Jan Kounen, président du jury du Fifo : “Pour moi le moteur, c’est le désir”

samedi 31 janvier 2015

Est-ce votre premier séjour en Polynésie ?
Non, je suis venu me reposer à Moorea, après le tournage épique de Blueberry.
 
Vous êtes président du jury du 12e Fifo. Connaissez-vous ce festival ?
Je vais découvrir le Fifo, dont la sélection a une très bonne réputation.
 
Vous avez réalisé différents courts-métrages, pubs, clips, longs-métrages, mais aussi documentaires. Quelle est la recette d’un bon doc, selon vous ?
La recette est la même que pour la fiction, il n’y en a pas. Il faut de la passion, du travail, prendre des risques, avoir du talent, un regard et de la chance. 
 
Quel va être votre regard sur ce festival ?
Un regard de cinéaste, je suis là pour voir des films. J’arrive vierge, je ne veux rien savoir, juste m’asseoir dans une salle et découvrir un film sur lequel je ne sais rien. C’est un grand luxe, on va toujours au cinéma pour voir un film que l’on a sélectionné. 
 
Votre premier film, Dobermann, a mis en scène Vincent Cassel et un autre, 99 F a offert le premier rôle à Jean Dujardin. Tout d’abord, quels souvenirs gardez-vous de ces tournages ? Y aura-t-il des suites à ces deux films ?
Je garde un très bon souvenir de ces deux films, le tournage de Dobermann était un moment de folie, celui de 99 F était avant tout créatif et fait de bonnes tranches de rigolade sur le plateau. Je ne réaliserai pas de suite pour ces films, pour différentes raisons, et principalement pour ne pas trahir l’énergie et l’esprit des films sources. 
 
Ces deux acteurs, quasi à leurs débuts quand ils ont tourné avec vous, ont connu une grande carrière ensuite, jusqu’aux Oscars pour Jean Dujardin. Quels souvenirs gardez-vous de ces comédiens ?
Avec Vincent Cassel, j’ai fait deux films, et c’est devenu un ami. J’espère faire un autre film avec lui. Jean Dujardin a un grand talent et un sens de la comédie inouï, il a vraiment porté le film. 
 
Après une longue immersion chamanique personnelle en Amérique du Sud, vous réalisez Blueberry, une expérience elle aussi chamanique, toujours avec Vincent Cassel. Ce film a reçu un accueil mitigé, notamment des fans de la BD. Avec le recul, que pensez-vous de ce film ?
Il demande beaucoup d’effort au spectateur, j’ai été maladroit dans certaines séquences, mais cela reste mon film préféré, ou le plus important dans ce qu’il transmet, et puis les séquences de visions sont les images que j’ai produites dont je suis le plus fier. Maintenant, je suis d’accord avec les fans, ce n’est pas une adaptation stricto sensu de la BD, mais plutôt une extension de cette dernière, où, néanmoins, un vrai fan de Moebius (auteur de la BD, NDLR) devrait apprécier le film. 
 
Suite à ces expériences chamaniques, vous réalisez deux documentaires sur le “sujet”. Était-ce une nécessité suite à ces expériences et que retenez-vous aujourd’hui de ces dernières ?
Je continue d’aller en Amazonie pour profiter de la médecine traditionnelle des Shipibos, depuis maintenant 16 ans. Cela fait simplement partie de ma vie. C’est une médecine qui m’a certes secoué au début, mais qui a surtout élargi ma vision de l’existence, m’a apaisé et m’a transmis une grande joie de vivre. Faire ces films était une façon de partager et faire découvrir.
 
Vous êtes revenu à des films plus “sages” comme Coco Chanel & Igor Stravinsky, sorti en 2009. Est-ce un tournant dans votre carrière ou allez-vous continuer les films “tourmentés” ?
J’aime faire des films différents, ne pas me répéter. En tout cas, chaque film doit être une aventure unique et particulière, mes choix sont très intuitifs. Il n’y a pas de tournant dans ma carrière, car il n’y a pas de carrière, il y a simplement des films, et à la fin, ils dessineront une filmographie qui aura un sens ou pas. En tout cas, pour moi, le moteur est le désir, et le désir étant un mystère, il ne peut s’inscrire dans aucun plan. 
 
Quels sont vos projets, actuellement ?
Deux documentaires sont en cours de tournage. Vape wave, un film sur la Vape. Vous savez, la Vape, c’est la cigarette électronique : le truc qui a le potentiel de sauver beaucoup de fumeurs si les lobbies, les politiques et les journalistes mal informés ne finissent pas par réussir à la mettre dans un ghetto. Le film fait le tour du monde du sujet en abordant culture, politique et santé. Je coréalise également avec Anne Paris, ma compagne, un documentaire sur l’aventure d’un couple passionné de cétacés. Ils vont aux quatre coins du monde faire entendre à l’enfant qu’elle porte le chant des baleines, des dauphins et des cachalots. Un film sur le sentiment océanique.
 
Un dernier mot pour les lecteurs de La Dépêche de Tahiti ?
Arrêtez de lire cette interview et ce journal et allez vous baigner, bande de veinards ! À Paris, il fait 1°C !
 
Propos recueillis par Christophe Cozette
 

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