Kayak – L’Australien Cory Hill numéro un mondial

    lundi 5 octobre 2015

    Difficile pour un adepte du kayak de haute mer de rêver mieux que les conditions qu’ont connues les 140 kayakistes sur le parcours proposé par les organisateurs de cet événement en tous points exceptionnel. La veille, les femmes avaient déjà été gratifiées d’une bonne houle d’1,5 mètre et d’un vent favorable. Hier, sur ce même circuit entre Hitia’a et le Pearl Beach Resort, tout s’était encore intensifié, avec des creux allant jusqu’à trois mètres et un vent favorable parfois violent ! 
    On pouvait donc être sûr que les meilleurs “surfeurs” allaient être aux avant-postes et que le futur champion du monde serait un de ces équilibristes aguerris, habitué des conditions les plus extrêmes. Et des personnages de cette trempe, il n’en manquait pas puisque tout le gratin du surf-ski était bel et bien présent pour ces Championnats du monde avec notamment les Australiens et les Sud-africains ! Aussi, parmi ce peloton d’excellence, la présence de nos meilleurs spécialistes locaux était une aubaine pour profiter de l’occasion et pour se frotter aux meilleurs. 

    L’élite aux commandes

    Si les espoirs les plus fous espéraient voir quelques Tahitiens à l’avant, c’était sans compter sur la force, la technique et l’expérience des “top mondiaux”. Par conséquent, il ne fallait pas attendre très longtemps avant de voir un groupe de cinq se détacher, au premier rang desquels le champion du monde en titre, le Sud-Africain Sean Rice. Dans son sillage, on retrouvait les Australiens Cory Hill et Clint Robinson, mais aussi leur compatriote Michael Booth ou bien encore le Sud-africain Jasper Mocke. Des noms prestigieux, tous associés à de nombreuses victoires à Moloka’i ou sur le circuit mondial. Le premier Tahitien était quant à lui repéré aux alentours de la quinzième place et il s’agissait sans surprise de notre espoir Hiromana Flores. 
    Durant une heure environ, Sean Rice et Cory Hill allaient se disputer la tête de course, se dépassant mutuellement au gré d’une ou plusieurs belles vagues à surfer. Le surf était bien présent durant cette longue descente où les kayakistes pouvaient même s’accorder quelques temps de repos alors que leur embarcation était portée par la houle ! 
    C’est après une heure et dix minutes que l’Australien Cory Hill finissait par prendre un avantage conséquent (une trentaine de mètres), qui allait s’avérer définitif. Derrière, la remontée la plus fantastique était celle d’un grandissime champion, évoluant désormais dans la catégorie de 40-45 ans, à savoir Clint Robinson. 
    Le vétéran australien avouera en fin de course qu’il avait voulu rester légèrement en retrait pour voir ses concurrents “se battre”, et qu’il avait mis en route un peu trop tard, ce qui l’a empêché de revenir sur le futur champion du monde…

    Hiromana au pied du podium

    La Pointe Vénus était en vue, ce qui signifiait que le surf était terminé ! Mais il fallait encore payer de sa personne et jeter ses dernières forces pour rallier la plage du Pearl Beach Resort. Mais les écarts étaient faits et le trio de tête restait en l’état, à savoir Cory Hill, champion du monde, Clint Robinson et Jasper Mocke. Sean Rice quant à lui finissait en quatrième position, ayant peut-être opté pour un cap un peu trop près du rivage et parfois protégé du vent. 
    Michael Booth, Hank Mcgregor, le métropolitain Yannick Laousse, Mackenzie Hynard, Murray Stewart, Sam Norton, constituaient le top dix, tous Australiens ou Sud-africains, hormis Yannick Laousse qui n’était d’ailleurs pas peu fier, et à juste titre, de sa performance. 
    La foule présente sur le site d’arrivée attendait alors impatiemment le premier Tahitien. Et Hiromana Flores avait tenu bon durant tout le parcours, coupant la ligne en quatorzième place ! Restait à savoir où cette performance le situait dans sa catégorie des moins de 23 ans, puisqu’un titre de champion du monde est également distribué dans cette tranche d’âge, comme d’ailleurs pour celle des juniors. Malheureusement, Hiromana ne se classait que quatrième et échouait donc au pied d’un podium qui aurait été un exploit absolument formidable s’il avait pu l’atteindre. Mais ceci n’enlève en rien l’importance et la qualité de sa performance ! 

    Des espoirs pour le kayak local

    D’ailleurs, qui d’autres, parmi l’élite mondiale, s’était infligé la veille de la course un entraînement tel que Hiromana l’a vécu avec son club Shell Va’a ? 
    C’est d’ailleurs là que les performances des Tahitiens méritent d’être signalées et admirées (Mihimana Ah Min 18e, Éric Deane 21e, Moehau Paie 32e), tous piroguiers avant tout et kayakistes par plaisir… 
    Ce qui fait dire à Charles Villierme, le président de la Fédération tahitienne de kayak, que le jour où les rameurs se consacreront prioritairement au kayak, ils seront capables de rivaliser avec les plus grands, comme avait pu le faire à une certaine époque Lewis Laughlin (encore 15e pour cette course et premier des 45-49 ans) ou à moindre échelle Léopold Tepa (23e). Cette spécialisation trotte dans la tête de Hiromana Flores qui est encore partagé entre ses deux passions, mais il ne serait pas impossible qu’il finisse par faire un choix. 
    Au terme de ces Championnats du monde, le kayak international aura découvert le charme et la spécificité locale au travers des groupes de danse et de musique qui ont accueilli chaque compétiteur sur la zone d’arrivée et pour l’ensemble de l’organisation. Un atout indéniable qui a fini par convaincre les instances internationales de donner une étape de la Coupe du monde dès l’an prochain, l’organisation d’Oceania et même d’une Coupe de la Confédération regroupant tous les états du Pacifique. Tahiti n’en a donc pas fini avec la belle histoire de l’ocean racing. 

    Gérard Verdet

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