Jansé Wesson : “la musique, c’est magique, intemporel et sans frontières”

dimanche 14 juin 2015

Le chanteur local Moana, alias Jansé Wesson, présente son nouvel album du même nom. Ingénieur du son de formation, il possède également son studio d’enregistrement à Paea, Deep N High. Il a récemment créé avec deux associés l’agence de production audiovisuelle Blackstone Productions. Interview.

Moana, vous présentez un nouvel album portant votre nom, pouvez-vous nous parler de cette aventure ?
« C’est une très belle aventure qui a toutefois pris son temps. Le premier single, “Loin d’ici”, en featuring avec Lola, a été diffusé en 2013 sur les ondes polynésiennes avec son clip. Ce morceau a été écrit et enregistré à Marseille en 2010 et parle du désir de revenir au fenua. C’est à partir de là que l’aventure, autant personnelle que musicale, a commencé. »

Votre objectif, à ce moment-là, était-il de créer tout un album ?
« Oui, tout à fait, et c’est ce titre qui a donné la direction de l’album. Alors que je fais habituellement du hip-hop, c’est un album entièrement reggae qui a été élaboré entre Tahiti et Marseille. »

« Ma vision de la musique, c’est avant tout le partage. J’aime les échanges, les interactions, les points de vue et les particularités des artistes »

Il a une autre particularité, celle d’être issu de nombreuses collaborations artistiques ?
« Il m’a permis en effet de réaliser des rêves car j’ai invité des artistes que j’apprécie beaucoup. Ma vision de la musique, c’est avant tout le partage. J’aime les échanges, les interactions, les points de vue et les particularités des artistes. Ainsi, j’ai eu l’occasion d’inviter des artistes différents comme K-Reen, Jmi Sissoko, Nuttea, Manahune, mais aussi des amis avec qui j’ai toujours fait de la musique : Lola, Vango, et les autres. »

Choisir ces artistes était-il un choix stratégique ?
« Non, pas vraiment, ce sont des rencontres, des échanges musicaux, des moments forts… En général, j’ai déjà un projet en tête et c’est la rencontre artistique qui fait le reste. Pour les compositions musicales, je travaille essentiellement avec les artistes marseillais du HandCart Band. »

L’album contient douze morceaux aux couleurs reggae, quels sont les messages que vous véhiculez ?
« L’album est axé sur le voyage, avec un premier morceau “Iaorana,” qui fait découvrir un nouveau monde à un Métropolitain. Il y a ensuite “Remonte le niveau” avec Nuttea qui est un message d’espoir pour la jeunesse et tous ceux qui ont un projet à réaliser. »

Tous vos messages sont-ils positifs ?
« Oui et non, car quelques morceaux sont plutôt durs comme “Émilie” qui traite des violences conjugales, mais cela dit aussi de ne pas laisser la situation s’envenimer davantage, ou “Tu connais la cause” qui parle de l’envers du décor du Paradis… »

« Moana est mon prénom mais cela veut aussi dire océan en tahitien, et pour moi, l’océan est immense et représentatif d’ouvertures sur le monde »

Vous y avez mis votre cœur, vous vous y êtes dévoilé, et vous avez titré cet album Moana, de votre vrai prénom, pourquoi ?
« C’est vrai qu’il représente quelque chose de très personnel. En effet, Moana est mon prénom mais cela veut aussi dire océan en tahitien, et pour moi, l’océan est immense et représentatif d’ouvertures sur le monde, sur les voyages, sur les autres. Ma vision est justement de ne pas rester isolé et de nous ouvrir sur d’autres façons de faire, d’autres cultures, même si ce n’est pas forcément physiquement car cela coûte cher, j’essaye de nous évader à travers la musique et ses représentations. »

Pourquoi avoir pris autant de temps pour sortir cet album ?
« J’ai développé d’autres activités annexes qui me prennent beaucoup de temps. Alors, oui, cela a pris du temps, mais cela m’a permis de bien mûrir le projet et de le travailler au maximum. Aujourd’hui, je suis content de ce travail abouti et de qualité, dont tous les morceaux sont des singles susceptibles de passer en radio. »

Un en particulier est un grand succès, Iaorana, comment réagissez-vous à l’ampleur qu’a pris ce morceau ?
« Je suis agréablement surpris, car à sa conception, je dois l’avouer, je n’étais pas trop sûr de moi… Je me demandais comment le public allait ressentir le morceau. Même si je suis demi-polynésien, je suis plutôt clair de peau et j’avais peur que certaines personnes puissent mal prendre le fait que je me permette de représenter la partie polynésienne dans le clip. Mais le morceau a été très bien reçu ! Quand le clip est sorti, on faisait environ 5 000 vues par jour, et il y a eu de nombreux remix qui sont sortis, ça a très bien marché ! »

« J’ai atteint mon but de partage »

La chanson voyage-t-elle beaucoup aujourd’hui ?
« Oui, en métropole avec les Polynésiens qui y vivent et qui sont fiers de montrer la chanson et le clip, mais aussi, grâce à tous ceux qui ont vécu à Tahiti ou ceux qui rêvent de venir visiter le fenua. C’est vrai que cela a vite touché l’international car j’ai des messages qui viennent du Japon, du Mexique, de Pologne, etc., tout cela est vraiment positif car j’ai atteint mon but de partage. La musique, c’est magique, intemporel et sans frontières ! »

Où peut-on se procurer l’album ?
« L’album est téléchargeable via internet sur les plateformes de téléchargement légales, et on peut se procurer le CD à la boutique Mutiny, au quartier du commerce à Papeete, à 1 500 francs. Pour répondre aux demandes de la métropole, j’ai également mis en place un système de vente par correspondance. »

Vous travaillez également pour Blackstone Productions, quelles sont les activités de cette agence ?
« À mon arrivée à Tahiti, j’ai très rapidement travaillé et j’ai ouvert un studio d’enregistrement, Deep N High, en 2011. Mais j’ai aussi toujours fait de la vidéo et du graphisme en parallèle, et j’avais pas mal de projets dans les tiroirs. L’année dernière, j’ai rencontré mes associés actuels, Charlie et Florian, qui revenaient respectivement d’Asie et des États-Unis, et on a lancé ensemble la société Blackstone Productions. C’est une agence de production audiovisuelle. On fait des clips, des documentaires, des publicités, des spots d’animation, des émissions de télévision, des courts métrages, mais aussi des illustrations sonores, des voix off, du graphisme, en bref tous ce qui touche à la communication audiovisuelle. »  

Propos recueillis par Caroline Valentin

 

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