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IST : dépistages gratuits à la rencontre des jeunes

jeudi 26 juillet 2018

(photo d'illustration DR)

(photo d’illustration DR)

Depuis début juillet et le lancement du Heiva i Papara, le stade communal de Hotu Maru fait le plein tous les week-ends. Vendredi, c’est un autre événement, d’une importance majeure, qui y aura lieu : “On profite du Heiva i Papara, pendant lequel les jeunes sont rassemblés pour lancer une campagne de sensibilisation et de dépistage”, explique Raina Fare, chargée de communication à la mairie de Papara.

Dès 20 heures, tous ceux qui le voudront pourront savoir s’ils sont porteurs d’infections sexuellement transmissibles (IST) gratuitement. “C’est une première, s’enthousiasme Raina Fare. Si on voit que le message passe bien, l’opération pourra être réitérée deux ou trois fois par an.”

 

 

Une approche décloisonnée

 

La commune a déjà fait des efforts concernant la prévention, puisqu’elle s’est équipée d’un dispensaire où sont proposés des dépistages gratuits. Mais les jeunes évitent l’endroit : depuis le début de l’année, seuls quatre tests ont été effectués.

“C’est peut-être parce que le dispensaire s’adresse d’abord à ceux qui sont susceptibles d’être porteurs d’une IST, reconnaît Raina Fare qui cite les travailleurs du sexe. Cette fois-ci, on veut rendre le dépistage accessible à tous.”

Pour prêter main forte aux membres de la commune, une dizaine de soignants bénévoles, médecins et infirmiers, seront présents. Stéphane Alarcon est l’un d’eux. Il salue l’efficacité de ce genre d’initiatives : “On fait un travail hors les murs. On sort de l’institution et on va à la rencontre des jeunes qui eux, ne viennent plus à nous”. Un dispositif mobile largement encouragé par les organisations de santé.

La conférence internationale sur la lutte contre le sida, qui a eu lieu le 22 juillet à Amsterdam, saluait “l’intérêt d’une telle approche décloisonnée”, “dans le contexte des outre-mer, où l’épidémie est particulièrement active”.

 

 

“Une recrudescence des IST”

 

“On a constaté une recrudescence des IST”, explique l’infirmier Stéphane Alarcon. Selon un rapport remis au Pays en 2015, les cas de chlamydia et de gonococcie ont doublé en an, alors que ceux de syphilis ont presque triplé.

La faute à de nombreux comportements sexuels inquiétants : “Il n’y a plus le réflexe de mettre un préservatif lors d’un rapport sexuel”, explique Stéphane Alarcon. Une tendance qu’a confirmée, en juin, un rapport du ministère de la Santé sur l’état de la jeunesse polynésienne.

Sur tous les 13-17 ans actifs sexuellement interrogés, seule la moitié déclarait utiliser des préservatifs. Si les IST peuvent mener à de graves complications – la syphilis est la première cause de stérilité chez les jeunes femmes –, une prise en charge rapide ôte tout risque.

“Sur place, on pourra faire le traitement immédiatement, c’est très facile, rassure Stéphane Alarcon, l’important, c’est de se faire dépister, de savoir qu’on est malade, car il n’y a pas de symptôme.” Après Papara, les bénévoles ont déjà identifié leur prochaine étape : Mahina.

 

Marion Lecas

 

 

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