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Israël se dit ferme face aux détenus palestiniens en grève de la faim

mercredi 19 avril 2017

palestine

Des centaines de Palestiniens se sont rassemblés pour exiger la libération des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes, lors de la Journée des prisonniers palestiniens dans la ville de Gaza. (Photo : Momen Faiz/NurPhoto/AFP)

Israël a affirmé hier qu’il refuserait de négocier avec le millier de prisonniers palestiniens ayant entamé la veille une grève de la faim pour réclamer des conditions “dignes” de détention.

“Il s’agit de terroristes et d’assassins qui reçoivent ce qu’ils méritent et nous n’avons pas de raisons de négocier avec eux”, a affirmé le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan à la radio militaire.
1 300 détenus, selon l’Autorité palestinienne, refusent depuis lundi de s’alimenter dans différentes prisons israéliennes. Ce mouvement inédit depuis 2013 a été initié Marwan Barghouthi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié “d’archi-terroriste” dans un communiqué.

M. Barghouthi purge cinq peines de perpétuité pour des attentats meurtriers durant la deuxième Intifada (2000-2005).

Les grévistes de la faim sont issus de toutes les mouvances politiques palestiniennes, du Fatah du président Mahmoud Abbas et de son grand rival Marwan Barghouthi, aux partis de la gauche en passant par le Hamas islamiste.

“Têtes couronnées et estomacs vides”, a titré hier le quotidien palestinien al-Hayat al-Jadida, en soulignant le “soutien du peuple” après des manifestations de solidarité à travers les Territoires occupés.

Dès lundi, l’administration pénitentiaire israélienne avait procédé à des transferts pour tenter de briser ce mouvement. M. Barghouthi, régulièrement en tête dans les sondages pour une hypothétique présidentielle palestinienne, et d’autres prisonniers, ont été envoyés vers d’autres prisons et placés en isolement.

Le ministre de la Défense Avigdor Lieberman a prévenu dans un communiqué qu’il était favorable “à l’approche de Margaret Thatcher”. Il faisait allusion au refus du Premier ministre britannique en 1981 de céder aux exigences de détenus irlandais de l’IRA grévistes de la faim. Dix d’entre eux étaient décédés à la suite de ce mouvement de protestation.

La ministre de la Justice Ayelet Shaked a affirmé à la télévision que les autorités “n’hésiteront pas à utiliser la loi autorisant à nourrir de force des détenus en grève de la faim”. Cette loi a été votée en 2015 et concerne les grévistes de la faim dont la vie est jugée en danger.

Un porte-parole de l’administration pénitentiaire a assuré qu’aucun incident n’avait été signalé hier et que le nombre de grévistes est resté stable à 1 100.

La question des prisonniers est cruciale pour les Palestiniens, alors que 850 000 d’entre eux ont été incarcérés depuis 1967 et l’occupation des Territoires palestiniens, selon leurs dirigeants. Chaque famille, répètent régulièrement responsables et anonymes, a au moins un membre en détention ou passé par la prison. Chaque année depuis 1974, le 17 avril marque une journée nationale de mobilisation en faveur des prisonniers.

Des milliers de Palestiniens ont défilé lundi “pour dire aux prisonniers qu’ils ne sont pas seuls”, a expliqué Fadwa Barghouthi, épouse de Marwan Barghouthi.

M. Abbas a appelé “la communauté internationale à intervenir immédiatement pour sauver la vie des détenus grévistes de la faim”.

L’ONU a affirmé hier suivre attentivement cette grève de la faim et lancé un appel au calme après des affrontements en Cisjordanie occupée entre manifestants et forces de l’ordre israéliennes. Les prisonniers demandent des téléphones publics, des droits de visite élargis, la fin des “négligences médicales” et des mises à l’isolement, ainsi que l’accès à davantage de chaînes télévisées.

 

AFP

 

 

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