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Interview exclusive de la ministre Najat Vallaud-Belkacem

jeudi 20 octobre 2016

najat vallaud belkacem

Durant son séjour, la ministre va se rendre à Rangiroa et Huahine. Cette dernière est la première île de la Polynésie française à être totalement connectée au numérique, tant pour les écoles que pour le collège. (© : Philippe Devernay/Menesr)

 

La ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche arrive au fenua ce soir. Dans le cadre d’un programme bien chargé, Najat Vallaud-Belkacem se déplacera à Huahine et Rangiroa.
À Tahiti, elle conclura la convention décennale pour l’éducation 2017-2027, avec le président Édouard Fritch. Au cours de sa mission, la ministre devrait aussi faire des annonces concernant les besoins d’accueil en internat, “condition de la réussite scolaire” à ses yeux. Entretien. 

 

Quelles sont les raisons de votre venue en Polynésie française ?
Il n’y avait jusqu’à présent jamais eu de visite d’un ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche en Polynésie. Il m’a donc semblé important de témoigner de l’attachement du gouvernement de la République au système éducatif polynésien. Avec le Pays, nous partageons une même ambition pour l’école qui doit faire réussir tous les enfants et donner un avenir à notre jeunesse.
La signature de la convention décennale pour l’éducation qui entrera en vigueur le 1er janvier 2017 est un moment important pour la Polynésie française. Je tenais à être présente pour montrer que l’État est aux côtés du Pays. J’ai donc répondu avec beaucoup de joie à l’invitation du président Édouard Fritch.

Lors de la Journée défense et citoyenneté, les jeunes en situation d’illettrisme ou de décrochage sont repérés. Une convention État-Pays vient d’être renouvelée à ce titre.  L’État compte-t-il engager davantage de moyens pour accentuer la lutte dans ces domaines et, si oui, lesquels ?
L’illettrisme et le décrochage sont en effet des préoccupations importantes pour la ministre que je suis ainsi que pour tous les acteurs de l’éducation. Nous croyons tous, je pense, à une école qui ne laisse personne au bord du chemin et sait s’adapter aux besoins des jeunes. Lors de ces Journées défense et citoyenneté, le taux d’illettrisme constaté dépasse les 30 %. Ce n’est pas une situation acceptable.
Beaucoup de mesures ont déjà été mises en œuvre pour enrayer ce phénomène. Pour ces jeunes, des modules de remédiation adaptés à leur profil sont mis en place par les psychologues scolaires et les enseignants, dans le cadre de la mission de lutte contre le décrochage. Ces dispositifs sont efficaces, ils leur permettent la plupart du temps de renouer avec les apprentissages et de reprendre confiance en eux. Je tiens aussi à remercier le régime du service militaire adapté de Polynésie française pour son engagement.
Avec le Pays, vous le voyez, nous portons une stratégie et des actions communes qui s’inscrivent désormais dans le protocole relatif à la lutte contre l’illettrisme et le décrochage scolaire signé le 10 octobre entre l’État et le Pays.
Mais, au-delà de ces mesures visant à traiter le décrochage lorsqu’il a déjà eu lieu, notre action doit aussi et surtout se concentrer sur la prévention du décrochage et de l’illettrisme en agissant le plus en amont possible.
Les moyens alloués par l’État dans le cadre des réseaux d’éducation prioritaire renforcés (REP+) permettent au Pays de définir une stratégie de prévention de l’illettrisme et de la mettre en œuvre très tôt, à l’école élémentaire et au collège.

En matière d’études post-bac, les jeunes disposent de choix sur le territoire. Néanmoins, certains doivent partir pour suivre des filières. Doit-on s’attendre à des évolutions ou modifications en matière de continuité territoriale ou de bourses d’aide ?
Certains étudiants de Polynésie française quittent en effet le territoire pour suivre ou poursuivre la filière d’études qu’ils ont choisie. Dans le cadre des dispositifs de continuité territoriale, et notamment le passeport mobilité étude, les services du haut-commissariat contribuent à les accompagner dans cette démarche. Sous certaines conditions et en fonction de leurs ressources, la moitié, voire la totalité de leur billet d’avion (aller/retour) vers la métropole est payé par l’État.
L’examen au Parlement du projet de loi égalité réelle outre-mer a été l’occasion de débattre du dispositif de continuité territoriale. L’élaboration partenariale des plans de convergence entre l’État, les collectivités et les établissements publics sera également l’occasion d’évaluer ce dispositif et de proposer des évolutions ou modifications qui pourront prendre en compte la spécificité de la Polynésie française.

 

Propos recueillis par Yan Roy

 

Retrouvez l’intégralité de l’interview dans notre édition du jour ou au feuilletage numérique

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