Jean-Louis Baglan : “Le mieux vivre ensemble démarre aussi à l’école”

    jeudi 11 août 2016

    vice-recteur

    “Il y a une émulation et des projets pédagogiques vraiment très importants et stimulants”, explique Jean-Louis Baglan au sujet
    du collège de Taunoa. (Photo : Florent Collet)


    Le vice-recteur a fait la rentrée des collèges à Taunoa

     

    C’est un établissement d’une zone dite “sensible” que le vice-recteur a choisi pour sa rentrée des collèges, hier. L’occasion évidemment d’aborder avec lui la réforme des collèges, son souhait d’une meilleure mixité sociale, mais aussi les premiers pas des mesures initiées dans le cadre du plan de prévention contre la délinquance.

     

    Pourquoi avoir choisi de venir à Taunoa pour cette rentrée des collèges ?

    Il y a plusieurs raisons. D’abord, parce que c’est un collège emblématique, dont on m’a parlé dès ma prise de poste. Il bénéficie d’une mauvaise renommée.

    Il accueille un public que certains décrivent comme étant difficile, socialement défavorisé. Donc, il est difficile pour ce collège de faire le plein d’effectifs. Je trouvais que c’était bien de venir, parce qu’au contraire, dans ce collège, il y a une émulation et des projets pédagogiques vraiment très importants et stimulants. Je trouve donc que c’est profondément injuste.

    La deuxième chose, c’est qu’à travers cette émulation, j’espère que cela va aussi stimuler ce que l’on appelle la mixité sociale, qu’il puisse y avoir aussi des projets de redécoupage pour que l’on puisse faire en sorte que ce collège soit mieux équilibré en termes de population.

    Le mieux vivre ensemble démarre aussi à l’école. Il faut que dans les collèges et les lycées, il y ait l’ensemble des caractéristiques de la population.

    Et je suis là particulièrement, parce qu’avec la ministre Nicole Sanquer, nous allons dans d’autres établissements et je ne connaissais pas celui-ci. Je voulais le voir au-delà de ce que j’avais pu en lire.

     

    N’est-ce pas un peu “mission impossible” de vouloir cette mixité sociale ? Par exemple, certaines familles arrivent toujours à avoir des dérogations pour éviter les établissements sensibles. Comment faire pour la mettre en place ?

    C’est vrai qu’il est simple d’en parler, il est plus difficile de le faire. Beaucoup de gens affichent la mixité sociale, mais, en fait, les uns et les autres font tout pour que leur enfant soit dans le meilleur établissement possible.

    Je pense qu’il faut plusieurs choses.  D’abord, il faut prouver qu’il y a des projets pédagogiques, que l’on puisse sentir une émulation avec des équipes qui travaillent et qui se donnent.

    C’est le cas au collège de Taunoa. Ensuite, il faut aussi une volonté politique, que l’on puisse se dire : “Il y aura un changement de secteur, tel quartier ira là”.

    Enfin, il faut que l’on puisse accompagner ce type d’établissement d’une meilleure manière que les autres, prouver qu’ici, il va se passer des choses différentes. D’ailleurs, en cette rentrée, il y a des projets qui portent sur le plan culturel, sur le reo Tahiti. 

    Cela veut dire aussi que le Pays donne plus de moyens à ces établissements et que l’État doit aussi mieux les accompagner.

     

    Le collège de Taunoa envoie déjà des alertes SMS aux parents dont les enfants sont absents. C’est une des mesures annoncées dans le plan de prévention de la délinquance. Est-ce que cela va être généralisé à cette rentrée ?

    J’étais dernièrement avec le directeur de cabinet du haut-commissaire qui suit ce dossier, car je suis copilote du groupe de travail de ce plan de prévention avec le directeur de cabinet de Nicole Sanquer.

    Effectivement, c’est en train d’être expérimenté et cela va monter en puissance. Il y a d’abord la volonté de monter un observatoire avec un ensemble de fiches et de procédures qui vont être éditées, qui permettent maintenant à tous les établissements d’être en ordre de marche pour faire les signalements.

    Et puis, il y a la procédure SMS qui commence à être initiée et qui va être généralisée. C’est une bonne mesure.

     

    D’autres mesures du plan de prévention de la délinquance vont-elles être initiées lors de cette rentrée ?

    Pour le moment, il s’agit avant tout de faire en sorte que l’ensemble des signalements qui se passent ici puissent être répertoriés, qu’il puisse y avoir des outils homogènes construits par les services du ministère de l’Éducation.

    Derrière, il y a le fait de trouver le relais avec l’ensemble des partenaires, que ce soit la police, la justice ou l’ensemble des associations. C’est ce qui est en train de se construire. C’est un chantier lourd qui se met en place et qui avance.

     

    Plus globalement, estimez-vous que cette rentrée se déroule bien ? Quels en étaient les défis ?

    Elle est techniquement réussie. Le défi est la mise en œuvre de la réforme des collèges. Évidemment, elle ne se décrète pas, elle va mettre du temps à se mettre en place. Je dis toujours que le temps de l’éducation est un temps long.

    Il y a deux défis. Celui de l’appropriation de l’ensemble des axes de la réforme par tous les enseignants et l’appropriation de tous les nouveaux programmes car tous les programmes bougent.

    C’est un chantier énorme. Avant que cela arrive dans la classe auprès des élèves, il va falloir un petit peu de temps. Il y a cet accompagnement nécessaire pour nous, l’ensemble du corps d’inspection du premier et du second degré. 

    Puis, il y a cette implication des ensei-gnants. Derrière, pour les élèves, deux choses vont être visibles très rapidement. La première, c’est la liaison entre l’école et le collège.

    Ils voient bien que leurs enseignants de l’école viennent maintenant dans le collège de manière plus forte et voient bien qu’on va mieux les connaître quand ils vont arriver en sixième. C’est une évidence.

    Ils vont voir aussi l’accompagnement personnalisé, c’est-à-dire des heures qui sont données individuellement. Cela va se mettre en place, ils vont pouvoir le constater.

    Ils verront aussi des projets pluridisciplinaires, où des enseignants de plusieurs disciplines vont travailler ensemble sur des projets qui dépassent le cadre de la discipline.

     

    Vous évoquiez le problème des établissements qui ont des soucis pour avoir des effectifs suffisants. Est-ce le cas pour cette rentrée et est-ce que tous les élèves ont bien leurs professeurs ?

    Il y a eu un certain nombre de postes qui ont été supprimés parce qu’il y a une baisse démographique. Après, c’est une rentrée qui est équilibrée. Le ministère de l’Éducation a fait ce qu’il fallait pour qu’un ensei-gnant soit présent aujourd’hui dans toutes les classes, c’est essentiel.

     

    Propos recueillis
    par Florent Collet

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