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Jacky Bryant : “Le glyphosate, un problème de santé publique”

mercredi 6 décembre 2017

BRYANT

Le secrétaire général de Heiura-Les Verts, Jacky Bryant, estime que l’interdiction annoncée du glyphosate devra être accompagnée :
“Par quels produits va-t-on le remplacer ? Quelles formations seront proposées aux agriculteurs ?” (© archives LDT)

Pour les défenseurs de l’environnement et pour ceux qui s’inquiètent de l’impact des pesticides sur la santé humaine, la volonté affichée du gouvernement d’interdire prochainement le très controversé glyphosate constitue une bonne nouvelle.

Si l’ancien ministre de l’Environnement, Jacky Bryant, s’en félicite, il entend malgré tout intégrer la question du glyphosate dans la problématique beaucoup plus vaste de l’emploi des produits de l’industrie agrochimique par les agriculteurs, qu’ils exercent en Polynésie ou pas.

“Le ministre Tearii Alpha a déclaré qu’il allait inscrire le glyphosate sur la liste des pesticides interdits à la vente. Tant mieux, c’est un problème de santé publique. Nous attendons maintenant l’arrêté du conseil des ministres qui le confirme”, a déclaré hier, à La Dépêche, le secrétaire général de Heiura-Les Verts.

Jacky Bryant dit partager “totalement” l’argumentation développée dans une lettre adressée par 34 associations au président de la République Emmanuel Macron concernant le glyphosate, parmi lesquelles Greenpeace, la Ligue contre le cancer, WWF France, la Fédération des conseils de parents d’élèves, etc.

Outre les soupçons relatifs aux impacts directs sur la santé humaine, les organisations soulignent que le glyphosate pollue les eaux de surface et modifie la chimie des sols, et assurent que les alternatives biologiques à cet herbicide existent déjà.

“C’est la bio-accumulation qui pose problème, des petites doses qui s’ajoutent à des petites doses. La dangerosité est avérée”, affirme Jacky Bryant, “mais c’est la question des pesticides dans son ensemble qui doit être posée. Il y a des décisions qu’il n’est plus possible de reporter sans cesse. Il ne faut pas céder aux pressions des grandes multinationales.”

Quant aux critiques exprimées par Gilles Yau, le patron d’Agritech, l’écologiste les juge irrecevables : “On ne peut pas être juge et partie. C’est trop facile de se réfugier derrière les agriculteurs, lesquels ne bénéficient d’aucun suivi sanitaire. Non à ce marchandage systématique, il existe d’autres approches de désherbage qui ne fatiguent pas la terre.”

Le secrétaire général de Heiura-Les Verts estime que l’agriculture, qu’elle soit locale, hexagonale ou internationale, reste beaucoup trop dépendante de la pétrochimie. Selon lui, la question des pesticides recoupe nettement celle des perturbateurs endocriniens, ces “substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire des effets néfastes sur l’organisme d’un individu ou sur ses descendants”, comme les définit l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

“Jamais le Pays n’a eu autant d’enfants victimes de problèmes de santé ou de handicaps, autant d’enfants qui naissent avec des malformations”, affirme Jacky Bryant. “Il est temps de réagir. Le consommateur en bout de chaîne a droit à une traçabilité. Il appartient aussi au Pays de veiller à ce que les produits importés soient contrôlés.”

 

Damien Grivois

 

 

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