruno Ulmer

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