Jean-Philippe Fanfant : “La musique, c’est un médicament”

    mercredi 21 octobre 2015

    Il est connu pour donner le rythme aux candidats de The Voice. Jean-Philippe Fanfant, batteur professionnel, qui a tourné avec de nombreux artistes, est arrivé dimanche dernier à Tahiti pour préparer un concert hommage à Michael Jackson, qui se tiendra vendredi, au grand théâtre de la Maison de la culture. Nous l’avons rencontré lundi soir, lors de sa première répétition avec les artistes locaux qui seront avec lui sur scène.

    Comment prépare-t-on un concert hommage à Michael Jackson avec des gens qu’on rencontre pour la première fois ?
    Ce qui est génial avec la musique, c’est qu’on peut arriver partout dans le monde entier, on aura un langage commun. Et je suis super heureux d’être là et de partager, de travailler avec des musiciens locaux. Le premier contact a été bon. Je découvre aussi les gens, les personnalités et je suis agréablement surpris, donc c’est parfait. Je pense que ça va être sympa vendredi.

    Quelle est la place de la batterie dans un ensemble ?
    Oh lala, la batterie, c’est vraiment l’instrument qui est très imposant, très volumineux, très sonore, mais en même temps, c’est vraiment l’instrument indispensable. On est les maîtres du rythme. Quand je dis du rythme, c’est parce qu’on va imposer le tempo et le volume du groupe. C’est-à-dire que quand on va taper très fort, tout le monde va taper très fort. Si on tape un peu moins fort, le groupe va jouer un peu moins fort. Donc on va donner le rythme, le volume et surtout l’intention. On va pouvoir mettre des nuances, ou des parties un peu plus énervées, plus tendues, donc le rôle du batteur est très important dans un groupe.

    C’est pour cela que vous conseilliez beaucoup les autres musiciens pendant la répétition ?
    Oui, mais c’est un travail d’équipe. Eux aussi donnent leur avis, je ne suis pas du tout en train d’imposer. Au contraire, j’aime bien proposer des choses. On discute et on prend les bonnes choses de chaque personne, c’est le but.

    Vous avez joué avec les plus grands…
    Oui, j’ai beaucoup joué avec Julien Clerc, Maxime Le Forestier, Marc Lavoine, Laurent Voulzy, Christophe Maé, Louis Bertignac, Thiéphaine, Kassav aussi, j’ai fait pas mal d’albums avec eux. J’ai joué avec beaucoup de personnes et des univers complètement différents.

    Il y a déjà eu un moment magique que vous n’oublierez jamais ?
    Toujours. Déjà, les voyages, je trouve que de pouvoir venir ici, à Papeete, et faire des concerts… (pause) Je suis quelqu’un qui vit le moment présent. Chaque moment est un cadeau de la vie donc pouvoir faire de la musique, voyager, rencontrer des gens, donner du bonheur aux gens… Quand on fait de la musique, on transmet du bonheur et les gens nous le rendent beaucoup. Les sourires des gens quand on joue… Pour moi, c’est que du bonheur.

    Qu’est-ce que la musique pour vous ?
    La musique, c’est un peu tous les sentiments de l’être humain. On peut être triste et jouer de la musique. On peut être heureux et jouer de la musique. Il y a tellement de sentiments qui passent avec la musique. Même quand on est malade, lorsqu’on joue, tout d’un coup, ça nous soigne. La musique est un médicament, c’est vraiment quelque chose de très fort. Et pas seulement pour les musiciens, mais aussi pour les gens qui écoutent. Il y a des gens qui sont malades et qui écoutent de la musique et tout d’un coup, ils essaient de partir, de voyager. Donc chaque moment est unique et je remercie tous les jours ce moment merveilleux de pouvoir faire de la musique et de transmettre.

    À quel genre musical va votre préférence ?
    Oh lala, beaucoup de genres. J’ai joué beaucoup de musiques. Je suis des Caraïbes, donc c’est vrai que la musique caribéenne, antillaise, ça me touche parce que ce sont mes racines. Mais j’ai grandi en même temps en France, donc la musique française me touche aussi. Ce n’est pas simple, parce que c’est une question de ressenti et je respecte toutes les musiques. Je n’aime pas un style de musique, j’aime la musique en général, quand elle est bien faite et sincère. Et même la musique traditionnelle. J’écoutais de la musique polynésienne traditionnelle à la radio, les rythmes, tout ça, ça me touche parce qu’il y a une sincérité, une vérité et ça me parle.

    On met beaucoup en avant le fait que vous êtes le batteur de l’émission The Voice, ça ne vous dérange pas ?
    Non, je suis un batteur, mais c’est vrai que The Voice, pour moi, c’est l’exposition. C’est clair que l’émission est très regardée donc c’est vraiment la vitrine où l’on me voit. Par contre, j’aime beaucoup le travail au sein de The Voice. On reprend beaucoup de morceaux, il y a plus de 200 personnes qui travaillent sur l’émission, donc c’est un vrai travail pro. J’aime beaucoup ce que je fais avec The Voice, mais c’est vrai que la batterie, j’en ai fait beaucoup avant et j’espère en faire encore beaucoup après.

    Propos recueillis par Vaiana Hargous

     

    Pratique

    This Is Michael

    L’association Bat’live, en co-réalisation avec la Maison de la culture, organise This Is Michael, un concert hommage à Michael Jackson avec le batteur de l’émission The Voice France, Jean-Philippe Fanfant. Thriller, Blame It On The Boogie, Billie Jean… Plus d’une vingtaine de titres sont au programme de ce concert, avec de nombreux invités de la scène musicale et culturelle polynésienne tels Andy Tupaia, qu’on ne présente plus, Ruben Chang, le chanteur des Blues Rock Offenders, les chanteuses Tevai Nui et Moya, le bassiste Teiki Lang, les guitaristes Serge Wuillmet et Ulysse Tetuanui, et Bat Mike, batteur, professeur de batterie et organisateur de l’événement. Le guitariste américain Jeff Kollman se joindra également à eux pour une rencontre entre artistes des plus festives et énergiques.
    • Vendredi, à 19 h 30, au grand théâtre de la Maison de la culture. Tarifs : 3 500 F adultes et 2 000 F pour les enfants de moins de 12 ans. Billets en vente à la Maison de la culture, de 8 heures à 17 heures toute la semaine. Renseignements au 40.54.45.44 ou 87.77.22.99.

    La masterclass

    Jean-Philippe Fanfant, en plus d’être le batteur de nombreux artistes, est aussi un très grand pédagogue. Il est l’auteur de deux méthodes de batterie, Je débute la batterie acoustique et Les plus grands rythmes caribéens. Lors de sa masterclass, où une quarantaine de participants est déjà attendue, il parlera de ses deux méthodes, de ses expériences et livrera également de nombreux conseils.
    • Aujourd’hui, à 18 heures, au grand théâtre de la Maison de la culture. Tarifs : 1 500 F par personne, 500 F pour les élèves de la Bat’ school. Renseignements et réservation au 87.77.22.99.

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