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Kelly Asin : le CESC, “un outil extraordinaire”

lundi 1 octobre 2018

Kelly Asin est le représentant au CESC de l’Union patronale de Polynésie française, composante du Medef. Il entend préserver l’indépendance de l’institution et encourager de nouvelles auto-saisines : depuis 2016 le CESC, tout entier occupé par les textes envoyés par le gouvernement, n’en a fait aucune. (© Caroline Perdrix)

Kelly Asin est le représentant au CESC de l’Union patronale de Polynésie française, composante du Medef. Il entend préserver l’indépendance de l’institution et encourager de nouvelles auto-saisines : depuis 2016 le CESC, tout entier occupé par les textes envoyés par le gouvernement, n’en a fait aucune. (© Caroline Perdrix)


Kelly Asin, issu du collège des entrepreneurs, a été élu le 19 septembre dernier à la présidence du Conseil économique, social et culturel de Polynésie française. Dirigeant d’un grand cabinet d’assurances, il entame ainsi son second mandat au CESC, où l’avait conduit son envie de s’engager sur les questions de société. C’est un Conseil rénové – la réforme marquée par l’introduction de nouveaux acteurs dans l’institution avait été retardée par les élections territoriales – dont il prend la tête. La Dépêche de Tahiti a souhaité mieux connaître l’homme qui dirige la quatrième institution du Pays.

 

Quel est votre parcours ?

J’ai eu la chance de pouvoir faire des études de finances, ici et en métropole. Lorsque je suis revenu, j’ai travaillé pour de grands groupes, en particulier pour l’UAP qui est devenue Axa par la suite. J’ai également été directeur financier adjoint à la Socredo. Mais je viens d’une famille asiatique qui est dans le commerce, et j’ai toujours eu dans l’idée d’être entrepreneur.

Ensuite s’est présentée en 2006 l’opportunité de racheter le portefeuille de Generali Assurances, avec deux associés. Je me posais aussi la question de l’engagement dans le domaine sociétal. J’ai d’abord été assesseur au tribunal du travail pendant huit ans, puis je suis devenu juge-commissaire au tribunal de commerce il y a cinq ans. Ensuite, mon associé m’a poussé à prendre la présidence de l’Union patronale de Polynésie française, et c’est à ce titre que je suis arrivé au CESC il y a cinq ans. Je suis également trésorier du Medef-PF.

 

En une phrase, quelle est pour vous l’utilité du CESC ?

Je pense que c’est un outil extraordinaire, où l’on débat de tous les sujets, où l’on apprend à écouter, où l’on fait des propositions. Et c’est une institution indépendante : à aucun moment, depuis que j’y siège, nous n’avons subi de pressions de qui que ce soit.

 

Comment préserver cette indépendance ?

Le meilleur moyen, c’est de garder à l’esprit l’intérêt général, sans a priori qui pourrait venir de notre appartenance à telle ou telle organisation ou profession. Il est important de dépasser les clivages habituels.

 

Une des critiques adressées au CESC, c’est que ses avis n’ont que peu d’impact sur le processus législatif. Que leur répondez-vous ?

Le fait que nos avis ne soient que consultatifs peut donner cette impression, mais je me suis rendu compte, d’abord, que tout le staff du CESC est complètement en phase avec la philosophie de l’intérêt général. Ensuite, nos avis sont très argumentés, constructifs, et empreints d’un grand bon sens. Je ne vois pas comment le gouvernement pourrait ne pas en tenir compte, d’autant que nos avis sont relayés à travers la presse.

56 % de nos avis ont provoqué des modifications des textes proposés, comme l’a relevé la CTC, ce qui n’est pas rien, et j’ai bien l’intention d’améliorer ce score.

 

La CTC a pointé du doigt les auto-saisines du CESC, qu’elle juge longues et coûteuses. Êtes-vous d’accord avec ce diagnostic et si oui, que prévoyez-vous pour y remédier ?

Les auto-saisines, c’est l’indépendance du CESC, et il faut les garder. Certains peuvent penser que les sujets choisis sont d’une importance relative, mais ils sont décidés en assemblée plénière, par toute la société civile. La question des auto-saisines mérite réflexion, que le bureau va mener, pour peut-être les limiter dans le temps et dans le nombre de séances. Mais j’entends la critique de la CTC qui reproche au CESC de ne pas suffisamment diffuser les résultats de ces auto-saisines, que ce soit auprès du grand public ou du gouvernement.

Pour l’instant, le bureau n’a pas encore examiné les propositions des conseillers pour les prochaines auto-saisines ; l’un d’entre eux a évoqué le diabète, et effectivement lorsqu’on voit ce que cette maladie coûte à la Polynésie, c’est un vrai sujet.

 

Quel effort les conseillers eux-mêmes peuvent-ils consentir pour alléger les charges du CESC, puisque 70 % d’entre elles sont les indemnités qui leur sont versées ?

Ils sont mis à contribution, puisque désormais le temps de présence requis en séance pour pouvoir prétendre à l’indemnité est passé d’une heure et demie à deux heures.

 

Vous avez rencontré le président du Pays mercredi. Que pouvez-vous nous dire de cette rencontre ?

Le gouvernement est assez motivé, avec la mise en place de ce nouveau collège (les 48 membres du CESC sont désormais répartis en quatre collèges au lieu de trois, avec l’addition du collège du développement, NDLR). Le nouveau collège représente des pans entiers de la société qui n’étaient pas présents ici – l’économie bleue, l’économie verte, le numérique, la CCISM…

Je pense que cela va donner un regain de vigueur à l’institution. Les membres de l’exécutif sont aussi assez curieux sur moi, puisque je n’étais pas très connu, et sur la nouvelle méthodologie de travail que je peux apporter. J’entends mettre en place une bonne communication avec la ministre en charge des relations avec les institutions, Nicole Bouteau.

 

Le rapport de la CTC recommande de trouver auprès du Pays une rallonge budgétaire pérenne. Avez-vous abordé la problématique du budget du CESC avec le président ?

Oui, nous avons évoqué ce qui a été souhaité par l’assemblée plénière en début de semaine, c’est-à-dire de pouvoir maintenir le fonds de roulement à 40 millions de Francs, de façon à ne pas se retrouver dans une situation où l’on ne pourrait pas s’autosaisir d’un sujet parce que nous n’avons pas le budget. Je pense que cette demande a eu un écho favorable.

 

Propos recueillis par Caroline Perdrix

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