Karelle Poppke, une îlienne “perdue” dans la ville

    jeudi 1 septembre 2016

    Karelle Poppke

    La motivation de Karelle Poppke en a pris un sacré coup lors de son périple surf en métropole. Elle s’en relèvera, c’est sûr et certain ! (Photo : DR)


    Circuit professionnel

     

     

    Quand on aime quelque chose, on ne compte pas ses efforts, mais son argent si. Karelle Poppke a pris de plein fouet son moment d’égarement lors de son périple en métropole après avoir consommé tout son pécule qui était destiné à faire deux épreuves du circuit mondial du Qualyfyng Series, l’anti-chambre du surf élite (le Championship Tour, NDLR), en France et en Espagne.

     

    La Tahitienne, qui déclarait récemment : “Mon rêve serait vraiment d’être la première Tahitienne sur le circuit professionnel”, s’est donné les moyens, cette année, d’y arriver avec un entraînement intensif poussé à l’extrême. Et les résultats sur le circuit du QS sont au rendez-vous. Une place de quart-de-finaliste à Pipeline et surtout une victoire au Japon la mettent alors dans une position confortable pour atteindre son objectif : Karelle intègre le top 100 mondial.

     

    Mais crac, patatras ! Ce que lui réserve la suite est moins florissante : “J’ai eu des problèmes financiers et de logement aussi. Je ne savais pas où aller.

    Et comme je n’avais pas payé mon billet Paris-Biarritz sur le net, j’ai dû prendre mon liquide pour le faire et je me suis retrouvée avec presque rien.” Conséquence, la Tahitienne se retrouve quasiment sans le sou et loupe, pour inscription trop tardive, son épreuve d’Anglet dans les Pyrénées-Atlantiques du 24 août.

     

    Et ne parlons pas de celle de Pantin en Espagne qui, de par sa cotation à 6 000 points, aurait pu lui donner un sérieux coup de fouet au classement afin de lui assurer les points essentiels à une éventuelle qualification parmi l’élite.

    Désabusée par ce qui vient de lui arriver, Karelle culpabilise quant au gâchis engendré par cette infortune : “Tout est à ma charge, enfin celle de mes parents. Là, c’est très dur pour eux. J’ai trop pitié, ils me font plaisir et eux ils souffrent.” Mais la situation dans laquelle se trouve Karelle est bien plus complexe qu’une simple erreur de jeunesse ou d’inexpérience.

     

    Et ce n’est aussi pas qu’une question d’argent -oui, on sait, c’est la crise !- Non, ce qu’il faut faire, sans attendre, c’est mettre en place des formations adaptées, comme celles qui se font déjà sur le “Caillou”, lesquelles permettraient aux jeunes du fenua voulant partir à l’étranger de mieux appréhender le fonctionnement, tellement complexe, des moyens de transport métropolitain par exemple -on reste des îliens quand même et ce qui est évident pour certains ne l’est pas forcément pour d’autres.

    À bon entendeur, l’idée est lancée !

     

    Et lorsqu’elle affirme de tout son cœur que “je peux percer dans ce sport”, on ne peut que l’aider qu’à s’épanouir ; elle n’a que 19 ans.
    Et surtout, plus jamais de “je ne sais pas si je vais continuer l’année prochaine. Ça revient très très cher”. Non ! Notre championne en herbe veut s’en sortir, ne la lui coupons pas sous les pieds.

    M.Tr.

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