Jean-Michel Monot va faire 4 450 km en VTT sans assistance, au nom de l’amitié

lundi 1 juin 2015

Jean-Michel Monot, directeur des Jus de fruits de Moorea et sportif accompli, se lance dans un long raid en VTT pour sensibiliser l’opinion publique à la sclérose latérale amyotrophique, dont est victime son ami Loïc Lecottier. Il affronte, le mois
prochain, la ligne de partage des eaux d’Amérique du Nord, du Canada au Nouveau-Mexique : 4 450 km en altitude, et en solitaire. Si les dons sont suffisants, Loïc Lecottier pourra attendre son ami sur la ligne d’arrivée.

Ils sont tous deux Bretons, tous deux du signe du bélier, tous deux mesurent 1,83 m, tous deux aiment le sport, l’aventure, le bricolage et les bons vins. Mais l’un est en fauteuil roulant, sous assistance respiratoire. L’autre est en vélo, et il va pédaler pour son ami. De Banff (Alberta, Canada) à Antelope Wells (Nouveau-Mexique, États-Unis), c’est un parcours mythique sur les crêtes des montagnes Rocheuses, le long de la ligne de partage des eaux d’Amérique du Nord, le “Continental Divide”. 4 450 kilomètres, plus de 65 000 mètres de dénivelé positif (imaginez grimper sept fois l’Everest), en moins de 34 jours et sans assistance : c’est ce que va faire Jean-Michel Monot à partir du 12 juin. La course de vélo tout terrain la plus dure et la plus longue au monde. La plus haute aussi : “Je suis en train d’étudier les cartes du parcours, je serai entre 2 000 et 3 000 mètres d’altitude en moyenne”, dit-il.
Le directeur des Jus de fruits de Moorea, dont le premier métier était moniteur de sports, est un habitué des défis sportifs. Il a dévalé la Patagonie (2012), traversé les États-Unis d’ouest en est en vélo (2010). Il a couru la Transe Gaule en 2006 ; la Vallée de la Mort n’a plus de secret pour lui : en 2005, il a couru l’ultramarathon de la Badwater Race (271 km) et pédalé sur la Furnace Creek Race. Avec son association VSOP, il a fondé la Transtahitienne en 2007, un triathlon qui met, depuis cette année, la Polynésie française dans le prestigieux circuit international des courses XTerra. Jean-Michel Monot aime se dépasser, c’est le moins qu’on puisse dire.
À 54 ans, il se lance un nouveau défi. Mais pas pour lui. Pour Loïc Lecottier, son ami kinésithérapeute, grand sportif lui aussi et initiateur de la Transtahitienne avec Jean-Michel Monot et René Sabatier. “Loïc m’a toujours aidé dans mes combats sportifs, c’est mon tour, c’est un juste retour des choses”, dit Jean-Michel Monot. En décembre 2013, à 43 ans, le diagnostic tombe :
Loïc a la maladie de Charcot, ou sclérose latérale amyotrophique (SLA).

“C’est la débrouille”

C’est une maladie neurologique à évolution rapide, presque toujours mortelle, qui attaque directement les cellules nerveuses (neurones) responsables du contrôle des muscles volontaires. “Mais il y a de l’espoir. Stephen Hawking (le célèbre physicien britannique, NDLR) a été diagnostiqué il y a 50 ans, il est toujours là.”  
Les scientifiques ignorent toujours les causes de la maladie, qui ne semble héréditaire que dans 5 à 10 % des cas. Les patients atteints de SLA nécessitent une assistance poussée pour pallier une perte d’autonomie rapide. L’association VSOP avait déjà fait une contribution financière à la recherche médicale lors de la course XTerra. Cette fois, la cagnotte (voir encadré) est destinée à améliorer le quotidien de Loïc.
“Sa fille Lilou qui vient d’avoir 11 ans, et sa femme, je leur dis chapeau. Stéphanie est infirmière libérale, et quand elle rentre du travail, elle enchaîne. Loïc est à 100 % dépendant, il ne peut rien faire seul”, explique Jean-Michel Monot. Les fonds serviront aussi à financer son déplacement sur la ligne d’arrivée au Nouveau-Mexique.  
“Loïc a un mental d’acier face à la maladie. Il arrive à plaisanter, il ne veut pas se laisser aller. Il sait que tous ses amis sont là. Loïc et moi, on n’est pas superconnus, mais l’élan de solidarité fait déjà boule de neige (voir encadré), il y a des dons qui viennent d’inconnus en métropole… Ça nous fait chaud au cœur dans un monde qui bascule de plus en plus dans l’individualisme. Et ici, il faut remercier Air Tahiti Nui qui nous permet de partir.”
Jean-Michel Monot, à qui ses responsabilités professionnelles laissent peu de temps, s’est entraîné le week-end, en faisant le tour de Tahiti (4 h 40 avec la charge) ou la route traversière entre Mataiea et Papenoo. Il se lance à l’assaut des Rocheuses avec le strict minimum autorisé : un VTT spécial en titane de 11 kg – le carbone aurait été trop fragile pour soutenir les quatre sacoches totalisant 15 kg. Elles contiennent une tente, un matelas et un duvet, quelques vêtements, quatre litres d’eau et un peu de nourriture. “C’est la débrouille, dit-il. Il faudra trouver à manger dans les rares stations-service ou chez l’habitant. Sur le parcours, il y a deux endroits sans ravitaillement possible sur plus de 200 km, ce qui m’obligera à embarquer deux litres d’eau supplémentaires.”
Jean-Michel Monot prévoit 16 à 18 heures pour parcourir environ 160 km chaque jour. “Il faut aussi naviguer, se réapprovisionner, réparer le vélo, trouver un abri tous les soirs et se baigner quand c’est possible.”
Le 12 juin, ce n’est pas juste un défi sportif de plus qui commence, c’est l’histoire d’un mec qui pédale, son vieil ami sur le porte-bagages.

Caroline Perdrix

 

Comment aider Loïc ?

“Le ‘Ice Bucket Challenge’ de 2014 a rapporté plus de 10 milliards de francs et a beaucoup contribué à faire connaître cette maladie”, explique Jean-Michel Monot. Il a ouvert un appel aux dons sur la plate-forme de financement participatif Leetchi, qui permet de contribuer facilement par carte de crédit. Près de 500 000 F ont déjà été réunis. Il s’agit de financer le déplacement de Loïc, pour qu’il puisse accueillir son ami Jean-Michel Monot sur la ligne d’arrivée au Nouveau-Mexique. Comme lors de la course XTerra, des dons sont prévus à l’association française Pulse Arsla. La France a été pionnière en créant la première banque de données cliniques dans la SLA, il y a plus de 20 ans : c’est aujourd’hui l’une des plus riches au monde. La mise en place du projet Pulse, premier en Europe d’une telle ampleur, va permettre de compléter ces banques cliniques avec la création de bases d’échantillons biologiques, génétiques, électrophysiologiques et d’imagerie. Avec un malade sur six inclus, les chercheurs disposeront d’échantillons d’une représentativité rare dans le domaine médical.
https://www.leetchi.com/c/solidarite-sla-tourdivide
Le blog de la course : http://tourdivide2015-tahiti.blogspot.com/

Mireille 2015-09-27 03:38:00
Félicitations à Jean Michel. C'est vraiment un geste d'amitié fantastique.
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