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JAPON – L’article 9 consacre la renonciation “à jamais” à la guerre

jeudi 4 mai 2017

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Les électeurs japonais ne font pas confiance aux projets controversés visant à changer leur Constitution pacifiste. (Photo : Toru Yamanaka/archives AFP)

La Constitution pacifiste du Japon est inchangée depuis 70 ans mais les nationalistes qui cherchent à l’amender, chef du gouvernement en tête, se préparent à une nouvelle offensive notamment à la faveur des menaces nord-coréennes grandissantes.

Cette charte fondamentale dictée par l’occupant américain après la défaite japonaise de la Seconde Guerre mondiale, entrée en vigueur le 3 mai 1947, est vue par les nationalistes comme une humiliation.

“Le temps est venu”, a déclaré lundi devant 1 000 personnes le Premier ministre Shinzo Abe dans un discours à l’attention des partisans d’un amendement. “Nous allons faire au cours de cette année charnière un pas historique vers notre objectif majeur d’une révision constitutionnelle.”

“Je veux faire de 2020 l’année au cours de laquelle une nouvelle Constitution entrera en vigueur”, a-t-il précisé hier dans un message vidéo à l’occasion de la commémoration des 70 ans du texte. Il a ajouté qu’il voulait introduire une clause reconnaissant comme constitutionnelles les forces d’autodéfense.

Les champions d’un changement connaissent à présent leur “meilleure chance” de parvenir à leurs fins, estime Kenneth Ruoff, professeur d’histoire du Japon à l’Université de Portland, aux États-Unis. Les partis favorables à un amendement sont en mesure de constituer la majorité des deux tiers dans les deux chambres, nécessaire au vote de modifications. Celles-ci seraient néanmoins soumises à référendum, un obstacle majeur.

 

“Ligne de fracture”

 

Pour la majorité des Japonais, l’article 9 de la Constitution, qui consacre la renonciation “à jamais” à la guerre, est précieux : il tourne la page de l’impérialisme et des atrocités de l’armée japonaise avant et pendant le conflit, ainsi que de l’horreur des bombes atomiques larguées par l’armée américaine en août 1945 sur Hiroshima et Nagasaki.

De leur côté les nationalistes estiment que ses défenseurs sont dangereusement déphasés par rapport aux réalités géopolitiques actuelles, comme les programmes nucléaire et de missiles balistiques de la Corée du nord.

“La ligne de fracture de la politique japonaise passe bien par la Constitution”, résume Kenneth Ruoff.

Le Parti libéral démocrate (PLD), au pouvoir de façon quasi ininterrompue depuis 1955, ne cache pas sa volonté de longue date d’amender le texte. Shinzo Abe lui-même, à qui ce projet tient à cœur, promet depuis longtemps de rendre la loi fondamentale plus compatible avec les valeurs japonaises telles que perçues par les conservateurs : importance donnée aux obligations plus qu’aux droits, à la famille plus qu’à l’individu.

Quant à l’article 9, s’il est peu probable que les conservateurs visent son retrait, ils prônent un changement dans les termes qui y sont employés, en y inscrivant la reconnaissance des forces d’autodéfense en tant qu’armée et une affirmation claire du droit du Japon à se défendre.

La Constitution n’a jamais été amendée mais interprétée de manière à assouplir certaines contraintes, comme lors du passage en septembre 2015 de lois qui permettent en théorie aux forces d’autodéfense d’appuyer un allié en difficulté à l’étranger.

Des dizaines de milliers de personnes étaient alors descendues dans les rues, fait rare au Japon, pour protester. Des juristes et des universitaires dénonçaient une violation de la loi fondamentale. Shinzo Abe invoquait la nécessité de se protéger de la montée en puissance de la Chine et d’une Corée du nord menaçante.

Dans une des premières mises en œuvre de ces nouvelles lois, le Japon a lundi déployé son plus grand bateau de guerre pour escorter des navires de ravitaillement américains alors que les tensions s’exacerbent autour de la péninsule coréenne.

Si les sondages montrent qu’une très grande majorité des Japonais s’inquiètent des missiles nord-coréens qui tombent de plus en plus près de leur archipel, ils sont moins uniformes sur une révision de l’article 9.

Des positions qui pourraient basculer en faveur d’un amendement, de l’avis de bien des Japonais, si un missile frappait le pays. 

 

AFP

 

 

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