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Julien Clerc est à Tahiti pour un concert unique vendredi

mardi 5 septembre 2017

julien clerc

“Nous étions des rêveurs”, se souvient Julien Clerc, quand il parle de ses débuts, à la fin des années 1960. (© Christophe Cozette)


Après Johnny Hallyday en juin 2016, To’ata s’apprête à accueillir un monument de la chanson française, Julien Clerc, qui ne s’est jamais produit au fenua, ni en Nouvelle-Calédonie d’ailleurs, où il vient de donner le premier concert de sa tournée du Pacifique, le week-end dernier. Julien Clerc, c’est, entre autres, des chansons comme Ce n’est rien, Si on chantait, This Melody, Ma préférence – sa préférée –, Femmes, je vous aime, Cœur de rocker, La fille aux bas nylon ou encore Mélissa. Vendredi soir, à To’ata, à Papeete, avec simplement deux claviers en guise d’instruments, le chanteur à la voix si unique interprétera 25 chansons, toutes issues de ses 50 ans de carrière.

En 50 ans de carrière, vous n’êtes jamais venu chanter en Polynésie, ni même pour du tourisme ?

Non, jamais. Je ne suis pas un très bon touriste. Dans ma vie, j’ai beaucoup voyagé pour mon métier. J’ai commencé très jeune, j’ai eu la chance de pas mal voyager. Sinon, j’ai voyagé dans ma tête, dans les livres et dans les films.

 

Vous faites un concert à deux pianos. Mais est-ce que Lili va pouvoir danser le rock and roll ?

Très bonne question. Elle (Lili voulait aller danser, NDLR) n’est normalement pas dans le tour de chant mais on l’a jouée finalement en Calédonie, avec juste piano et voix, ce qui est sympa. C’est rigolo aussi de la faire comme ça.

 

Hormis Lili, verra-t-on Mélissa ?

Oui, oui, tout y est ou presque dans ce tour de chant. Il y a un choix laissé au public au milieu du spectacle. À l’entrée, je propose aux spectateurs huit chansons, parmi lesquelles ils doivent en choisir quatre.

 

Quel est le secret de votre longévité artistique mais aussi physique ? Vous avez 70 ans dans un mois précisément. (Julien Clerc est né le 4 octobre 1947, NDLR)

Physiquement, j’ai toujours eu l’air plus jeune, à 20 ans, j’en faisais 15 ou 16. Et c’est un métier qui conserve. J’étais un garçon comme les autres, qui ne savait pas quoi faire de sa vie.

Je passais pour quelqu’un de paresseux dans ma famille, qui n’avait pas une famille d’artistes. Ma vie a basculé quand je me suis rendu compte que j’étais capable d’écrire de la musique. Mais j’ai mis du temps à me décider.

La voix m’a été donnée par mère Nature, mais je me doutais que ce n’était pas que ça. La solution était d’écrire des musiques et j’ai eu la chance, jusqu’à aujourd’hui, d’être créatif.

 

Vous êtes aussi très discret, pas people…

Je l’ai été un peu. J’ai donné ce que je pouvais donner sur ce plan-là. J’ai essayé de jouer le jeu mais au bout d’un moment, cela peut m’agresser. Ce qui a compté dans ma vie, c’est d’écrire des chansons et d’essayer de bien les chanter. Le plus important dans notre métier, c’est avant tout les chansons.

 

Qu’est-ce qui vous inspire ?

Je suis musicien avant tout, je n’écris pas mes textes. J’ai eu la chance de rencontrer tout au long de ma vie des auteurs merveilleux, même si aujourd’hui, ils sont d’une génération différente.

J’ai une voix absolument pas calculée, mais qui a un son particulier, ce qu’il faut dans nos métiers pour être immédiatement reconnaissable. Mais après, je l’ai travaillée, notamment pour la conserver.

 

Votre carrière décolle à la fin des années 1960, avec la comédie musicale Hair. Êtes-vous nostalgique de cette période ?

Non, rien ne me rend nostalgique. Je suis très heureux d’avoir vécu ce que j’ai vécu. Je suis arrivé à une époque où on enregistrait les disques comme Édith Piaf ou Yves Montand le faisaient et j’ai vu la technique évoluer.

J’ai eu la chance de voir le monde de notre métier changer. Mais cette période, la fin des années 1960 et le début des années 1970, était une période révolutionnaire pour la musique, comme chez les Anglo-saxons.

On présentait un monde futur plus beau. C’était plus gai qu’aujourd’hui, c’était une période euphorique que l’on a traversée comme des météores. Cela nous a donné une grande sûreté même si on s’est fait plus avoir sur nos contrats que les chanteurs d’aujourd’hui. Nous étions des rêveurs.

 

Quel est votre regard sur la scène d’aujourd’hui ?

Dans la francophonie, il y a encore des gens qui écrivent bien français et qui font de bonnes chansons. Il est plus difficile maintenant, par contre, de débuter une carrière. Les maisons de disques prenaient plus de risques qu’aujourd’hui.

 

Avec votre expérience, vous devez avoir l’œil…

Surtout sur les auteurs, je suis en permanence à la recherche d’auteurs, j’essaye de repérer les nouveaux et j’ai eu la chance de travailler avec certains d’entre eux.

 

Y a-t-il des concerts qui vous ont marqué ?

J’ai eu la chance de voir les idoles de ma mère comme Yves Montand mais aussi mes idoles que je peux voir encore aujourd’hui comme Paul McCartney, Bob Dylan ou Charles Aznavour. Dans les concerts plus récents, celui de Calogero, avec qui je collabore sur mon prochain album qui sort bientôt, est un des concerts les plus remarquables auxquels j’ai pu assister.

 

Et aujourd’hui, qu’écoutez-vous ?

J’écoute moins de jazz, beaucoup de chansons françaises mais aussi les chansons que j’ai toujours écoutées. Je suis allé voir Iron Maiden avec mon fils récemment, j’ai pris du plaisir au concert.

 

Vous avez pris des risques dans votre carrière, dans les années 1980…

Cela dépend des auteurs. Ce sont eux qui m’ont aidé à faire de la musique. Je me suis mis au diapason. Quand je fais un rock and roll, ce n’est jamais véritablement un rock, pareil pour la biguine. Ce sont des musiques qui sont passées par mon tamis. Je fais des musiques avec des influences.

 

Sait-on quand on a un tube ?

Dans un album, sur douze chansons par exemple, on sait quelles sont les quatre ou cinq qui ont peut-être une chance de passer à la radio. Mais à quel niveau, on ne le sait pas mais on s’en doute un peu. Mais les chansons les plus faciles sont les plus dures à faire.

 

Vous êtes originaire des îles. La musique polynésienne vous parle-t-elle ?

J’aime ce rythme au ’ukulele. Un jour, je le piquerai, d’une manière ou d’une autre.

 

Avez-vous toujours le stress avant d’entrer sur scène, après 50 ans de carrière ?

Oui, toujours. Cela se traduit toujours un peu par les mêmes choses, je fais les cent pas dans la loge, avant. Cela ne m’a jamais quitté et c’est tant mieux car c’est ce qui fait que vous donnez une partie de vous-même, que vous ne donnez pas dans la vie. Quand on n’a pas vu un artiste sur scène, on n’a pas toute sa vérité.

 

La scène est-elle la partie préférée de votre métier ?

La composition et la scène.

 

Allez-vous interpréter des chansons de votre nouvel album ?

Une seule, Je t’aime etc., que nous avons écrite avec Calogero.

 

Vous n’êtes qu’interprète. Est-ce difficile d’écrire une chanson ?

Je ne sais pas, je n’ai pas le talent pour ça. J’ai essayé un peu, il y a longtemps. Je ne regrette pas. Je ne sais pas si ce n’est pas le fait de n’écrire que la musique qui m’a fait durer dans le métier. Travailler en interactivité avec des auteurs nouveaux à chaque fois, cela prolonge ma créativité.

 

Si vous deviez garder une seule de vos chansons, laquelle serait-ce ?

Je déteste faire des choix, mais je vais le faire pour vous faire plaisir. Je garderais sans doute la chanson où l’on dirait qu’il n’y a que lui qui peut faire ça… sans doute, Ma préférence. 

 

Propos recueillis par Christophe Cozette

 

• Pratique

La tournée des 50 ans de Julien Clerc, vendredi, à 19 h 30, à To’ata. Billets en vente sur www.ticket-pacific.pf à partir de 4 500 F.

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