Justice – Ambiance tendue au procès de la “chemise arrachée” d’Air France

    mercredi 28 septembre 2016

    chemise

    (Photo : DR)

     

    Applaudissements, protestations, prises de becs entre avocats : le procès de quinze salariés d’Air France, jugés pour l’épisode de la “chemise arrachée” du DRH, s’est ouvert hier dans une ambiance houleuse, obligeant le président à des rappels à l’ordre.

     

    L’audience au tribunal de Bobigny, qui s’étale sur deux jours, a débuté vers 9 heures dans une salle comble avec l’appel des quinze prévenus. Cinq sont poursuivis pour “violences en réunion” et dix pour “dégradations”. Les faits, qui avaient eu un retentissement international et terni un peu plus la réputation française en matière de dialogue social, s’étaient produits le 5 octobre dernier, en marge d’une manifestation contre un projet de restructuration d’Air France visant à supprimer 2 900 emplois pour redresser sa compétitivité.

    Après avoir forcé le portail d’accès au siège de la compagnie aérienne à Roissy, une centaine de manifestants avait envahi la salle où la direction était en train de présenter le plan en comité central d’entreprise. Le directeur des ressources humaines Xavier Broseta et celui de l’activité long courrier, Pierre Plissonnier, avaient été malmenés lors d’un mouvement de foule, de même que certains des vigiles assurant leur protection.

    Puis, alors qu’ils tentaient de fuir, leurs chemises avaient été arrachées par la foule hostile, massée à l’extérieur du bâtiment. Les images des deux cadres fuyant sous les huées, torse nu et chemises en lambeaux, ont fait le tour du monde. Certaines ont été visionnées lors de l’audience. Sur l’une, on y entend distinctement un salarié menacer Xavier Broseta : “Tu as des millions en poche, tu vas payer, tu fais moins le malin maintenant.

    Venus en force, les soutiens des prévenus ont applaudi Me Lilia Mhissen, particulièrement pugnace face aux six avocats des parties civiles. “Baveux”, persifle un salarié alors qu’un avocat d’Air France cuisine l’un de ses collègues à la barre. “Pas de manifestations, de protestations, sinon j’évacue la salle : on n’est pas au spectacle, ici !”, avertit le président de la 14e chambre.

    Après l’examen d’une demande de renvoi, finalement rejetée, les débats ont porté dans la matinée sur la destruction du portail d’accès au siège de la compagnie, qui était cadenassé le jour de la manifestation. Le fait que cette grille, ouverte en temps normal, ait été fermée ce jour-là a-t-il pu être ressenti comme une provocation par les manifestants qui avaient déboulé dans le siège en criant “On est chez nous” ?

    Pour Air France, il était normal qu’elle le soit puisque la manifestation était prévue sur la voie publique et non sur le parvis du siège. Un tract de l’intersyndicale en atteste. Problème : un autre tract, de FO et de la CGT, appelait, lui, à un rassemblement sur le parvis.

    À l’extérieur, quelque 300 personnes étaient rassemblées hier, principalement des militants CGT.   Cette dernière,  qui compte plusieurs membres parmi les prévenus, veut transformer cette journée en tribune pour “les libertés syndicales”.   

     

    AFP

     

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