Journée mondiale de la tuberculose – Cinquante à 60 nouveaux cas par an à Tahiti

    jeudi 24 mars 2016

    C’est aujourd’hui la Journée mondiale de la tuberculose. Une maladie ancienne qui persiste au fenua puisque, tous les ans, ce sont 50 à 60 nouveaux cas qui sont déclarés. Parmi ces malades, trois meurent chaque année. Pourtant, diagnostiquée à temps et traitée, cette maladie se soigne très bien, selon le responsable du bureau de veille sanitaire, Henri-Pierre Mallet.
    Pour mieux informer la population et l’inciter à se faire dépister, la direction de la santé lance une campagne de prévention dès la semaine prochaine, dans la zone urbaine de Tahiti car selon le spécialiste, la maladie se transmet le plus souvent dans les lieux où la promiscuité est la plus importante donc dans toute la zone urbaine. Cette campagne démarrera par la commune de Mahina, par les quartiers du bas du Tahara’a, puis l’équipe médicale se rendra à Arue, Pirae, Papeete, Faa’a, etc.
    Les médecins ont demandé aux familles de faire dépister les enfants de moins de 15 ans en priorité. Chaque année, grâce à ces campagnes de dépistage, environ 200 personnes infectées sont diagnostiquées.
    Un traitement préventif leur est prescrit. Cela leur permet de ne pas développer la maladie et de ne pas infecter les autres.
    Pour en savoir un peu plus sur la tuberculose, Henri-Pierre Mallet a accepté de répondre à quelques-unes de nos questions.

    La tuberculose est-elle une maladie grave ?
    Oui et non. Ce n’est pas forcément une maladie grave parce que c’est une maladie bactérienne qui se soigne très bien grâce aux antibiotiques. Donc, si la personne est diagnostiquée rapidement et traitée comme il faut, ce n’est pas une maladie grave.
    Le problème, c’est qu’il ne faut pas qu’elle soit diagnostiquée trop tard, car elle peut provoquer des lésions importantes dans les poumons où même une fois traitée, elle laisse des cicatrices et donc des séquelles au niveau respiratoire.
    On la dépiste par la cuti-réaction à la tuberculine. On injecte un petit peu de réactif sous la peau. Si la peau fait une bulle, cela veut dire qu’il y a des anticorps et donc qu’on a été infecté par la tuberculose. Cela ne permet pas de nous dire si l’infection est ancienne ou si l’infection va se transformer en maladie, mais c’est déjà un premier indice. Ensuite, le deuxième examen, c’est la radio des poumons pour s’assurer qu’il n’y a pas de tuberculose installée. Une personne infectée à une chance sur dix de faire une tuberculose. Pour limiter les risques, on peut proposer un traitement préventif qui est aussi à base d’antibiotique, mais celui-ci durera trois mois.

    Comment peut-on la reconnaître ?
    Les signes suspects sont une fièvre faible qui apparaît le soir et qui persiste, une toux qui dure plus de trois semaines, une fatigue généralisée et un amaigrissement.

    Quels sont les risques d’une tuberculose non-traitée ?
    Cette maladie se développe d’abord dans le poumon. Elle va faire des trous dans les poumons qui vont provoquer des difficultés respiratoires. Cela peut aussi toucher les bronches et les vaisseaux des poumons, la personne va alors cracher du sang. Cela peut atteindre d’autres organes. Il y a ce qu’on appelle la tuberculose osseuse. Au départ, c’est une tuberculose qu’on ne diagnostique pas ou qu’on ne traite pas, et qui passe du poumon à l’os. On découvre parfois des tuberculoses chez des gens qui ont des fractures des vertèbres spontanées. La personne se plaint du dos, elle peut avoir un début de sciatique et, à la radiographie, on observe des vertèbres cassées alors que la personne n’est jamais tombée.

    Des personnes, pourtant, décèdent de la tuberculose en Polynésie…
    Oui, mais personne n’en meurt du jour au lendemain. Il y a trois malades par an qui décèdent des suites de la maladie, mais parce qu’ils n’ont pas été diagnostiqués à temps ou pas pris en charge. Le cas le plus flagrant, c’est celui de cet enfant de 10 ans, décédé en 2010. Il avait été diagnostiqué, mais pas traité. La famille a laissé traîner, traîner jusqu’à ce qu’il faille le conduire à l’hôpital dans un état lamentable et, malheureusement, il n’a pas survécu. Il était trop fatigué.

    Après le traitement de la maladie, la personne est-elle guérie ?
    Oui, le traitement aux antibiotiques est très efficace. Par contre, il est contraignant parce qu’il dure six mois. Mais au bout de six mois, le patient est guéri et, dès trois semaines, il n’est plus contagieux.

    Et une fois guéri, est-on totalement immunisé contre la maladie ?
    Malheureusement, non. Si la personne est une fois de plus en contact avec un malade, elle peut être contaminée à nouveau.

    Jen.R

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