Journée Défense, cadets ou service national: comment renforcer le lien armée-nation

    mardi 12 janvier 2016

    François Hollande suggère d’allonger la Journée Défense et Citoyenneté. D’autres penchent pour un mouvement de cadets, sur le modèle canadien, voire le rétablissement du service national. Depuis les attentats de 2015, nombre de pistes sont étudiées pour renforcer le lien entre jeunes, nation et armée.

    LA JOURNÉE DÉFENSE ET CITOYENNETÉ (JDC), SUBSTITUT A LA CONSCRIPTION

    Cette journée a été instaurée en 1997, lors de la professionnalisation des armées, pour préserver un contact entre l’armée et la nation après la suppression de la conscription.

    « Le premier enjeu c’est de donner l’occasion pour toute une classe d’âge de rencontrer l’armée professionnelle, d’expliquer la politique de défense (…) de faire prendre conscience que malheureusement notre pays peut être confronté à des risques et menaces », résume le directeur du service national au ministère de la Défense, François Le Puloc’h.

    Obligatoire pour tous les jeunes de 18 ans, cette journée comprend une initiation aux enjeux de défense, présentée par des militaires, et des tests de français pour détecter les jeunes en situation de décrochage.

    S’y ajoutent, depuis le début 2016, une sensibilisation à la sécurité routière et des informations sur les possibilités d’entrée dans la vie active.

    « Nous offrons aussi un vivier potentiel de recrutement pour les armées et la gendarmerie » en présentant aux jeunes les perspectives d’emploi dans ces secteurs, relève M. Le Puloc’h.

    En 2015, plus de 795.000 jeunes ont suivi cette journée. Ils reçoivent un certificat de participation, indispensable pour pouvoir ensuite passer des examens, le permis de conduire ou entrer à l’université.

    COMMENT AMÉLIORER LA JDC

    La « JDC » est toutefois régulièrement critiquée, ses détracteurs, comme la député Marianne Dubois (Les Républicains) coauteur d’un rapport en décembre sur le service national universel, la jugeant trop « fourre-tout » et insuffisante pour créer un « sentiment d’appartenance à la communauté nationale ».

    Le chef de l’État a donc demandé lundi au gouvernement « d’améliorer le contenu de ce rendez-vous et d’étudier s’il peut allers vers une durée plus longue, pour l’enrichir, jusqu’à une semaine ».

    Une telle extension risque toutefois de se heurter à deux problèmes pratiques: son coût – une seule journée défense et citoyenneté coûtant déjà plus de 110 millions d’euros par an – et l’hébergement des jeunes, nombre de casernes ayant fermé leurs portes ou ayant été reconverties depuis la professionnalisation.

    « Cinq jours c’est très lourd au niveau de la logistique, cela coûterait beaucoup plus », affirme le socialiste Joaquim Pueyo, coauteur du rapport sur le service national.

    LES CADETS, VECTEUR DU « PATRIOTISME »?

    Pour préserver le lien citoyen avec la jeunesse, M. Pueyo et Mme Dubois proposent de renforcer le « parcours de citoyenneté à l’école » (visites d’installations militaires, participation à des commémorations…) et de créer un programme de cadets de la défense, offrant à des jeunes de 12 à 18 ans une découverte en immersion de l’armée.

    Ils pourraient ainsi suivre des parcours d’orientation, découvrir le parachutisme ou le pilotage à l’occasion de plusieurs demi-journées par mois et de camps d’été de deux ou trois semaines, selon l’exemple canadien.

    Un tel programme permettrait de « renforcer ou d’insuffler un attachement à son pays, à une période où les jeunes se cherchent », estime M. Pueyo.   

    Pour le financer, les deux parlementaires suggèrent ni plus ni moins de supprimer la Journée Défense et Citoyenneté. « Pour qu’il touche une part significative de la jeunesse française, il doit avoir pour ambition d’atteindre au moins 100.000 volontaires par an », notent-ils.

    RÉTABLIR LE SERVICE NATIONAL?

    Cette idée trouve un nouvel écho depuis les attentats, comme gage de la cohésion nationale et de la mixité sociale. « On a oublié que le service national c’était un creuset où tous les jeunes, quelles que soient les origines, religieuses, politiques, sociales, des familles, se retrouvaient tous ensemble », lançait ainsi en novembre Xavier Bertrand (Les Républicains) en proposant un service de trois à six mois obligatoire pour tous.

    L’exécutif comme la hiérarchie militaire n’y sont toutefois pas du tout favorables: l’incorporation annuelle de 800.000 jeunes serait extrêmement coûteuse en temps et en hommes pour l’armée et inadaptée face à ses besoins du 21e siècle, notamment la lutte contre le terrorisme.

    Agence France-Presse

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