Kauli Vaast retente sa chance

    jeudi 3 août 2017

     

    À Teahupo’o, un gros Teahupo’o, Kauli Vaast devrait pouvoir perturber ses adversaires aux pré-trials.  Et, s’il se qualifie, aux trials de  la Billabong Pro Tahiti, le jour même. (© Photo : DR)

    À Teahupo’o, un gros Teahupo’o, Kauli Vaast devrait pouvoir perturber ses adversaires aux pré-trials.
    Et, s’il se qualifie, aux trials de
    la Billabong Pro Tahiti, le jour même. (© Photo : DR)


    Kauli Vaast va participer pour la seconde fois de sa toute jeune carrière aux pré-trials de la Billabong Pro Tahiti à Teahupo’o, lundi 7 ou mardi 8 août. Le Tahitien de 15 ans avait atteint le premier tour des trials en 2016. L’objectif du nouveau champion d’Europe juniors est d’emmagasiner de l’expérience au contact de surfeurs chevronnés.

    Kauli Vaast possède déjà une grande puissance physique et mentale, mais il est surtout obnubilé par la victoire. Il l’a montré cette saison sur le circuit juniors de la zone Europe de la World Surf League.

    Et il faudra se souvenir qu’un jeunot d’à peine 15 ans est devenu, dimanche 23 juillet, champion d’Europe juniors au terme des quatre épreuves qui composent le circuit européen. Une saison menée tambour battant (2e de la Caparica Junior Pro, à Almada au Portugal, 1er de la Junior Pro Biscarosse, en France, 17e de la Junior Pro Espinho, à Porto au Portugal -un p’tit couac en passant- et 2e de la Junior Pro Sopela, au Pays basque espagnol).

    Alors que d’autres y pénètrent -sur le tour juniors- en espérant y trouver vainement la lumière, Kauli, lui, a rapidement ébloui de son talent sa première année complète sur le tour.
    Mais est-ce vraiment une surprise de le voir déjà sur la plus haute marche européenne ? Non, sûrement pas !

    Une partie de son esprit est déjà focalisée sur les Mondiaux juniors auxquels il participera en janvier 2018 à Kiama en Australie.

    L’autre partie est à Teahupo’o où se déroulent, le 7 ou 8 août, les pré-trials de la Billabong Pro Tahiti. Son ambition suprême est de se qualifier dans la foulée pour les trials…
    Dans son esprit, c’est plus que limpide : l’enjeu, à Teahupo’o, est d’emmagasiner un maximum d’expérience au contact de surfeurs locaux et étrangers, plus âgés et plus expérimentés que lui… Tellement grisant !
    À 15 ans, le garçon est déjà capable de faire beaucoup d’efforts à haute intensité tout en gardant la tête froide et une détermination sans faille. Et pour l’instant, ce n’est pas du pipeau, c’est une histoire vraie, c’est son histoire.

    La maturité, dont il possède déjà tous les accents, c’est de se servir des erreurs qu’on a faites -il avait été éliminé au round 1 des trials l’an dernier. Depuis, il n’a cessé de grandir psychologiquement et ne demande plus qu’à exposer sa fougue et sa science du tube sur la vague de Teahupo’o.

    Les amateurs de surf sont tout simplement en admiration devant tant d’aptitudes.
    Il y a également d’autres facettes de Kauli Vaast qui méritent d’être exposées afin qu’elles puissent être également admirées. Le Tahitien vous dévoile un peu de son jardin secret…

    Peux-tu te présenter ?
    Iaorana ! Je m’appelle Kauli Vaast. J’ai 15 ans et je suis né à Tahiti. J’habite la commune de Vairao. Je rentre en seconde et je surfe presque tous les jours.

    Avec qui as-tu commencé le surf ?
    J’ai commencé à surfer à l’âge de 4 ans avec un bodyboard sur les plages de Mahina, puis avec une planche en mousse. Après, j’ai intégré  le club Tama He’e Surf de Michel Demond. C’est lui qui m’a donné le goût de la compétition.

    Ton palmarès ?
    Je suis champion de Tahiti dans la catégorie cadets et je viens de remporter le titre de champion d’Europe junior WSL.

    Ça fait quoi d’être champion d’Europe juniors à ton âge ?
    C’est une grande fierté, je suis heureux. Et je sais que ça fait plaisir à tous ceux qui m’ont soutenu.

    Quelles sont tes prochaines compétitions cette saison ?
    Les pré-trials de Teahupoo tout d’abord, ensuite les Championnats du monde juniors ISA au Japon. La fin de l’année sera surtout consacrée à l’école car je fais ma rentrée en seconde au Lycée Sacré-Cœur de Taravao.

    As-tu déjà participé aux trials de la Billabong Pro Tahiti ?
    Oui, l’année dernière. Je n’ai fait qu’un tour dans les trials. J’ai perdu contre Kevin Bourrez qui est pour moi un des meilleurs surfeurs à Hava’e. C’était un peu décevant, mais le niveau est très élevé dans les trials.

    Penses-tu pouvoir te requalifier pour les trials cette année ?
    Ça va être très difficile, mais j’y crois.

    Si tu y arrives, quel serait ton objectif ?
    Les trials regroupent les meilleurs Tahitiens et Hawaiiens. Mais on ne sait jamais, en compétition il y a toujours des surprises !
    Et comme tous les participants, j’espère me qualifier pour le main event et pouvoir surfer contre les meilleurs du monde.

    Ta principale qualité dans le surf ?
    Je crois que je peux m’adapter à toutes les conditions de surf. Je suis polyvalent !

    Quelle est ta figure préférée ?
    C’est le tube, j’adore ça ! C’est une sensation unique d’être au cœur de l’océan. Et le tube de Teahupo’o est le plus beau tube du monde.

    À quel âge as-tu goûté pour la première fois à ce tube ?
    À l’âge de 8 ans.

     

    Cette vague te fait peur ?
    Oui, elle me fait très peur, mais je commence à savoir la lire… Elle reste effrayante !

    Comment l’appréhendes-tu ?
    Je l’appréhende par des montées de stress dès que je me lance à l’eau dans la passe de Hava’e.

    Un gros ou un petit Teahupo’o ?
    J’aimerais un vrai Teahupo’o avec de gros tubes.

    Et comment te prépares-tu pour les pré-trials ?
    Je n’ai pas eu de préparation particulière parce que je viens de rentrer d’Europe. Mais j’ai quelques jours pour retrouver mes repères au fenua.

    Où surfes-tu le plus souvent ?
    Je surfe surtout chez moi à la presqu’île. Il y a des gauches et des droites. C’est un endroit magnifique.

    Es-tu sponsorisé aujourd’hui ?
    Oui, j’ai la chance d’être bien soutenu. Je fais partie de l’équipe Quiksilver qui me donne la possibilité de surfer avec les meilleurs. Grâce à la compagnie Air Tahiti Nui, j’ai pu me rendre plusieurs fois en Europe pour suivre toutes les étapes du Tour Junior. Tonton Raimanaworld (Raimana Van Bastolaer) et Arnaud Douville de Franssu sont mes sponsors de cœur. Sans eux, je ne serais pas là. Il y a aussi Kazuma Surfboards, Dakine, Crosscall et Jeewin Technical Sportscare.

    Ça fait du beau monde derrière toi ?
    Pour avoir des sponsors, il faut des résultats et beaucoup de communication. C’est un vrai travail de bien les représenter.

    Quels sont tes projets pour la suite ?
    L’année prochaine, je vais continuer à faire les Pro Juniors. Mais mon objectif, c’est surtout de progresser techniquement. Il faut que je m’entraîne encore plus dans les petites vagues. Plus tard, je ferai le circuit QS qui est le circuit qualificatif pour intégrer le CT et rejoindre Michel Bourez.

    Je sais qu’il est encore tôt pour en parler… Le surf, ton métier ?
    Oui, c’est vrai, je veux devenir surfeur professionnel. Mais pour l’instant, je dois continuer
    le lycée et en même temps progresser en surf.

    Le métier que tu kifferais le moins ?
    Juge de surf. Je ne pourrais pas regarder les autres surfer sans aller dans l’eau. (Rires).

    Ta plus grande fierté ?
    D’avoir gagné le titre de Champion d’Europe.

    Ton sportif préféré ?
    Michel Bourez et Jérémy Florès.

    Ta musique préférée ?
    “Iaorana” de Janse Wesson (album Moana).

    Le film qui t’a marqué ?
    Big Mama 3.

    Le plat qui te fait craquer ?
    Un tartare de thon avec des frites.

    Tu ne te séparerais pour rien au monde de…
    Ma famille.

    Ton autre passion ?
    La pêche sous-marine.

    Avec qui aimerais-tu passer une journée au spot ?
    John John Florence.

    Et qui aimerais-tu inviter à dîner ?
    Pacha Light (jeune surfeuse pro australienne).

    La personnalité que tu rêves de rencontrer ?
    Jamel Debbouze. Je suis fan.

    Si tu pouvais être quelqu’un d’autre ?
    Johnny Boy Gomes (il était dans les années 90 une des stars du North Shore) pour prendre les vagues que je veux à Pipeline.

    Le jour où tu aurais pu mourir de honte ?
    Quand je suis tombé de vélo à Hossegor devant tout le monde.

    Le moment le plus fort vécu en dehors du surf ?
    Un jour de pêche avec mon tonton en Nouvelle-Calédonie où je me suis retrouvé face à un requin-bouledogue.

    Et en surf ?
    C’était il y a deux ans à Teahupo’o, juste avant la Billabong Pro. J’ai bouffé sur une vague très ouest qui m’a rejeté dans le lagon.

    Qu’est-ce que tu ferais si tu devenais milliardaire ?
    J’achèterais une maison devant Pipeline, une autre à Hossegor, une autre en Nouvelle-Calédonie et un motu aux Tuamotu.

    Les qualités qu’on loue le plus souvent chez toi ?
    Toujours motivé pour aller surfer.

    Et les défauts ?
    Je ne réponds jamais au téléphone. Dixit ma famille et mes amis.

    Ta phobie ?
    Les probabilités en maths.

    Ton pêché mignon ?
    Les pâtisseries.

    Ce qui te stresse ?
    Les taxis et les transferts dans les grandes villes quand je voyage seul.

    Et l’antistress ?
    Ma feuille de route.

    La dernière fois que tu as pleuré ?
    Quand j’ai fini 17e au Portugal à cause d’une erreur de marquage dans les dernières secondes.

    Le meilleur conseil que tes parents t’ont donné ?
    Poursuivre mes études.

     

    Propos recueillis par M.Tr.

     

    Capture d’écran 2017-08-03 à 09.15.58

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