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“J’ai navigué sur Fa’afaite, que je considère comme ma pirogue spirituelle”

lundi 7 novembre 2016

À gauche, Taievau Maraetaata, navigateur originaire de Fatu Hiva, aux Marquises. À droite, Hugo, un des jeunes de Fakarava,  qui a aidé à construire la pirogue. (Photo : Julien Girardot/LDT)

À gauche, Taievau Maraetaata, navigateur originaire de Fatu Hiva, aux Marquises. À droite, Hugo, un des jeunes de Fakarava,
qui a aidé à construire la pirogue. (Photo : Julien Girardot/LDT)

 

Taievau Maraetaata, originaire de Fatu Hiva, aux Marquises, en rêvait depuis longtemps : naviguer à bord de Te Maru O Havaiki. Profitant de son passage à Fakarava, il a été reçu chaleureusement par les membres de l’association Va’a Motu, avec qui il a navigué sur le lagon à bord de la fière pirogue de Fakarava. Ce navigateur n’en est pas à sa première expérience en pirogue, puisqu’il a traversé le Pacifique à plusieurs reprises, à bord de plusieurs pirogues de renom. Rencontre avec ce passionné plein de charisme au sourire généreux.

 

 

 

Kaoha nui Taievau, pouvez-vous nous donner vos origines ? Un mot sur votre île.
Kaoha nui, je viens de Fatu Hiva qui représente la toiture de la maison des Polynésiens. On vit dans la même maison, les cultures sont similaires au niveau de la langue et de la nourriture. Unissons-nous pour être encore plus fort !

Que faites-vous dans la vie ? Vos activités ? Vos loisirs ?
Je suis guide culturel, guide touristique, guide de randonnées, instructeur canyon. Mon activité, c’est d’arpenter les montagnes pour voir ce qu’il reste de la culture, la chasse et la cueillette. J’aime aussi bien la mer, la pêche, naviguer par-ci par-là avec des amis, dès que j’en ai l’opportunité.

D’où vous vient cette passion pour les pirogues à voiles ?
Je pense que tous les Polynésiens ont cette passion. Le Polynésien n’est pas seulement quelqu’un de la terre ; la mer, c’est en quelque sorte sa terre.

Sur quelles pirogues avez-vous navigué ? Quels trajets ? Avec qui ?
J’ai navigué sur Fa’afaite que je considère comme ma pirogue spirituelle. Je suis allé à Fakarava, Raivavae, les îles Sous-le-Vent, à Raroto’a, en Nouvelle-Zélande. Ensuite, j’ai fait, avec O Tahiti Nui Freedom, les îles Cook, Raiatea, Raroto’a, Vavau, Fidji, Vanuatu, les îles Salomon, Papouasie Nouvelle Guinée, les îles de Micronosie, les Philippines et la Chine. Le trajet ayant débuté ici même, à Tahiti.
Vaivai Te Moana est une pirogue de compétition lagonaire, de papa Teraupo’o Richmond. On a pu se rendre, en partance de Tahiti, à Makatea et à Kaukura. Puis, la pirogue Tohora m’a conduit à Makatea et à Rangiroa. J’ai eu l’occasion de naviguer sur Te Aru Te Moana, de Raphael de Moorea, de la Presqu’ile à Atiha, à Moorea. Sans oublier les pirogues spirituelles des Hawaïens, Hikianalia et la célèbre Hokule’a. J’ai eu le privilège de naviguer à Honolulu sur la pirogue Hokule’a, et Hikianalia m’a conduit de Oahu à Tahiti en passant par Maui, Hilo et Rangiroa. Enfin, j’ai eu l’honneur de naviguer sur Te Maru o Havaiki à Fakarava et je remercie énormément l’association.
J’ai pu effectuer tous ces voyages avec un équipage toujours différent, mais avec un même point commun, notre amour pour la culture !

Quelles sont vos impressions sur le Va’a Motu après cette magnifique navigation ? Un mot sur l’équipage du jour ?
Naviguer sur un Va’a Motu, c’est, pour moi, honorer les ancêtres. La pirogue est un cadeau avec lequel tu peux voyager, aller à la rencontre des peuples, faire des échanges. J’aimerais bien que toutes les îles aient leur va’a motu pour qu’ils puissent naviguer, faire des échanges et se rencontrer à Fakarava. C’est aussi une façon de redévelopper la navigation traditionnelle tout en protégeant notre mère terre. La pirogue est un moyen pour faire passer des messages de respect, d’humilité et de paix.
Je remercie tous les membres de l’association, Aline, Julien, Hugo et Marcel de Fakarava, l’équipage du jour avec qui j’ai partagé des moments inoubliables à bord de Te Maru O Havaiki.

Avez-vous un rêve particulier à propos des pirogues à voile ?
Mon plus grand rêve, c’est de pouvoir relier le triangle polynésien avec une pirogue à balancier comme O Tahiti Nui Freedom, Rapa Nui, Hawaii, Nouvelle-Zélande et retour à Raiatea.
C’est une façon de remercier les tupuna, de nous avoir amenés jusqu’ici. Beaucoup ont péri dans le voyage, mais ils ont réussi. Pour moi, les ancêtres ont une vision astrale. Si je dois leur donner un nom, ce sont des extraterrestres.
Mauruuru, fa’aitoito, E fano, a fano, a fano ra ! 

Propos recueillis par Julien Girardot

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