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Ivre, sans permis, sans assurance, trop vite : un mort et trois blessés

mercredi 31 janvier 2018

chauffard

Arrivé libre, il est part en prison pour trois ans. (© Florent Collet)

“J’ai parfois l’impression de répéter la même chose à la barre de ce tribunal. Sur les routes polynésiennes, l’alcool, la vitesse et l’absence de permis de conduire forment un cocktail détonnant.”

Le procureur semble lassé de voir que les nombreux messages de prévention ne passent pas. À la barre O.T. en est la parfaite illustration et le magistrat le pointe du doigt. “Je note une fois de plus qu’il y a une totale inconscience et une totale négligence qui confinent presque à un acte délibéré.”

Le 7 juin 2015, O.T. est avec un copain et boit chez une amie. Après trois bières et un demi-litre de komo puaka, les deux amis prennent la route pour aller en chercher une nouvelle bouteille.

L’homme perd le contrôle de son véhicule qui fait une embardée sur la droite avant de partir sur la gauche quand arrive un véhicule en sens inverse.

Ce dernier est percuté avec une telle vitesse, qu’il effectue un virage à 180 degrés. Le véhicule arrivant derrière ne peut l’éviter et frappe au niveau de la portière de la passagère enceinte de quelques mois.

Le futur bébé n’est pas touché, mais la maman se verra prescrire 21 jours d’ITT et son conjoint six.

Le passager de O.T. lui a subi de lourds traumatismes thoraciques et crâniens. Malgré un travail de réanimation, il finit par décéder.

O.T., le visage ensanglanté, part se cacher dans le voisinage et tente de se dédouaner. Il ne pourra le prétendre très longtemps.

Alors qu’il est hospitalisé, les prélèvements indiquent un taux d’alcoolémie de 1,7 g d’alcool par litre de sang.

En plus de ne pas être assuré, le jeune homme de 25 ans aujourd’hui n’a pas de permis. Il a d’ailleurs été condamné à quatre reprises pour cela. Tout juste a-t-il acheté le code de la route. “Je n’avais pas assez d’argent pour passer le permis, c’est trop cher”, explique-t-il à la barre.

Interrogé par le président du tribunal, le chauffard répond : “Je n’avais pas conscience du danger”.

Quant à la conduite sans permis après de multiples condamnations, il indique : “J’avais conscience de l’illégalité” avant de poursuivre : “Je pense tous les jours aux dégâts que j’ai pu faire.”

Le juge enchaîne : “Vous n’êtes pas assuré, comment cela va-t-il se passer ?” “J’assume”, répond le jeune homme qui n’a pas encore conscience des sommes de préjudice, se chiffrant à plusieurs millions, demandées par les parties civiles.

Le prévenu explique qu’il n’a depuis plus reconduit, contrairement à ce qu’affirme la famille de la victime qui dit l’avoir vu au volant.

“Il ne suffit pas de dire que l’on regrette, que l’on avait conscience ou que l’on a pris conscience après avoir passé quinze jours à Nuutania”, martèle le procureur qui requiert cinq ans de prison dont un an avec sursis. “La répression doit s’abattre sur les prévenus ayant ce comportement inadmissible.”

“C’est le procès de l’inconscience dans toute sa splendeur”, démarre diplomatiquement l’avocat du prévenu qui veut ensuite s’attacher “au présent et au futur” pour s’interroger sur la portée d’une peine “trois ans après les faits” avant de mettre en avant le parcours difficile d’un enfant “en situation d’échec” ballotté entre parents et grands-parents.

Arrivé libre, il est reparti menotté en détention après avoir été condamné à cinq ans de prison dont deux ans avec sursis.

Compte-rendu d’audience F.C.

 

 

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