Jugée pour avoir incendié sa maison… son mari à l’intérieur

mercredi 12 août 2015

Son allure frêle tranche avec la gravité des faits pour lesquels elle est jugée. Cette femme de 52 ans, qui en paraît dix de plus, comparaît pour avoir volontairement mis le feu à son fare, un jour de novembre 2009. Une maison à l’intérieur de laquelle se trouvait son époux.
Tous deux venaient de se livrer à une énième dispute. La quinquagénaire reprochait à son conjoint d’être violent, mais surtout volage.
Elle lui avait donc intimé l’ordre de quitter la maison avant de menacer d’y mettre le feu. L’époux ne régissant pas, la prévenue avait saisi un bidon d’essence et répandu le liquide inflammable dans le salon, aspergeant au passage le père de ses enfants. Le feu était parti sans que l’on sache exactement comment.
Bien que blessée par les flammes, l’épouse était parvenue à s’extraire de l’habitation et s’était assise sur un banc. Son mari, lui, se trouvait toujours à l’intérieur.
L’homme s’en est finalement tiré, mais au prix d’importantes séquelles en raison de graves brûlures. Il s’était d’ailleurs vu délivrer pas moins de 142 jours d’interruption temporaire de travail (ITT).  
Au vu des faits, le procureur s’est étonné, hier, que le dossier n’ait pas abouti devant les jurés de la cour d’assises et que la prévenue n’ait jamais effectué un seul jour de prison.
Dans ses réquisitions, le magistrat a dénoncé la “froideur” de la quinquagénaire et son “absence de regrets”. Une attitude donnant “l’impression qu’il ne s’est rien passé”.

Obligation de soins psychiatriques
Pour l’avocat de celle-ci, sa cliente n’avait pourtant pas prémédité son geste.
“Elle n’avait à aucun moment l’intention de le blesser. Je considère que le caractère volontaire n’est pas caractérisé”, a-t-il plaidé.
Le tribunal l’a finalement condamnée à cinq années de prison, peine entièrement assortie du sursis. Il a également prononcé une obligation de soins psychiatriques.
“Le tribunal considère qu’il n’est pas habituel de mettre le feu aussi bien à sa maison qu’à son conjoint”, a lancé pour conclure la présidente.
La victime n’était, quant à elle, pas présente pour entendre le jugement. L’homme est en effet décédé en juillet 2013 dans des circonstances totalement étrangères au dossier évoqué hier. 

J-B.C.

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