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Joinville Pomare louait des terrains appartenant au Pays

vendredi 21 avril 2017

joinville pomare émile vernaudon

(© Florent Collet)

Après avoir été condamnés en première instance à 18 mois de prison avec sursis pour détournement de fonds publics pour Émile Vernaudon, complicité de détournements de fonds publics pour Joinville Pomare, ainsi que la privation de trois ans de leurs droits civiques et civils et le remboursement de 15,9 millions de francs, les deux hommes étaient devant la cour d’appel, hier.

C’est la chambre territoriale des comptes qui avait mis la puce à l’oreille des enquêteurs en remarquant que deux conventions liaient la mairie de Mahina avec le fils de Joinville Pomare pour la location des terres Tehutumu et Temuti, dans la vallée de Orofara pour la construction d’un cimetière et d’un centre d’enfouissement technique.

À raison de loyers de plus d’un million de francs par mois, c’est ainsi 15,9 millions de francs qui ont été perçus par Pascal Pomare, le fils de Joinville Pomare. Ce dernier a toujours expliqué que son fils servait de prête-nom.

Noyé sous les dettes dues à des astreintes non payées, Joinville Pomare a utilisé ce moyen pour percevoir de l’argent, qui lui a servi à financer les études de ses enfants, mais également à payer une voiture et une pension à la maîtresse du maire de Mahina, Émile Vernaudon, qui avait été relaxée en première instance.

Sauf que pour la justice, la commune de Mahina n’aurait pas dû avoir à payer pour ces terres qu’un jugement de la cour d’appel avait confirmé être la propriété du Pays. Ce dernier les ayant d’ailleurs rétrocédées à la commune.

Mais l’insistance de Joinville Pomare, ainsi que le manque de place au cimetière et de solutions pour le traitement des déchets avaient poussé la commune à signer cette convention, préparée par le secrétaire général d’alors, Gilles Tefaatau, relaxé en première instance.

“À chaque fois qu’on avançait, Joinville bloquait. Si je n’avais pas fait cela, il n’y aurait pas eu de cimetière”, a répété à la barre l’ancien tavana de Mahina, qui a une nouvelle fois pointé du doigt les instances du Pays et de l’État qui n’avaient rien trouvé à redire à l’époque.

De son côté, Joinville Pomare a persisté à dire que cette terre royale lui appartenait bel et bien. “Pour Miri aussi, on disait qu’il n’y avait pas de problème, que la SCI Delano était bien propriétaire. On disait que Joinville Pomare était un rigolo et qu’il n’aurait rien. Les gens ont fait confiance et aujourd’hui, ils ne peuvent plus construire”, a souligné Me Lau, avant, lui aussi, de s’attaquer aux services de l’État qui “le savaient parfaitement car rien ne se faisait sans être soumis à sa tutelle”.

Quant à l’avocat général, il a requis les mêmes peines qu’en première instance contre Émile Vernaudon et Joinville Pomare “qui se sont moqués de la régularité juridique” de leurs actes et qui, par leurs “personnalités, ont annihilé toutes les volontés contraires”.

Il a en revanche demandé que la maîtresse d’Émile Vernaudon et Gilles Tefaatau soient aussi condamnés. L’arrêt sera rendu le 7 septembre.

 

Compte rendu d’audience F.C.

 

 

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