“Je préfère aller à Nuutania que rester dans la rue”

    vendredi 12 juin 2015

    À l’extérieur de la petite salle d’audience, deux enfants en bas âge pleurent. À l’intérieur, c’est leur grand-mère qui a bien du mal à retenir ses larmes. 
    Pour les trois hommes à la barre, âgés de 22 à 28 ans, la posture est différente. Ils se serrent les coudes, s’encouragent, l’aîné le dira plus tard : “Ces deux-là, ce sont mes neveux, on a grandi dans le même quartier”. 
    C’est effectivement à Pirae qu’ils ont grandi et c’est aussi sur cette commune qu’ils ont tiré l’essentiel de leurs  revenus  : “Votre travail principal, c’est le vol”, résumera la juge, après avoir énoncé un casier judiciaire long comme un jour sans pain. 
    Une carrière de monte-en-l’air démarrée dès le plus jeune âge à en juger par le nombre de peines décidé par le juge pour enfants, puis pour mineurs. 
    Mais pour les deux qui ont été le plus condamnés, un vol commis le 1er juin aura été celui de trop. Une dénonciation anonyme permet de retrouver l’un d’entre eux. Une perquisition à son domicile entérine les choses : une partie du butin est récupérée, de l’électronique et des bouteilles d’alcool de valeur. 
    L’homme ne se défausse pas et livre le nom de l’un de ses complices. Une perquisition met la main sur d’autres objets volés, mais aussi le fruit d’un autre larcin, qui implique cette fois un troisième compère. 
    “C’est pour nourrir ma famille”, justifie l’un d’entre eux, père de deux ans enfants et dont l’épouse accidentée est restée handicapée. 
    Selon son avocate, c’est en ouvrant la porte d’un frigidaire encore vide qu’il aurait décidé d’aller voler pour pouvoir acheter à manger. Ce dernier, le moins condamné, aura la clémence des juges, qui le lui donneront 200 heures de travaux d’intérêt général, ce qui ne l’empêchera pas donc pas de suivre la formation dans laquelle il a été admis. 
    Ses deux compères ne cachent pas leur joie pour lui, l’embrassant et se livrant à des accolades. Ils ont pourtant été condamnés respectivement à six et huit mois de prison ferme avec mandat de dépôt. 
    Peut-être un motif de satisfaction pour le plus âgé, mis à la rue depuis le décès de sa mère et qui a affirmé durant son audition : “Je préfère aller à Nuutania que rester dans la rue.” 
    La concubine de l’autre condamné à de la prison ferme, qui accouchera dans quelques mois, ne partage pas le même avis au sujet de son homme. Il sera derrière les barreaux quand elle donnera naissance à leur premier enfant. 

    F.C.

    Le président de "la Polynésie française", des françaises et des français René, Georges, HOFFER 2015-06-12 11:51:00
    @AWOUA : Je pense que ta réaction est celle de quelqu'un qui a de quoi vivre tous les jours, un toit et un "travail", peut-être pas trop dur en plus ? Bravo et je me réjouis pour toi. Maintenant si tu avais été à l'assemblée indigène hier et entendu les bien-pensants/bien nourris, déblatérer sur la misère des laissés pour compte du Péï - anciennement le Paradis sur Terre -, tu aurais également entendu des expressions telles : "dispositif d'attente permettant à ceux qui ont perdu leur emploi de survivre" ou "Je ne crois pas que les moyens mis en œuvre pour aider à la création d’entreprise soient de nature à créer suffisamment d’emploi pour répondre à la détresse humaine et sociale qu’entraine le non emploi. Il est profondément regrettable que cette situation qui frappe des milliers de nos concitoyens ne soit plus prise en compte (...)". Voire Sandra Lévy-Agamy Manutahiti qui a prononcé à deux reprises le mot "RSA" ce 11 juin 2015 sur Polynésie 1ère... mais que on engagement (sic) flossautonomique ne lui permet pas de défendre hoohohohohoho
    Bref, bravo à toi pour ta réussite matérielle et je souhaite que ça durera. rollstahiti@gmail.com
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