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« Jai foncé sur lui, je ne voulais pas le rater »

mercredi 15 février 2017

andré mort tipaerui

C’est lors de la reconstitution, en 2015, que l’accusé affirme avoir compris que la victime était coincée sous le véhicule. (© archives LDT)

 

En ce jour de Saint-Valentin, c’est un meurtre sur fond d’infidélité et d’alcool que la cour d’assises a examiné, hier. En décembre 2014, André A. avait tué l’amant de sa femme en le percutant puis le traînant en voiture, avant de vouloir tenter de mettre fin à ses jours. Présenté par tous comme un homme “gentil”, qui ne supporte pas la séparation et n’a pas su gérer sa rancœur, selon l’expert psychiatre, il risque la prison à perpétuité.

 

“Je n’ai pas prémédité mon acte. À la milliseconde où je l’ai vu, j’ai foncé sur lui. Je voulais lui faire mal, c’est tout.”

Sa première déclaration lors de son procès en assises aura tout de suite permis de saisir la ligne de défense d’André A. Si l’homme reconnaît le meurtre, il se défend d’avoir commis un assassinat.

La première journée d’hier a permis de cerner ce personnage loué de tous, mais qui, par désespoir sentimental et par abus d’alcool, a commis l’irréparable, un soir de décembre 2014, en tuant l’amant de sa concubine, dans le quartier Alexandre à Tipaerui.

Après avoir bu plus de 12 litres de bière, l’homme se présente au domicile familial de la future victime pour le voir. Il est mis en fuite puis frappé par l’un des frères de la famille.

Mais tout juste après être sorti de la vallée, André A. décide de revenir pour revoir l’amant de sa femme, “pour lui dire d’arrêter de voir ma femme car ça me faisait énormément souffrir”. “Parfois, je pleurais au travail”, a-t-il expliqué, très posément à la barre hier.
En entrant dans la servitude, il aperçoit la victime.

“Au moment où il s’est retourné, c’est à cette milliseconde que j’ai foncé sur lui, je ne voulais pas le rater”, relate le prévenu. Il percute alors l’homme contre un mur, puis recule sans voir que son ennemi est sous le véhicule.

“La voiture a résisté, j’ai cru que c’était un bout d’arbre ou un caillou.”

Il entend des gémissements et repart en marche avant puis à nouveau en marche arrière.

Le lendemain du drame, une trace de plus de 50 mètres de sang de la victime sera retrouvée sur la route où le corps a été traîné.
Le véhicule serait également passé à deux reprises dessus et la victime sera retrouvée avec le pied sectionné au niveau de la cheville.

Au juge qui lui demande s’il ne se doutait pas qu’il pouvait le tuer en le percutant contre un mur, André A. répond : “J’étais complètement bourré.”

 

“Le clown du quartier”

 

Il prend ensuite la fuite mais est pris en chasse par la DSP et finit dans un caniveau. “Je voulais monter en voiture en haut de la vallée et me jeter dans le vide pour mettre fin à mes jours”, a-t-il avoué, hier.

Une phrase corroborée par ses trois précédentes tentatives de suicide, après avoir été déjà trompé par sa précédente concubine.

S’il ne souffre pas de trouble mental, l’expert psychiatre dit de lui qu’il souffre d’une intolérance à la séparation, qui tire probablement son origine de la séparation de ses parents, puis d’en avoir été éloigné.

Selon l’expert, l’accumulation de rancœur et la désinhibition due à l’alcool expliqueraient le passage à l’acte. Il n’exclut pas la possibilité de récidive s’il se retrouvait dans la même situation.

Pourtant, hier, les nombreux témoins à la barre, sa famille et ses amis, ou les rapports de ses employeurs et de ses supérieurs à l’armée, vantent tous un homme “jovial”, “altruiste”, “bon papa”, “sociable”, “connu comme le clown du quartier”, “pas un assassin mais quelqu’un de gentil et paisible” et “le plus intelligent de la famille”.

“C’est un très bon papa, très travailleur”, explique la concubine, hier, à la barre. “La victime n’aurait pas dû partir et André ne devrait pas être là aujourd’hui. Je ne pensais pas aux conséquences. Mon silence a fait du mal à André.”

C’est en effet parce qu’elle refusait de répondre aux questions sur son infidélité que son conjoint a décidé de se rendre à Tipaerui.

Elle aura eu beau envoyer des textos à son amant pour lui dire de se méfier, il mourra de ses blessures le lendemain. Le verdict sera rendu aujourd’hui, André A. risque la prison à perpétuité.

 

F.C.

 

 

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