Journée internationale des droits des femmes

    mercredi 8 mars 2017

    Crista Maraeauria, 49 ans

    (© Anne-Charlotte Bouleau)

    Aujourd’hui, c’est la Journée internationale des droits des femmes, plus communément appelée Journée mondiale de la femme. Le 8 mars est officiellement mis à l’honneur depuis 1975 par l’Organisation des Nations unies (ONU). Revendications et célébrations animeront cette 42e édition dans de nombreux pays.

    Au fenua, plusieurs événements, entre sport et culture, mais aussi sensibilisation et prévention, sont organisés chaque année. Pour l’occasion, nous avons souhaité vous faire partager le quotidien des policières municipales de Taiarapu-Est. Au sein de l’équipe, elles sont cinq femmes, pour huit hommes. Entre deux missions, trois d’entre elles ont accepté de répondre à nos questions, pour évoquer leurs motivations et leurs espoirs dans un monde pas toujours rose… Interviews.

     

     

    Heiata Maihota, 50 ans : “Les qualités essentielles, ce sont la patience, l’humilité et le sourire”

    Heiata Maihota

    (© Anne-Charlotte Bouleau)


    Commune de résidence : Pueu
    Années de service : 12 ans

    Quel a été votre parcours professionnel ?

    Je suis au service de la commune depuis 27 ans. J’ai commencé en tant que secrétaire d’état civil à la mairie de Pueu, pendant 15 ans. J’ai voulu changer d’activité professionnelle à l’occasion d’un concours interne, en 2005. C’est un collègue de travail qui m’a encouragée à m’orienter vers la police municipale.

     

    Quelles sont vos missions au quotidien ?

    Je m’occupe de la régulation de la circulation, du secrétariat et des services de proximité. Au bureau des passeports et des cartes d’identité, on ne manque pas de travail !

    Pour les passeports, on reçoit des administrés de Paea, Papara, Teva i Uta, Taiarapu-Est et Ouest, Hitia’a o te Ra et Mahina. Pour les cartes d’identité, jusqu’à maintenant, on ne s’occupait que de Taiarapu-Est, mais à la fin du mois, ce sera étendu aux mêmes communes que pour les passeports.

     

    Qu’est-ce qui vous rend le plus fière dans votre métier ?

    J’aime rendre service à la population. J’apprends et je m’améliore tous les jours. Pour moi, les qualités essentielles, ce sont la patience, l’humilité et le sourire.

     

    Pouvez-vous nous raconter une intervention qui vous a marquée ?

    Lors d’une régulation de la circulation, un conducteur a failli me renverser. Heureusement, il était accompagné de son épouse et c’est elle qui a réagi juste à temps.

     

    Si vous aviez une baguette magique, qu’est-ce que vous changeriez pour les femmes ?

    J’aimerais qu’elles soient toutes entourées d’amour et encouragées dans leur réussite, pour leur permettre de donner le meilleur d’elles-mêmes. Et aussi qu’on soit plus à leur écoute.

     

    Quelle femme admirez-vous le plus ?

    Ma mère, bien sûr. Nous avons été élevés dans la pauvreté et elle faisait tout pour qu’on ne se rende pas compte de nos difficultés financières, pour rendre notre vie meilleure.

     

     

    Crista Maraeauria, 49 ans : “Ce qui me plaît le plus, c’est le contact avec les gens”

    Crista Maraeauria

    (© Anne-Charlotte Bouleau)


    Commune de résidence : Taravao
    Années de service : 9 ans

     

    Quel a été votre parcours professionnel ?

    Après vingt ans de service à l’école maternelle, j’avais envie de changer de métier et d’évoluer. C’est une cousine qui m’a encouragée. J’ai obtenu mon poste deux ans plus tard. Ce qui me plaît le plus, c’est le contact avec les gens. Aujourd’hui, je suis chef d’équipe, mais, pour moi, nous sommes tous pareils !

     

    Quelles sont vos missions au quotidien ? 

    Le matin et l’après-midi, je m’occupe de la circulation. Avec mes collègues, on fait de la surveillance. On s’occupe aussi des nuisances sonores, des constats et de tous types d’interventions. Je préfère être sur le terrain qu’au bureau ! Le bureau, j’y passe uniquement pour les rapports.

     

    Qu’est-ce qui vous rend le plus fière dans votre métier ? 

    Je suis fière de mon parcours, car ça a été un vrai changement, mais toujours au service de la population.

     

     

    Pouvez-vous nous raconter une intervention qui vous a marquée ? 

    En général, le plus dur, ce sont les interventions sur les suicides, car on est obligé de tout garder pour nous. On ne peut en parler qu’en interne, alors que parfois, on a des images qui nous reviennent la nuit, sans pouvoir en parler avec notre famille.

     

    Si vous aviez une baguette magique, qu’est-ce que vous changeriez pour les femmes ? 

    Je ferais en sorte que toutes les familles soient en paix. Je pense aux violences conjugales, car il y en a de plus en plus. On reçoit des appels à ce sujet pratiquement tous les jours. Souvent, ce sont des couples qui sont confrontés à des difficultés, comme l’absence de travail ou la consommation d’alcool.

     

    Quelle femme admirez-vous le plus ?

    Je n’ai pas de nom qui me vient à l’esprit, mais je pense aux femmes d’action, belles et dynamiques, comme dans les films américains !

     

     

    Julie Teraimana, 49 ans : “Je me suis dit que j’étais capable de le faire, alors je me suis lancée !”

    Julie Teraimana

    © Anne-Charlotte Bouleau


    Commune de résidence : Faaone
    Années de service : 10 ans

     

    Quel a été votre parcours professionnel ?

    C’est un métier qui m’intéressait, surtout pour le contact avec la population. Cela fera bientôt 28 ans que je travaille pour la commune. Au départ, j’étais dans un autre service, dans l’entretien. Je me suis dit que j’étais capable de le faire, alors je me suis lancée !

     

    Quelles sont vos missions au quotidien ?

    J’accueille les administrés et je les oriente selon leurs besoins. Je reçois les appels téléphoniques, les courriers, les rapports. Avant, j’étais dans une équipe d’intervention, sur le terrain, et récemment, j’ai demandé à changer. Je me sens plus à l’aise dans la gestion et le secrétariat.

     

    Qu’est-ce qui vous rend le plus fière dans votre métier ? 

    On peut dire que je suis fière de mon parcours et du métier que j’exerce aujourd’hui, pour garantir la tranquillité de la population.

     

    Pouvez-vous nous raconter une intervention qui vous a marquée ?

    Ça s’est passé un soir, lors de ma première intervention. C’était un suicide et il était trop tard quand nous sommes arrivés sur les lieux. On a essayé de réanimer le jeune, mais on n’a pas pu. Ça m’a vraiment marquée…

     

    Si vous aviez une baguette magique, qu’est-ce que vous changeriez pour les femmes ?

    Je mettrais un terme à la violence. On intervient souvent dans des conflits conjugaux, où les femmes sont les premières victimes. Vis-à-vis des enfants, aussi, c’est terrible.

     

    Quelle femme admirez-vous le plus ?

    Ma mère, sans hésitation. Elle a élevé dix enfants, toute seule, jusqu’au dernier.

     

     

    Propos recueillis par A.-C.B.

     

     

     

      Edition abonnés
      Le vote

      Seriez-vous prêt à accepter de travailler avec une patente si un employeur vous indiquait qu'il ne peut pas vous salarier ?

      Loading ... Loading ...
      www.my-meteo.fr
      Météo Tahiti Papeete