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Japon – Akoya, la petite perle sacrée des Nippons

mardi 16 avril 2019

La clé réside dans l’existence d’une saison hivernale au Japon : c’est ce qui fait une meilleure brillance et la différence avec les perles du reste du monde. Photo : DR

La clé réside dans l’existence d’une saison hivernale au Japon : c’est ce qui fait une meilleure brillance et la différence avec les perles du reste du monde. (Photo : DR)

Dans un cabanon posé sur l’eau, des filets d’huîtres gisent au sol. Patiemment, un couple d’aquaculteurs japonais nettoie les coquilles, une par une, avant de les remettre à la mer. Dans quelques mois, ils les récolteront, à l’affût d’une belle perle nacrée. La baie d’Ago au Japon compte des dizaines de fermes spécialisées dans ces joyaux. Vue du ciel, c’est une succession de radeaux, entre littoral escarpé et chapelet d’îlots. C’est là qu’est née, à la fin du XIXe siècle, la technique d’invention de la “perle de culture”, qui essaimera ensuite dans le monde entier.

À cette époque, un natif de la région, Kokichi Mikimoto, s’inquiète de l’extinction des huîtres perlières, avidement ramassées pour tenter d’y trouver le rarissime trésor. Il a l’idée d’introduire un corps étranger dans la coquille du mollusque, pour imiter le processus naturel, quand un fragment de roche ou un grain de sable s’immisce à l’intérieur avant d’être recouvert, au fil des mois, par des couches de nacre finissant par former une perle.

Après de nombreux revers et une “marée rouge”, prolifération d’algues toxiques qui décime ses bancs, apparaît un jour de juillet 1893 une perle semi-sphérique, attachée à la coquille. Malgré des critiques initiales, certains ne voyant là que de vulgaires répliques des perles naturelles, Mikimoto bâtit un empire mondial, et c’est son nom qui restera, même si d’autres Japonais, Tatsuhei Mise et Tokichi Nishikawa, sont crédités de l’invention des perles rondes, au début des années 1900.

Un siècle plus tard, le Japon est devenu une référence incontournable pour ses perles de petite taille (diamètre de 3 à 10 mm), baptisées Akoya.

Depuis trois générations, la famille Sakaguchi vit de ce métier. Kusuhiro et Misayo, respectivement 73 et 68 ans, sont maintenant épaulés par  leur fille, Ruriko.

Le labeur est ingrat : sur les 100 000 huîtres Akoya cultivées chaque année, la moitié meurent après l’opération et sur la quantité restante, beaucoup ne produiront que des perles médiocres ou pas de perle du tout.

Au final, à peine 5% des perles produites, jugées de première qualité, seront en mesure de rejoindre les rayons des bijouteries haut de gamme. De couleur blanche, crème et rosée ou bien vert clair, bleu et argent, les Akoya du Japon dominent le marché des perles d’eau de mer, avec une part d’un peu plus de 30 % dans le monde (en valeur), face à des rivaux comme Tahiti, l’Indonésie, l’Australie, les Philippines ou la Birmanie.

Au cours des dix dernières années, la production tournait autour de 20 tonnes par an, toutes régions de l’archipel confondues, pour un montant de 16,6 milliards de yens (environ 133 millions d’euros, au cours actuel) à la sortie des fermes, et un objectif officiel de 20 milliards à horizon 2027 (environ 160 millions d’euros).

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