Journée mondiale sans tabac – “Les gens consomment toujours pareil”

    mercredi 1 juin 2016

    “Ce matin, les gens sont venus com­me d’habitude. Que ce soit la journée avec ou sans tabac, les gens consomment toujours pareil”, raconte Éliane, qui tient le bureau de tabac face à la poste de Papeete.
    Si le prix des paquets de cigarettes augmente chaque année régulièrement, cela ne semble pas pour autant décourager les consommateurs de tabac.

    “On vend cependant plus de tabac à rouler qu’avant”, remarque la buraliste du centre Vaima.
    La cigarette électronique, qui a fait son apparition sur le territoire il y a quatre ans, elle non plus n’a pas réussi à supplanter le tabac.
    “Les clients ont essayé d’aller sur la cigarette électronique, mais ce n’est pas pour autant que nos chiffres concernant la consommation de vrai tabac ont diminué. Ils disent que la cigarette électronique n’a pas le même effet que la cigarette normale”, argumente un autre buraliste de la place.

    Du coup, on se retrouve maintenant avec des fumeurs qui jonglent entre leurs vraies cigarettes et leurs cigarettes électroniques, sans pour autant diminuer leur consommation de “cigarettes normales.”
    La cigarette électronique, loin d’être une solution, serait une addiction supplémentaire, selon la direction de la santé, qui explique qu’“en optant pour la cigarette électronique, on diminue les risques, car il n’y a pas de goudron ni de carbone, mais on reste un fumeur”.

    En 2010, la direction de la santé avait estimé la prévalence du tabagisme à 41 % de la population de 15 ans et plus.
    Le nombre de fumeurs ne réduit pas alors que tout le monde sait que c’est le premier facteur de risque du cancer, causant en moyenne 194 décès par an.
    “L’importation du tabac ne diminue pas. Cependant, il est vrai qu’elle stagne depuis quelques années. On est à 1,3 kilo de tabac par habitant de plus de 15 ans, ce qui, rapporté à la population de fumeurs, correspond à une consommation moyenne de 8 à 9 cigarettes par jour et par personne”, explique Marie- Françoise Brugiroux, chef de service au centre de consultations spécialisées en alcoologie et toxicomanie.

    Il y a quelques années, le gouvernement a imposé aux grandes marques de tabac de traduire en langue tahitienne, les messages de prévention inscrits sur les paquets.
    Seules certaines grandes marques ont joué le jeu, et cela a eu pour effet de réduire le choix du consommateur.
    “Sur le territoire, on est passé d’une centaine de marques différentes à proposer au public à moins d’une cinquantaine aujourd’hui ; du coup, les marques jouent sur la taille du paquet, la couleur du conditionnement…”
    Mais cela n’a pas joué sur la consommation des fumeurs.

    Il semblerait que seules les lois interdisant la consommation de la cigarette dans les lieux publics aient eu un impact sur la population.
    “Forcément, j’ai diminué ma consommation. Avant, je fumais en travaillant, maintenant, c’est devenu impossible. Du coup, je ne prends pas le temps de sortir de mon bureau pour fumer. Pareil, le soir au restaurant, je n’ai pas envie de quitter mes amis pour fumer toute seule dehors. Du coup, je fume moins”, explique une fumeuse dans la rue.
    L’époque où l’on fumait sa blonde dans les discothèques de la place nous paraît aujourd’hui bien loin, et pourtant, c’était il y a seulement six ans. Comme quoi, les habitudes se perdent vite.

    É.P.

    Lire aussi nos témoignages dans La Dépêche de Tahiti

    La direction de la santé ne baisse pas les bras

    Durant cette Journée mondiale sans tabac, la direction de la santé a décidé de mettre les moyens pour sensibiliser les gens sur le sujet. D’ailleurs, au lieu d’une seule journée, elle a tablé sur une semaine entière sans tabac. À cette occasion, le centre de consultations spécialisées en alcoologie et en toxicomanie, situé à Papeete, offre des consultations gratuites, sans rendez-vous, à tous les fumeurs qui souhaitent arrêter ou diminuer la cigarette, jusqu’à vendredi. “L’idée, c’est de faire réfléchir les gens sur le sujet et de les inciter à diminuer voir arrêter leur consommation.”
    Des substituts, patchs et chewing-gums sont distribués gratuitement à tous ceux qui désirent s’engager dans une démarche anti-tabac.

    Pour toucher un maximum de personnes, d’autres opérations de sensibilisation sont également menées à la mairie de Pirae, à Papeno’o, à la maternité du CHPF et dans les îles.
    Innovation cette année : la direction de la santé a décidé de baser sa campagne de communication sur “les motivations pour arrêter de fumer”. “On part du principe qu’aujourd’hui, tout le monde sait que fumer c’est dangereux pour la santé, donc, on préfère les aider à voir les avantages de ne plus fumer”, raconte Marie- Françoise Brugiroux.

    Des économies d’argent, une meilleure haleine, un teint plus beau, une meilleure forme physique… Voilà les thèmes évoqués par les cinq spots télévisuels réalisés par la direction de la santé, et diffusés sur YouTube, Facebook et bientôt sur TNTV. Selon l’institution, les fumeurs seraient aujourd’hui plus de 60 % à exprimer le souhait d’arrêter de fumer et d’être aidés dans cette démarche.

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