Ivre, il fait une chute mortelle du cocotier qu’il taillait

    mercredi 11 janvier 2017

    ivre chute mortelle cocotier

    (© DR)

    C’est l’histoire d’un homme qui se dit jardinier, mais qui, en réalité, n’a pas de patente et qui utilise son ancien numéro d’activité pour accepter divers chantiers auprès des syndicats, des résidences et autres établissements de la place…
    Ce même homme embauche “au black” d’autres ouvriers pour l’aider dans sa tâche. Tout se passe bien jusqu’au jour où… l’un d’eux chute d’un cocotier et meurt de ses blessures.
    Cet homme, c’est Jean, un sexagénaire de petite taille. Convoqué en audience hier, il semblait complètement dépassé par les événements, à la barre.

    En janvier 2012, il accepte une mission : nettoyer trois cocotiers situés aux abords de la résidence le Coco’s, à Punaauia, contre la somme de 27 000 F.
    Pour l’aider dans sa tâche, il décide d’embaucher “illégalement” un camarade, lui proposant 15 000 F de salaire. Celui-ci accepte sans discuter.
    Les deux hommes se mettent au travail, mais la tâche est ardue et, rapidement, ils se rendent compte qu’ils n’arriveront pas à tailler les trois arbres.
    Le co-équipier du jardinier propose alors les services d’un troisième homme, un sans domicile fixe (SDF), réputé pour exceller dans l’art du grimper au cocotier.
    Ils se retrouvent donc tous le lendemain.

    La nouvelle recrue, 42 ans, arrive sur les lieux, très alcoolisé. Refusant les équipements de sécurité que lui propose le sexagénaire en charge du chantier, il se met à grimper aux cocotiers de manière traditionnelle, à l’aide d’une corde entourée autour de ses pieds.
    Le nettoyage des deux premiers arbres se fait sans encombre. Mais au troisième cocotier, l’homme bien alcoolisé s’accroche par inadvertance à une palme fanée et chute avec elle,
    10 mètres plus bas sur le sol. Il décèdera quelques minutes plus tard.
    Les gendarmes sont alertés. Des analyses toxicologiques sont effectuées sur la victime post-mortem révélant un taux d’alcoolémie de 2,48 g d’alcool par litre de sang.
    L’homme était bien alcoolisé et n’était donc pas en état de monter sur un quelconque cocotier. D’autant plus que, juste avant de se mettre au travail, le jardinier lui aurait offert une bière “pour lui donner un regain d’énergie”, car “il n’avait pas l’air en forme”, a raconté Jean, lors de sa première audition devant les gendarmes.

    Un brin mystique, il explique que, de son point de vue, ce drame aurait été causé par une pierre que l’ouvrier clandestin aurait fait tomber au moment de monter au cocotier…
    S’il en était sorti indemne, le SDF, aujourd’hui décédé, aurait gagné 7 500 F pour son intervention.

    Une si petite somme pour de si gros risques. Jean n’aurait jamais dû offrir cette bière à son employé alcoolisé, il aurait dû l’obliger à porter ses équipements de sécurité, mais surtout, il n’aurait jamais dû embaucher “au noir” un employé, encore moins pour faire un travail si dangereux, et n’aurait jamais dû s’improviser employeur alors qu’il n’avait pas de patente.
    Suite au dramatique accident, le sexagénaire s’est rapproché de la famille de la victime pour aider aux frais du décès.
    Pour cette histoire, le tribunal le condamne à six mois d’emprisonnement avec sursis. 

    é.P

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