Jean-Marie Le Pen, suspendu du FN, déclare la guerre à sa fille Marine

lundi 4 mai 2015

Chef historique du Front national pendant près de 40 ans, Jean-Marie Le Pen, suspendu lundi par les instances du parti d’extrême droite présidé par sa fille, a contre-attaqué en dénonçant une « félonie » de celle-ci et n’exclut aucun recours.
Après un mois de conflit avec sa fille Marine Le Pen, le bureau exécutif du parti, la plus haute instance dont Jean-Marie Le Pen lui-même fait partie habituellement, a annoncé sa décision à 20h30 par un communiqué : M. Le Pen est « suspendu de sa qualité d’adhérent jusqu’au vote d'(une) Assemblée générale extraordinaire » dans les trois mois qui devrait entériner le souhait de Marine Le Pen et du bureau exécutif, acquis à sa cause, de retirer des statuts du parti le titre du président d’honneur dont M. Le Pen a, selon l’avis de sa fille, abusé.
Répétition de sa vision plusieurs fois condamnée par la justice des chambres à gaz, « détail » de l’Histoire, défense du maréchal Pétain, du « monde blanc » et critique en règle de la démocratie comme système politique: le président d’honneur du parti a multiplié les provocations début avril, au lendemain de départementales plutôt réussies pour le FN.
Marine Le Pen voulait dès lors que les propos de M. Le Pen ne puissent plus « engager » le FN, à deux ans d’une élection présidentielle qu’elle pense pouvoir gagner, alors même que les déclarations récentes de son père se distinguaient plus par leur répétition que par leur nature, lui qui a toujours vu la « provocation » comme un ascenseur électoral.
Mais face à l’imprévisible Jean-Marie Le Pen, il n’y a guère de bonnes options: « On ne peut (le) museler ni dedans ni dehors », avait d’ailleurs observé lundi matin Louis Aliot.
Sa réaction épidermique lundi soir l’illustre : évoquant auprès de l’AFP une « félonie », il a demandé à sa fille de lui « rendre son nom ».
« Elle a la possibilité de le faire en se mariant soit avec son concubin, soit avec quelqu’un d’autre, après tout, pourquoi pas M. Philippot », a-t-il très violemment attaqué, visant le compagnon de Marine Le Pen, Louis Aliot, qu’il n’apprécie peu, et le numéro deux du FN, qui a été le plus virulent à son égard dans la crise interne.
Il a aussi prévenu les instances du FN qu' »ils doivent s’attendre à tous les moyens » et recours. « Ce n’est pas impunément qu’on m’attaque, même dans le dos ».
Alors qu’un congrès extraordinaire par correspondance devra donc entériner les décisions de sa fille, M. Le Pen s’est prévalu du soutien des adhérents frontistes. Le soutien de la base, « ça a été vu l’autre jour lorsque je me suis présenté place de l’Opéra. J’ai rassemblé un accueil sans équivoque », a assuré M. Le Pen, qui s’était invité sur la tribune le 1er mai juste avant que sa fille ne s’exprime, et qui avait été applaudi.
« Je n’ai pas volé ce soutien, je ne l’ai pas reçu en héritage non plus », a-t-il aussi taclé, dans une critique à peine voilée envers sa troisième fille, qu’il a même dit « répudier » sur Europe 1, alors qu’il a déjà rompu tout lien avec l’aînée, Marie-Caroline, partie avec les mégrétistes dans la scission de 1998.
Mais si le FN comptait 22 403 adhérents à jour de cotisation lors du congrès de Tours de 2011, 42 100 ont été comptabilisés lors du dernier congrès, fin novembre à Lyon : un large renouvellement de la base frontiste.

AFP

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