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Les jihadistes de l’EI ont perdu Syrte

mardi 6 décembre 2016

Syrte, le fief libyen de l’État islamique a été repris par les forces libyennes après six mois d’affrontements. (© Photo : Mahmud Turkia/AFP)

Syrte, le fief libyen de l’État islamique a été repris par les forces libyennes après six mois d’affrontements. (© Photo : Mahmud Turkia/AFP)

 

Les jihadistes du groupe État islamique (EI) ont subi un revers majeur avec l’annonce de la reprise totale de leur fief libyen de Syrte qu’ils ont farouchement défendu pendant plus de six mois.

La “victoire” à Syrte a été proclamée hier par le gouvernement libyen d’union nationale (GNA), qui a salué “le retour” de la ville dans le giron de l’État.
“Nos forces ont repris le contrôle total de Syrte”, a précisé Reda Issa, le porte-parole de l’opération militaire. Elles “ont constaté aujourd’hui un effondrement total” des jihadistes, dont des “dizaines” se sont rendus, selon lui. Les derniers d’entre eux sont traqués “maison après maison”.

“Environ 30 (jihadistes) se sont rendus aux forces libyennes, d’autres qui tentent de fuir sont pourchassés”, a ajouté ce porte-parole. Selon lui, la proclamation officielle de la libération de Syrte “ne se fera que lorsque le dernier (jihadiste) sera anéanti. Ce sera dans les toutes prochaines heures”.

La défaite de l’EI à Syrte est un nouveau coup dur pour le groupe extrémiste qui a connu ces derniers mois une série d’échecs militaires en Irak et en Syrie, où ses combattants sont actuellement attaqués dans leurs fiefs de Mossoul (nord de l’Irak) et de Raqa (nord de la Syrie).

Elle pourrait en revanche renforcer le GNA du Premier ministre Fayez al-Sarraj qui peine, depuis son installation fin mars à Tripoli, à asseoir son autorité dans un pays dévasté par les conflits depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011. Fayez al-Sarraj reste notamment contesté par l’homme fort des autorités parallèles basées dans l’est du pays, le général Khalifa Haftar.

Le GNA avait annoncé le 12 mai le début de la bataille de Syrte, ville située sur les bords de la Méditerranée, à 450 km à l’est de Tripoli. Les premières semaines avaient été prometteuses, les forces avaient repris la majeure partie de cette cité conquise en juin 2015 par l’EI, qui cherchait à s’implanter en Libye pour étendre son influence en Afrique du Nord.

Mais les combats sont meurtriers : près de 700 morts et 3 000 blessés dans les rangs des forces progouvernementales, composées en partie de miliciens de la ville de Misrata. Le nombre de jihadistes tué n’est pas connu.
La bataille s’est enlisée semaine après semaine, entre autres en raison de la prudence adoptée par les forces pro-GNA pour éviter de nouvelles pertes et protéger les civils pris au piège dans la ville même si leur nombre est très difficile à estimer.

Les jihadistes étaient ces derniers mois acculés dans le petit quartier d’al-Giza al-Bahriya qu’ils ont farouchement défendu en faisant notamment exploser des véhicules piégés conduits par des kamikazes.
“Le retard de l’assaut final est dû (…) principalement au fait qu’il s’agit de combats de rues très violents et que Daech (acronyme arabe de l’EI) reste déterminé à défendre ses positions jusqu’aux derniers mètres carrés”, avait expliqué Reda Issa le mois dernier.

À la demande du GNA, les États-Unis avaient débuté en août une campagne de frappes aériennes : plus de 470 ont été effectuées au 1er décembre par des avions, des drones ou des hélicoptères, selon l’armée américaine.
La perte de Syrte ne signifie pas la fin de la présence de l’EI en Libye, estiment des experts.

“Conquérir Syrte et y établir une ’wilaya’ (“province” en arabe) a été un coup de propagande qui a attiré des combattants de toute l’Afrique du nord et du Sahel”, rappelle Mattia Toaldo, expert au groupe de réflexion European Council on Foreign Relations.

Des jihadistes auraient ainsi migré vers le sud du pays pour profiter de l’absence d’État et des rivalités politico-tribales et tenter d’asseoir une nouvelle base. Cette région est un passage rêvé pour les jihadistes étran-gers en Afrique du nord, ainsi
qu’un haut lieu de contrebande d’armes.

Pour Claudia Gazzini, analyste au centre de réflexion International Crisis Group (ICG), “on sait que des militants de l’EI sont restés à Benghazi (est) et que des jihadistes ayant quitté Syrte se sont établis dans le sud, comme à Sebha ou la zone dite ’triangle du Salvador’” où se rejoignent les frontières entre la Libye, l’Algérie et le Niger.

 

AFP

 

 

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