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Le kava, nouvelle boisson tendance des New-Yorkais

vendredi 2 février 2018

FRITCH KAVA

En visite aux Samoa en 2016, le président du Pays avait été reçu comme un prince et avait partagé avec sept chefs de l’archipel le kava. (© DR)

Plusieurs bars à kava ont ouvert aux États-Unis, notamment dans l’arrondissement de Brooklyn. La jeunesse new-yorkaise y voit une alternative saine à la consommation d’alcool. L’Organisation mondiale de la santé reconnaît l’emploi du kava pour le soulagement à court terme de l’anxiété et de l’insomnie.

La consommation de kava est devenue la dernière tendance aux États-Unis et plus particulièrement à New York, où trois bars à kava ont ouvert il y a six mois. Selon un article de l’AFP, « le kava gagne les jeunes New-Yorkais stressés, parfois prêts à renier l’alcool pour cette boisson aux effets anxiolytiques qui les aide à affronter embouteillages, surmenage et… Donald Trump ».

Les vertus relaxantes et euphorisantes de la plante ont totalement séduit une jeunesse américaine qui y voit une alternative saine à l’alcool. Le quartier branché de Bushwick à Brooklyn compte déjà deux bars, le Brooklyn Kava et la Maison du kava, mais d’autres établissements de ce genre devraient très prochainement voir le jour.

Le kava, dont le nom botanique est le Piper methysticum, n’est pourtant pas nouveau. En effet, ses racines et rhizomes sont utilisés depuis des millénaires dans le Pacifique Sud et plus spécifiquement au Vanuatu, à Wallis-et-Futuna et en Nouvelle-Calédonie, qui compte plusieurs bars à kava.

En Polynésie, comme aux îles Fidji, la consommation de kava tient des traditions ancestrales. Il n’est pas rare d’inviter des dignitaires étrangers à participer à la cérémonie dite du kava.

Un rituel au cours duquel cette boisson au goût d’eau boueuse est partagée dans le but de favoriser des relations sociales harmonieuses.

Le capitaine James Cook fut d’ailleurs le premier à relater, il y a près de 250 ans, cet usage traditionnel dans les récits qu’il fit de son périple dans les îles polynésiennes en 1768.

C’était d’ailleurs la seule boisson enivrante connue des Polynésiens avant que les Européens ne transmettent la technique de la fermentation et de la distillation.

 

 

Le kava contre l’anxiété et le stress

 

En Europe, c’est seulement dans les années 1990, que des scientifiques ont commencé à s’intéresser aux qualités thérapeutiques du kava.

Mais tandis que des essais cliniques concluaient que l’extrait de la plante était plus efficace qu’un placebo pour soulager l’anxiété diagnostiquée à l’aide d’outils médicalement reconnus, des exportations de piètre qualité et une mauvaise utilisation du produit ont nourri, à la même époque, une mauvaise publicité du kava.

C’est ainsi qu’en 2001, les autorités européennes ont été conduites à revoir la réglementation sur le kava, notamment à cause de quatre cas d’hépatotoxicité signalés en Suisse et 24 en Allemagne.

Un avertissement a également été émis en 2002 par les autorités fédérales américaines sur le risque « rare mais potentiellement grave » de dommages au foie, tandis que la même année, il était interdit en Allemagne, Australie, France, Canada, Irlande, Singapour, Suisse et Grande-Bretagne.

Depuis, pourtant, plusieurs experts ont contesté la pertinence de ces interdictions du fait que les rapports concernant la toxicité du kava étaient incomplets, mal documentés et qu’ils ne permettaient pas d’établir un lien direct avec la plante. En effet, dans la majorité des cas décrits, les personnes touchées avaient des antécédents hépatiques ou prenaient des médicaments susceptibles de causer des troubles hépatiques.

Les autorités médicales allemandes ont finalement levé l’interdit complet qui frappait cette plante médicinale en 2005. La commission E allemande, qui est un conseil consultatif scientifique, a même reconnu l’usage du kava pour traiter l’anxiété, le stress et l’agitation tandis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît son emploi pour le soulagement à court terme de l’anxiété et de l’insomnie ayant pour origine un état nerveux ou stressé.

Pour le chercheur néo-zélandais Zbigniew Dumienski, de l’université d’Auckland, le nouvel engouement pour le kava vient du fait que “contrairement aux années 1990, notre connaissance médicale de la plante est bien meilleure. Elle a été très étudiée et est désormais largement perçue comme bénéfique et sans danger”, a-t-il précisé à l’AFP. Ce qui explique qu’entre 2012 et 2016, les exportations de kava en provenance des îles Fidji ont doublé. Alors à quand un bar à kava à Tahiti ?

 

 

Jen.R.

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