Itu, un sculpteur au grand cœur

    vendredi 21 avril 2017

    itu sculpteur

    Entre les mains d’Itu et de sa femme, Linda, quelques sculptures, abouties ou en cours de finition. (© Anne-Charlotte Bouleau)


    C’est sur le tard qu’Itu, résident de Pueu, a découvert sa passion pour la sculpture, n’hésitant pas à suivre une formation au Centre des Métiers d’Art, à Papeete. Il sculpte exclusivement le bois et privilégie les essences locales. Itu excelle dans l’art des trophées, au gré des événements, dont la Billabong Pro Tahiti et, plus récemment, la One Million Cup.

    André-Yves Teamotuaitau, 53 ans, plus connu sous le nom d’Itu, a installé son atelier à son domicile, dans la vallée de Ahavini, à Pueu. Sa passion pour la sculpture est venue sur le tard, il y a seulement quelques années.

    Après avoir travaillé dans le domaine de la construction, il a exercé au sein du centre Ueue Te Aroha, géré par l’association Taatiraa Huma Tahiti Iti, à Taravao.

    “C’est là-bas que j’ai appris la sculpture, auprès d’une personne handicapée”, confie-t-il. Cinq ans plus tard, Itu prend son courage à deux mains et suit une formation de trois ans au Centre des métiers d’art (CMA), à Papeete.

    “J’étais le plus âgé de la promotion. Mais j’aimais vraiment la sculpture, donc j’étais motivé !”, se souvient-il.

    Tombé malade quelques mois avant la fin de son cursus, il n’obtiendra pas son diplôme, mais les bases sont bien là. Dès le départ, Itu s’est spécialisé dans la sculpture sur bois, en privilégiant les essences locales, comme le ‘uru, le tamanu ou encore le tou.

    “Mais c’est le miro que je préfère, pour la beauté du bois, sa couleur et aussi parce qu’il est tendre à travailler”, précise-t-il. Sa matière première, Itu l’achète ou la récupère gratuitement, lorsque des particuliers souhaitent se débarrasser d’un arbre. “Tout le monde est content et ça fait moins de déchets verts à traiter”, souligne-t-il.

     

    “Il a de l’or dans les mains”

     

    En complément des gouges, le sculpteur n’utilise pas d’autres outils mécaniques qu’une scie circulaire, un rabot, une ponceuse, une polisseuse et, bien sûr, une tronçonneuse.

    Son secret, c’est peut-être sa femme, Linda, qui en parle le mieux : “Il a de l’or dans les mains”, assure-t-elle.

    En dehors des ’umete, des rames et des ukulele, Itu excelle dans l’art des trophées. En 2014, il a réalisé la vague remise entre les mains du surfeur Gabriel Medina triomphant, lors de la Billabong Pro Tahiti, à Teahupo’o.

    “Je suis très fier. Je l’ai vu surfer : pour moi, à part Kelly Slater, c’est le meilleur !”, lance-t-il.

    Va’a, paddle, cyclisme, mais aussi futsal, comme le week-end dernier, à Tautira, Itu est souvent sollicité dans le cadre d’événements sportifs.

    “Mes sports à moi, ce sont le volley-ball et la boxe, mais je n’ai pas encore eu l’occasion de faire des trophées dans ces domaines”, regrette-t-il, d’autant que l’artiste ne manque pas d’idées.

    Depuis le départ des militaires, l’activité a ralenti. Il faut dire qu’Itu compte uniquement sur le bouche-à-oreille. Il n’a jamais vraiment eu l’occasion d’exposer ses créations, redoutant le prix des emplacements sur les salons. Loin du business, il privilégie le côté créatif de son métier.

    “Je ne donne jamais de prix. Je prends ce que le client veut bien me donner. D’ailleurs, ça agace ma femme et mes enfants !”, s’amuse-t-il. “Je fais ce travail pour être riche dans les mains et dans la tête, pas dans les poches”, ajoute-t-il.

    Et quand Itu n’est pas en train de sculpter, il s’occupe de ses plantes, mais ça, c’est une autre histoire…

     

    A.-C.B.

     

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