Interview de Marc Vizy, conseiller outre-mer du président de la République

jeudi 16 juillet 2015

Marc Vizy, conseiller outre-mer de François Hollande, est de passage à Tahiti. Il exerce auprès du président de la République le rôle que jouait Olivier Biancarelli auprès de Nicolas Sarkozy. Énarque et diplômé de l’école supérieure de commerce de Paris, Marc Vizy a une maîtrise approfondie des dossiers ultramarins et une parfaite connaissance des outre-mer avec lesquels il a été en relation pendant toute sa carrière. Dès 1987, après un séjour en Côte-d’Ivoire, il a occupé les fonctions de responsable des finances locales au ministère des DOM-TOM, puis sous-préfet de Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane) et secrétaire général de la préfecture de la Martinique. En 1997, il rentre au cabinet de Lionel Jospin en charge de l’outre-mer, de la sécurité civile et de l’ordre public, puis directeur des affaires économiques, sociales et culturelles au ministère de des Outre-mer. De 2004 à 2012, il est le directeur général de la région Guadeloupe auprès de Victorin Lurel, président de l’exécutif régional. Marc Vizy a bien voulu répondre aux questions de La Dépêche de Tahiti.

Quelle est la raison de votre venue ? La rencontre du Groupe des dirigeants polynésiens ? 
Oui, j’aurai également des rencontres avec le gouvernement, ainsi que quelques visites à Tahiti.

Comment la France voit-elle l’initiative d’Édouard Fritch au niveau des dirigeants polynésiens ? Malgré des moyens financiers et militaires limités, la France peut-elle jouer un rôle dans la région ? 
Le président de la République a pleinement conscience que la France est un pays européen, mais aussi un pays de l’océan Indien, de la Caraïbe, d’Amérique du sud et du Pacifique. Quand on aborde une négociation comme celle de la COP 21 avec 196 parties, je crois qu’on est plus fort. Le président de la République a pleinement conscience que la France est un pays présent dans ces régions du monde, c’est pour cela que, cette année, il a multiplié les rencontres, en utilisant les bonnes relations diplomatiques que les dirigeants de certaines collectivités d’outre-mer ont avec le président. C’était le cas en Martinique, c’est le cas aujourd’hui avec le président Fritch.
Le rôle de la France est d’être un pays du Pacifique, on ne considère pas qu’on est dans le Pacifique, un élément extérieur. En Polynésie, en Nouvelle-Calédonie, à Wallis, on est en France et donc l’État joue pleinement son rôle que les statuts des territoires lui assignent. Alors qu’il y a eu des périodes difficiles, nos partenaires comme l’Australie ou la Nouvelle-Zélande apprécient aujourd’hui notre présence, pour des raisons de maintien de la stabilité de la région, et peut-être d’équilibre face à des appétits que peuvent avoir d’autres puissances dans le Pacifique. Et dans le cas de difficultés ou de phénomènes climatiques, comme au Vanuatu, c’est aussi une forte capacité de projection et d’aides. 

Le projet de loi outre-mer qui sera débattu demain à l’Assemblée nationale ne comprend plus le changement du mode de scrutin dans les communes associées, dans l’attente de l’avis des maires polynésiens à leur prochain congrès. Le sujet devrait être intégré au futur projet de loi organique sur le statut de la Polynésie qui sera soumis au Parlement au second semestre de cette année. Quels autres changements seront à l’ordre du jour ? 
Ce projet de loi, le MDOM, rassemble toutes les dispositions qui concernent tous les outre-mer, qui sont souvent assez techniques. Ce qu’il est important de noter, c’est qu’aujourd’hui, on a 12 outre-mer avec 12 statuts différents, avec 12 architectures constitutionnelles différentes. Très souvent, nous ne sommes pas prêts à les adapter pour les outre-mer donc, régulièrement, nous avons besoin de ce type de projets de loi, que certains qualifieront de fourre-tout, mais qui sont très utiles et permettent d’adapter, de nettoyer, d’étendre un certain nombre de dispositions. C’est l’objet de ce projet de loi de modernisation du droit outre-mer. Concernant cette volonté du syndicat des communes de Polynésie, localement, l’expression de cette modification ne semblait pas être prête, l’État n’est pas spécialement demandeur, on fera une pause. Sans rentrer dans les détails, s’il y a un projet de loi organique pour la Polynésie, cela ne sera pas un changement radical de statut. Pourquoi ? Parce que le gouvernement n’a pas identifié, selon les derniers résultats électoraux en Polynésie, un désir massif des Polynésiens de changer de statut. S’il y a ce projet de loi, cela sera seulement des aménagements techniques parmi lesquels il pourrait y avoir ces modifications des élections dans ces communes associées. 

Propos recueillis par Christophe Cozette

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TETUANUI Monil 2015-07-17 06:49:00
La France, pays signataire de la Charte de l'ONU de 2007 a engagé également la responsabilité du gouvernement Polynésien à respecter le peuple autochtone maohi pour son choix dans le développement durable, l' environnement, le droit de l'homme. Elle a d'ailleurs déjà apporter la preuve pour le respect d'un tribunal de commerce avec des juges polynésiens. Nous considérons qu'il en sera de même pour le tribunal foncier. La mise en place du code civil en 1866 n'a pas respecté l'obligation de la liquidation de la succession et la mise en place du cadastre , c'est ce qui , en grande partie est responsable des plus grands problèmes en foncier. L'Etat participe en Corse et ailleurs en Outre Mer à réparer ses dérapages coloniales par la mise en place du GIRTEC. Cette caisse doit venir en aide aux ayants droits pour leurs recherches généalogiques et foncières , les frais de géomètre, et surtout les formations en ACCES AU DROIT. Le gouvernement Polynésien semble ne pas respecter les engagements de la France dans la Charte en ne respectant pas du tout les avis des ayants droits , notamment au Mahana Beach et nos rivières......
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