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JUSTICE – Troisième jour du procès aux assises pour la rixe mortelle à Papara

jeudi 14 septembre 2017

assises

Les pièces à conviction du drame. Parmi elles, des barres de fer qui ont servi à frapper les victimes. (© Jennifer Rofès)

Douze personnes étaient à la barre. Hier, au tribunal de Papeete, s’est tenue la troisième journée en réunion sur l’affaire de la bagarre mortelle qui a eu lieu en juillet 2014 à Papara, entrainant la mort de Moearii, 22 ans.

Six hommes, âgés de 21 à 32 ans, sont accusés d’avoir porté les coups mortels au jeune homme venu récupérer avec son frère, l’enceinte portable de l’ex petite amie de ce dernier (lire notre édition du mardi 12 septembre).

Douze témoins, hommes et femmes, de cette bagarre mortelle se sont succédés à la barre hier, et ce, jusqu’à 16 heures. Plusieurs personnes parmi les témoins répondront prochainement, devant le tribunal correctionnel, de leurs actes durant la nuit du drame.

Car, ceux-ci ont porté  également des coups au frère de la victime, Enoha, qui a échappé de peu à la mort ce soir-là.

D’autres personnes dont deux jeunes femmes se sont vues félicité par les parties civiles ainsi que la présidente du jury, pour leur acte héroïque.

En effet elles ont tenté de protéger les deux frères, roués de coups. Parmi ces personnes courageuses, la grande sœur de trois des accusés s’est couchée sur Enoha, tentant de le protéger des coups de poings et de pieds qu’il recevait, alors qu’il était à terre. Gustave, maçon de métier, résident de Papara, oncle éloigné de certains des accusés, est venu protéger la tête d’Enoha, “qui avait appelé au secours”, répondra à la présidente du tribunal, “que sans son intervention, celui-ci serait mort, lui aussi.”

 

Douze témoins parmi lesquels quelques héros

 

Beaucoup de témoins appelés à la barre hier ont témoigné que la victime (Enoha) n’était pas totalement innocente dans l’affaire, certains l’ayant entendu dire au moment des faits, qu’il allait revenir avec un “gun” pour récupérer l’enceinte portable.

Une des cousines des accusés témoignera : “On (Papara) n’a pas cherché même si c’est triste pour la famille. Pour moi, Enoha, est un accusé, c’est lui qui a commencé”.

Pour un autre cousin, c’est la même réplique. “Ce n’est pas nous qui avons commencé, c’est les autres (Punaauia) mais tout le monde à souffert”.

Lorsque l’avocat général, José Thorel, lui demande si selon lui, “le responsable est celui qui a donné les coups de pied ou si c’est Dorothée (la propriétaire de l’enceinte volée NDLR)”.

Le cousin réplique : “C’est Dorothée. C’est elle qui a appelé la victime et son frère, Moearii et Enoha”.

Selon Dorothée, appelée à son tour à la barre : “Moearii était un mec bien. Il m’a toujours dit que je pouvais compter sur lui et la seule fois où je l’ai fait, il est parti”, a-t-elle témoigné, avant de s’effondrer en larmes.

Quant à la petite amie d’Enoha, elle ajoute : “J’aurais dû me suicider, comme cela les deux côtés (Papara, Punaauia, NDLR) auraient été contents, mais je ne l’ai pas fait, à cause de ma fille”. 

La jeune femme dit également être restée cloitrée un an chez elle, après le drame.

Pour la grande sœur de trois des accusés, cela ne fait pas de doute : “C’est l’intervention de Dorothée qui a provoqué la bagarre”. Ce drame cacherait-il des conflits entre les deux communes ? Malgré l’interrogatoire mené, les jurés n’en sauront pas plus à ce sujet.

Quoiqu’il en soit, le rôle de chacun de ces six hommes, tous accusés de violences collectives sur la personne de Moearii, provoquant involontairement sa mort, est dessiné, un peu plus hier, et ceux-ci encourent jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.

Si de nombreux témoins n’ont pas assisté directement au tabassage mortel de la victimes et n’ont pas vu ceux qui ont porté les coups fatals.

D’autres disent avoir clairement vu Raoul, ainsi qu’Amire (alias Victor), deux des six accusés, porter des coups de pieds à la tête de la victime, qui décèdera des suites de ses blessures, une heure après le drame.

Deux témoins ont vu Raoul donner des coups de pied sur la tête de la victime au sol, “comme dans un ballon de foot” et ce malgré l’intervention d’un secouriste.

L’un des derniers témoins appelé dira : “Quand il commence à boire, il devient bête”. “Il voulait tuer Moearii”,  renchérit-il.

Les débats se poursuivent ce matin faisant intervenir les expertises psychiatriques des accusés.

C.C.

 

 

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