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Jean-Baptiste Barjot, un décorateur de plateau passionné

mardi 17 janvier 2017

jean-baptiste barjot

Depuis quelques semaines, Jean-Baptiste Barjot et son équipe travaillent sur le nouveau décor de Fare ma’ohi, l’émission populaire de Polynésie 1ère. (© Élénore Pelletier)

 

L’émission Fare ma’ohi fait sa rentrée sur Polynésie 1ère, lundi prochain. Pour l’occasion, une surprise attend les spectateurs : un décor tout neuf, en matériaux bruts, bois flottés, fond blanc. La chaîne de télévision a fait appel à Jean-Baptiste Barjot, un décorateur qui a débarqué au fenua, il y a quatre ans.

 

Adolescent, Jean-Baptiste Barjot suit une formation d’ébéniste dessinateur industriel à l’école Boulle, à Paris. Son diplôme en poche, il décroche un contrat chez un constructeur de meubles en plexiglas, mais se rend à l’évidence : son travail ne l’épanouit pas du tout. Il décide alors de démissionner et reste deux ans au chômage.

“Durant cette période, je ne suis pas resté les bras croisés. Je me suis mis à dessiner, car le graphisme m’a toujours passionné. Chaque semaine, j’allais voir un illustrateur professionnel pour lui montrer ce que je produisais et avoir son avis, glaner des conseils… C’était très constructif et ça m’a permis de vite progresser”, se souvient-il.

Il finit par présenter ses travaux graphiques à une production de films publicitaires. Celle-ci ne cherche pas à embaucher de dessinateurs, mais un décorateur, et décèle un certain potentiel chez Jean-Baptiste Barjot.

“Pourtant, je n’y connaissais rien en production audiovisuelle, ni même au métier de décorateur”, confie-t-il.

On lui propose de venir en stage, afin de découvrir l’envers des décors d’une publicité. “Je venais gratuitement. Je n’étais pas censé aider. J’étais le petit jeune qui n’y connaissait rien, mais j’avais vraiment envie de découvrir, aider, travailler, mettre la main à la pâte et faire partie de toute cette grosse machinerie. À force de motivation, un jour, ils ont fini par me faire bosser sur un tournage, en tant qu’assistant décorateur”, raconte-t-il.

Il se forme sur le terrain. Ses compétences de dessinateurs et d’ébéniste lui permettent de vite évoluer et d’être embauché à l’âge de 24 ans comme chef décorateur, par la boîte de production qui lui a laissé sa chance.

 

Après 300 films publicitaires

 

Le travail d’un chef décorateur est avant tout un travail d’équipe avec le réalisateur. Son objectif : retranscrire dans l’espace ce que le réalisateur a dans la tête. “Ce n’est pas toujours facile, parce que parfois, il faut réussir à trouver ce qui se cache derrière des phrases comme ‘On veut que ce soit très présent mais discret’, ‘On veut que ce soit pastel mais vif’. Le réalisateur a une idée bien précise, mais parfois difficile à décrire verbalement. À moi de proposer en dessin le décor qui soit le plus proche de ce qu’il imagine, puis de le rendre réel. Peu importe le décor, d’ailleurs. Il faut pouvoir s’adapter que ce soit un vaisseau spatial, un décor de western, un fare tahitien. C’est à toi d’aller chercher les documents nécessaires, les ingrédients utiles pour faire en sorte que la sauce prenne et que l’on y croit”, détaille-t-il.

S’il travaille comme salarié pendant sept ans auprès de la boîte qui l’a formé, il décide, à 30 ans d’évoluer en tant que free lance, à son compte donc.

Dix ans et 300 films publicitaires plus tard, il ressent l’envie de changer d’air et atterrit à l’autre bout du monde, au fenua.

C’est un nouveau challenge pour lui, puisqu’il n’y connaît personne. Il entre en contact avec des producteurs locaux qui, d’entrée de jeu, lui annoncent que “jusqu’à maintenant, ils n’ont jamais eu besoin de faire appel à un décorateur et qu’ils auront du mal à le faire travailler… faute de budget”.

Mais finalement, au bout d’un an, il décroche son premier contrat et réalise les décors de Mister Tahiti. On l’appelle ensuite pour prêter main-forte sur le film Point Break.

 

Ciné, télé et théâtre

 

Son professionnalisme est apprécié et les productions se tournent de plus en plus vers lui. Il participe alors à la série télévisée Label Hina, puis aux longs-métrages Batman vs Superman et dernièrement Paul Gauguin.

Il intervient aussi au côté de Remy Crochemore sur des décors de théâtre et participe à plusieurs reprises aux challenges du magazine Maisons du Fenua. Il réalise également quelques meubles pour des particuliers.

Polynésie 1ère a déjà fait appel à ses services l’an passé pour réaliser un décor d’émission et a donc naturellement choisi de lui renouveler sa confiance pour repenser intégralement le plateau de son émission phare Fare ma’ohi.

“Je suis parti d’un espace vide. Tout est fait sur mesure : du sol, aux murs en passant par le moindre élément de décor”, explique-t-il.

Pour cette mission, il s’est entouré de trois personnes : deux constructeurs et une peintre qui excelle en trompe l’œil. Il ne reste plus qu’à découvrir son œuvre, lundi prochain, sur votre petit écran.

Élénore Pelletier

 

 

Un duo de choc en déco

(© Élénore Pelletier)

(© Élénore Pelletier)

Valérie est peintre, spécialisée dans tout ce qui est trompe-l’œil. Jean-Baptiste et Valérie se rencontrent à l’occasion d’un dîner organisé par un fournisseur de peintures qui trouve intéressant de les réunir. De cette rencontre naît une belle amitié, mais surtout un duo de choc, côté professionnel.

Jean-Baptiste fait appel à Valérie pour la première fois  sur le film Point Break. Sa mission : fabriquer des fausses pierres. “Dans une scène, les comédiens devaient nager avec des cailloux et les lâcher dans le tombant, mais les cailloux choisis par le réalisateur étaient trop lourds. Nous avons dû en réaliser des faux plus légers, que j’ai peints à l’identique des vrais.”

Elle intervient également dans la série Label Hina, le long-métrage Paul Gauguin et les autres projets de Jean-Baptiste.

Sur le plateau de Fare ma’ohi, elle peint du faux bois. “On pourrait utiliser des matériaux bruts, mais c’est beaucoup plus de contraintes, car il faut trouver la forme précise, la couleur adéquate, la taille parfaite… ça demande du temps, beaucoup de recherche, avec le risque de ne jamais trouver ce que l’on veut exactement. Grâce à Valérie, il me suffit de créer une forme dans un matériau qui s’y prête, et elle fait un trompe-l’œil, exactement ce que j’ai  imaginé, ce que le réalisateur veut : que ce soit du granit, de la pierre, du bois…”, explique Jean-Baptiste.

 

 

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