Jeux du Pacifique 2023 – La mise au point de Nicole Sanquer-Fareata

    samedi 23 avril 2016

    Jeudi soir, dans l’amphithéâtre de l’IJSPF, la ministre des Sports Nicole Sanquer-Fareata avait convié tous les présidents de fédérations afin de faire le point sur un certain nombre de sujets d’actualité. Ont donc été évoqués, entre autres, les attributions des subventions, les fameuses délégations de service public aux fédérations, les investissements… Autant de sujets qui ont permis à l’assemblée d’obtenir quelques informations d’importance ou quelques éclaircissements sur les nouvelles procédures.

    Mais le sujet principal portait bien évidemment sur la candidature de la Polynésie française à l’organisation des Jeux de 2023, et notamment les deux points qui avaient fait polémique, à savoir le versement d’une caution de onze millions de francs au conseil des Jeux ainsi qu’un contrat (document de 80 pages) qui engage le pays sur un certain nombre d’obligations, notamment concernant des exonérations de taxes pour les délégations étrangères et sur les modalités d’entrée (visas) de ces délégations dans le pays.
    Après avoir rappelé que la candidature devait être portée par le COPF (Comité olympique de Polynésie française) et que le pays devait principalement assurer le financement des Jeux, la ministre Nicole Sanquer-Fareata a donc tenu à expliquer, point par point, la chronologie des événements.

    En précisant par exemple que depuis le 4 avril dernier, les onze millions nécessaires au dépôt de la caution sont en possession du COPF, du fait d’un versement anticipé de la subvention de fonctionnement de cette instance, en attendant l’attribution d’une subvention exceptionnelle qui ne peut déroger aux lois et aux délais réglementaires et dont on ne pouvait attendre le cheminement habituel étant donnée l’urgence du paiement au conseil des Jeux.
    Pour ce qui concerne le fameux contrat à signer par le pays, la procédure implique également un certain nombre de vérifications juridiques. Mais la ministre a d’ores et déjà adressé un courrier d’engagement qui semble satisfaire le conseil des Jeux.

    En réponse à Tauhiti Nena

    Nicole Sanquer-Fareata a bien évidemment relevé qu’elle avait été critiquée par le président du COPF Tauhiti Nena, qui s’était exprimé dans nos colonnes en relevant “l’incompétence du ministre ou peut-être de son staff autour”. En rappelant que le pays avait semble-t-il satisfait à sa part d’exigences concernant le dossier de candidature pour les Jeux de 2023, elle présentait à son tour quelques arguments pour retourner le compliment à son principal interlocuteur. D’une part, en soulevant le fait que le dossier de candidature de 2023 ressemblait en de trop nombreux points à celui de 2019 qui s’était déjà soldé par un échec. Il y a donc lieu de modifier et d’améliorer un certain nombre de points. En expliquant par ailleurs que le comité de pilotage pour la candidature n’était apparemment pas suivi avec sérieux par les propres représentants du COPF. En évoquant également le film de présentation qui doit être réalisé par le COPF, mais qui, selon la ministre, “obligerait peut-être le ministère à déclencher un énième “plan B” afin de palier à un nouveau manquement du COPF”.

    Certes, il faudra bien que les deux parties se rendent, unies, au Vanuatu pour la présentation de cette candidature pour 2023, mais il est certain que la relation n’est pas au beau fixe. Nicole Sanquer-Fareata estime que cette dégradation est probablement due aux difficultés rencontrées lors de l’examen des délégations de service public à certaines fédérations. En effet, si quinze l’ont d’ores et déjà obtenue, 20 n’ont encore pas satisfait aux nouvelles procédures auxquelles elles devront se plier avant le 15 mai. À cette occasion, la directrice Mae Lhopital, de la direction de la Jeunesse et des Sports a tenu à rappeler que cette délégation de service public était délivrée après examen sérieux et sous un certain nombre de conditions, notamment l’exigence d’uneformation de cadres et la programmation de compétitions régulières. Le personnel en charge de l’examen des dossiers, également critiqué par Tauhiti Nena, était bien évidemment soutenu par la ministre.

    Gérard Verdet

    Nicole Sanquer-Fareata Ministre des Sports : “Nous voulons ces Jeux”

    Cette réunion de mise au point vous a paru semble-t-il nécessaire ?
    Oui, cette réunion était nécessaire car depuis quelques temps, il est vrai que j’ai du mal à travailler avec le COPF et pourtant nous devrions être partenaires dans cette candidature. Nous avions monté un comité de pilotage pour la candidature des Jeux, mais depuis les histoires à propos des renouvellements des DSP (les délégations de service public délivrées aux fédérations, NDLR), j’ai l’impression d’avoir un mur devant moi et par conséquent j’ai souhaité m’exprimer devant les présidents des fédérations pour réellement faire un point de la situation.

    Pensez-vous qu’entre les instances dirigeantes du COPF et l’ensemble des présidents de fédérations il y a des voix qui s’expriment différemment ?
    “Oui je le pense puisque j’ai des présidents de fédérations qui viennent au ministère pour tenter de jouer les interlocuteurs. Au sein du comité de pilotage dont je vous ai parlé, quatre personnes représentent normalement le monde sportif. Mais le fait que ces quatre personnes ne cessent de changer et surtout qui n’ont aucun pouvoir de décision, nous faire perdre du temps. Je suis d’ailleurs souvent interpelée par ces présidents de fédérations envoyés par le président du COPF et qui se sentent impuissants.

    Quelqu’un aurait-il intérêt à bloquer la candidature ?
    En tout cas, que ce soit au niveau du pays par l’intermédiaire de son président ou même du haut-commissariat, tous se sont exprimés et nous sommes prêts à nous engager en signant ce contrat qui donne d’ailleurs pas mal d’obligations au pays pour accueillir les Jeux. Concernant notre partie du dossier de candidature, je pense que nous avons tout fait. Nous voulons ces Jeux et on fait tout pour créer un engouement autour de cette candidature. Ce que je souhaite c’est que, administrativement, la candidature soit validée. Je ferai le voyage au Vanuatu et j’ai programmé une soirée qui s’adresse à tous les pays votants afin d’avoir un maximum de soutien. Par ailleurs, un courrier du président est à la signature, courrier qui sera adressé personnellement à chaque chef d’État du Pacific Group leader afin de demander le soutien de cette candidature. Donc, au niveau du pays nous ferons tout pour avoir ces Jeux. Il faut dire que, finalement, c’est bien le pays qui s’engage, et s’il y a des tensions avec le président du COPF, ça ne doit pas influencer la candidature de la Polynésie française.

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