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Joinville Pomare reproche à l’État de ne pas avoir tenu ses engagements

jeudi 7 septembre 2017

Joinville Pomare

Joinville Pomare, accompagné d’Émile Vernaudon et Teiva Manutahi, a annoncé hier matin,
via le collectif du 9 septembre 1842, qu’il allait remettre un mémo sur les 175 ans de colonisation par l’État français au président du Pays et au haut-commissaire pour que celui-ci le transmette
au président de la République, Emmanuel Macron. (© Photo : Jennifer Rofes)


Joinville Pomare et le collectif du 9 septembre 1842 ont tenu une conférence de presse, hier matin, pour annoncer la remise d’un mémo portant sur 175 ans de colonisation par l’État français. Ce mémo, qui se veut être un bilan de la présence française en Polynésie, sera remis demain au haut-commissaire de la République et au président du Pays.

Joinville Pomare a d’ores et déjà annoncé qu’il demanderait à être reçu par les deux hommes d’ici quelques semaines. Cette entrevue portera sur le rappel des devoirs de l’État français vis-à-vis du peuple polynésien. “Dans les traités signés en 1842 par la reine Pomare IV et dans celui de 1880 signé par le roi Pomare V, les souverains demandaient à ce que la propriété foncière soit jugée par des autochtones.

Ce n’était donc pas à la France de s’en occuper, ni même au code civil. Pourtant, 175 ans après, nous sommes confrontés à une justice qui n’est pas la nôtre, que nous disons coloniale, qui a dépossédé notre peuple de ses terres”, assène Joinville Pomare, qui dénonce l’attitude de l’Hexagone pour n’avoir pas respecté les traités, les lois et les coutumes. Celui-ci n’a jamais cherché, selon lui, à mettre en place un tribunal foncier indigène comme cela était pourtant stipulé dans les traités.

 

Les propriétés polynésiennes spoliées

 

Le collectif du 9 septembre 1842 reproche à la France d’avoir pris possession de la Polynésie sans avoir respecté ses engagements.“La France avait garanti le bonheur et la prospérité à notre peuple”, rappelle Joinville Pomare qui constate, 175 ans après, que le peuple n’est pas dans l’économie du pays. “Aujourd’hui, un tiers de notre population est pauvre ou vit sous le seuil de pauvreté avec 43 000 F par mois ou moins. Aujourd’hui, nous sommes devenus de pauvres hères. Celui à qui appartenaient le pays et la terre est devenu un SDF chez lui.”

Pour Joinville Pomare et le collectif, la majorité des propriétés polynésiennes ont été spoliées pour devenir propriétés des allochtones. “Aujourd’hui, le propriétaire foncier ma’ohi est parqué dans des logements sociaux, il vit comme un étranger chez lui. Ceux qui ont été élus à l’assemblée de la Polynésie française et à la tête du Pays ne font rien pour régler ces problèmes.”

Le collectif reproche également à l’État français de ne pas avoir formé de scientifiques, chercheurs et docteurs polynésiens, alors que celui-ci verse, selon leurs chiffres, 66 milliards de francs par an pour l’éducation. “Nous n’avons pas un seul scientifique ma’ohi, c’est grave. Notre jeunesse est en déroute, il n’y a pas de travail. Aujourd’hui, on en vient à se demander si ce pays nous appartient vraiment et si demain, nos enfants seront encore chez eux”, interroge Joinville Pomare.

 

Dénonciation du référendum de 1957

 

Quant aux essais nucléaires réalisés à Moruroa, le porte-parole du collectif revient sur l’histoire du référendum organisé par le général De Gaulle en 1957, qui a permis à celui-ci, selon lui, d’éliminer d’un coup de gomme les traités signés par ses pairs et rendre malade la population. Un avis que partage Teiva Manutahi, qui souligne qu’il y a 40 ans, les maladies radio-induites n’étaient pas reconnues.

“Il aura fallu attendre Sarkozy pour qu’il y ait une reconnaissance”, dira-t-il. Aux yeux du collectif, l’État est coupable de l’état de santé de la population polynésienne, tout comme l’ancien président du Pays, Gaston Flosse, qu’il qualifie de “De Gaulle tahitien” en ajoutant que celui-ci leur aura laissé un hôpital (le Taaone) qui ne serait aujourd’hui qu’un mouroir.

Le collectif souhaite donc, à travers son travail de mémoire, pouvoir renouveler les relations entre le peuple ma’ohi, l’État et le gouvernement de la Polynésie française afin que le Polynésien retrouve ses fondements et sa dignité.

 

J.R.

 

 

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