Intrusion Maison Blanche : la chef du Secret Service reconnaît des failles inacceptables

mardi 30 septembre 2014

La directrice du Secret Service, chargé de la protection du président américain, a reconnu mardi des failles « inacceptables » dans la sécurité de la Maison Blanche et promis de réformer le service, devant des parlementaires outrés par l’intrusion récente d’un homme dans la résidence.
Julia Pierson, qui dirige depuis mars 2013 le Secret Service, chargé également de protéger la famille du président et les dignitaires étrangers, a reconnu que les « plans de sécurité n’avaient pas été exécutés efficacement », lors d’une audition à la Chambre des représentants.
« J’assume toute ma responsabilité », a-t-elle lancé. « Ce qui s’est passé est inacceptable et cela ne se reproduira plus jamais ».
Un ancien militaire de 42 ans, Omar Gonzalez, a sauté dans la soirée du 19 septembre par-dessus les 2,30 mètres de la grille nord de la Maison Blanche, puis il a parcouru plus de 60 mètres de pelouse, poursuivi par des agents. En possession d’un couteau pliable, il a réussi à entrer par la porte principale au rez-de-chaussée, à faire tomber un agent posté derrière, puis à traverser deux grandes salles avant d’être finalement plaqué au sol et arrêté, dans le grand salon nommé « East Room ».
Le président et sa famille venaient de quitter la Maison Blanche, et selon le Washington Post, c’est un agent qui venait de terminer son service qui a stoppé l’intrus.
Barack Obama est « évidemment préoccupé par cette situation en tant que parent et en tant que père qui élève deux jeunes femmes dans ce bâtiment », a déclaré son porte-parole, Josh Earnest, mardi. Mais le président américain, a-t-il assuré, maintient « absolument » sa confiance en Julia Pierson.
Omar Gonzalez a été inculpé mardi devant un grand jury fédéral pour intrusion illégale dans un édifice protégé avec possession d’une arme meurtrière, ainsi que port d’une arme dangereuse en-dehors de chez soi, chose interdite à Washington, et possession illégale de munitions. Il encourt jusqu’à 16 ans de prison au total.
Dans un premier temps, le Secret Service avait seulement indiqué qu’Omar Gonzalez avait été interpellé « après être entré » par la porte.
Cette double porte (une extérieure en verre et une porte intérieure en bois) n’était pas verrouillée malgré l’alerte, a reconnu Julia Pierson, mais un système de fermeture automatique a depuis été installé, a-t-elle annoncé. Des barrières supplémentaires ont également été installées autour de l’enceinte.

Problème de discipline
 
La responsable a expliqué que 16 personnes avaient sauté les grilles ces cinq dernières années, dont six cette année. Une enquête est en cours.
« J’ai l’intention de redoubler d’efforts dans les prochains mois » pour réformer le service, a-t-elle indiqué, affirmant implicitement qu’elle n’entendait pas démissionner.
Mais les élus, démocrates comme républicains, ont dénoncé un problème plus large de discipline au sein du service d’élite, et l’enquête parlementaire va se poursuivre. « Cet incident récent, malheureusement, conduit beaucoup de monde à se demander s’il y a ou pas un problème beaucoup plus grave au Secret Service », a dit Elijah Cummings, un démocrate.
Cette affaire s’ajoute en effet à de nombreux incidents, notamment autour du comportement personnel d’agents en mission en Colombie (2012) et aux Pays-Bas (mars 2014).
Les élus sont également revenus longuement sur les coups de feu tirés sur la Maison Blanche en novembre 2011 par Oscar Ortega-Hernandez depuis sa voiture, sans qu’il soit immédiatement repéré.
Des révélations du Washington Post dimanche sur cet épisode ont montré que le service n’avait découvert que plusieurs jours après les impacts de balles sur les murs et une fenêtre blindée de l’étage où vit la famille Obama.
Des questions demeurent aussi sur les raisons pour lesquelles Omar Gonzalez, qui avait été contrôlé par la police en Virginie en juillet et aux abords de la Maison Blanche en août, ne faisait pas l’objet d’une enquête pour menace contre la famille présidentielle, malgré la possession d’armes et d’une carte désignant la demeure.
Surtout, il avait été reconnu le jour de son intrusion par deux agents, qui ne l’ont pas signalé. Mais selon Julia Pierson, aucun délit ne justifiait son arrestation.
Omar Gonzalez, qui souffre de stress post-traumatique après son expérience en Irak, est actuellement en détention. Sa prochaine audience a été fixée à mercredi.

AFP

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