King Kapisi, le roi polynésien du hip-hop

    jeudi 8 septembre 2016

    king

    L’artiste néo-zélandais d’origine samoane arrive la semaine prochaine à Tahiti pour partager sa musique, mais aussi son expertise dans le domaine du divertissement. (Photo : DR)

     

    Il tiendra des ateliers et masterclasses au Festival Polynesia – Te Moana Nui a Hiva

     

     

    Le chanteur de hip-hop King Kapisi, en compagnie de son épouse et chanteuse, Teremoana Rapley, animera, la semaine prochaine, des ateliers de musique pendant toute la durée du Festival Polynesia – Te Moana Nui a Hiva, et veilleront à assurer la représentation de la Nouvelle-Zélande lors du concert final, sur To’ata. L’artiste d’origine samoane est impatient de pouvoir partager ses connaissances avec le public tahitien.

     

     

    Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

    Oui, bien sûr. Talofa lava, kia ora koutou, malo e lelei, bula vinaka… Mon nom est King Kapisi et je suis un rappeur samoan, né à Aotearoa, Nouvelle-Zélande.

    Je fais de la musique reggae et bien d’autres genres musicaux. J’ai remporté le titre de meilleur auteur-compositeur de l’année, en 1999, en Nouvelle-Zélande au Silver Scroll Award.

    Je réalise moi-même mes clips vidéo et j’ai ma propre marque de vêtements, qui s’appelle Overstayer Clothing. Je suis le papa de quatre enfants et je suis marié à ma magnifique épouse, Teremoana Rapley, qui se produira avec moi à Tahiti.

     

    Pour un artiste polynésien, faire du rap n’est pas courant, d’autant plus à l’époque où vous avez débuté votre carrière. Comment en êtes-vous venu à rapper ?

    C’est vrai. En fait, je joue de nombreux instruments, dont des percussions. À l’époque, la première fois que j’ai entendu du rap de New York, des États-Unis, j’ai vraiment aimé les “drumbeats”.

    Les percus sont ce qui m’a attiré en premier vers ce genre de musique, puis j’ai commencé à écouter les MC et tout doucement, j’ai fini par rapper.

    Mais je ne fais pas que ça, je chante aussi. Je fais du reggae, du dancehall… En fait, je suis à l’aise avec n’importe quel genre de musique.

     

    Qu’est-ce qui vous inspire pour l’écriture de vos textes ? Vos racines polynésiennes jouent-elles un rôle ?

    Bien sûr, toutes ces histoires de colonialisme… En fait, je suis anticolonialiste et très pro-Pacifique. Comment nos vies ont été prises par la religion et par un monde différent du nôtre…

    Je ne crois pas en cela, je crois en nos propres valeurs issues de nos propres cultures du Pacifique. Moi, par exemple, je suis un Samoan né à Aotearoa. Et je trouve que nous vivons dans un monde occidentalisé.

    Le problème est que nous sommes dans le Pacifique Sud, donc pourquoi ne pourrions-nous pas être plus polynésiens qu’occidentalisés ?

     

    C’est la première fois que vous viendrez à Tahiti, mais avez-vous déjà entendu certains de nos artistes locaux ?

    Malheureusement non, mais je suis partant pour travailler avec des artistes locaux quand je serai là. Quand je voyage, j’aime bien m’immerger dans la culture du pays.

    Quand je suis passé en Nouvelle-Calédonie, j’ai fait une collaboration avec des artistes de là-bas, Kydam et Ykson. La chanson est en grande partie en français, elle s’appelle Non et on l’a sortie il y a quatre mois.

    Donc je suis vraiment ouvert à toute proposition. D’ailleurs, je viendrai avec mon petit studio portable et mes derniers enregistrements.

     

    De quoi sera-t-il question lors des ateliers et masterclasses que vous tiendrez ?

    Pour ma part, il sera question d’écriture de chansons, de DJing, de rap…

    En fait, pratiquement tout ce que tu as besoin de faire avant de vraiment pouvoir monter sur scène et chanter tes chansons. Je fais de la production audio, mon épouse est aussi chanteuse, elle chante et elle rappe.

    Elle est également productrice de télévision, notamment pour la chaîne Maori TV. Donc nous avons une certaine étendue de connaissances dans le domaine du divertissement et nous attendons avec impatience de pouvoir les partager.

     

    Quelle est l’histoire derrière le nom King Kapisi, qui veut littéralement dire “Roi chou” en français ? C’est votre légume préféré ?

    Haha ! Non, c’est juste que quand je suis né, je ressemblais un peu à un chou… C’est comme ça que ma mère m’appelait quand j’étais jeune.

    Du coup, c’est le nom que j’ai choisi en me lançant dans la musique. Je pensais pouvoir changer de nom par la suite, mais il est vite devenu “connu”, dira-t-on. Mais peut-être que j’arriverai à en changer un jour, avec un peu de chance !
    (rire)

     

    Avez-vous un message à faire passer aux Tahitiens avant votre venue ?

    Oui, je voulais partager mon sentiment à propos des peuples et cultures autochtones du Pacifique. Nous devons faire tout ce qui est en notre possible pour conserver nos cultures. Nous, les peuples du Pacifique, sommes une grande famille.

    Nous avons tous les mêmes valeurs que nous devons continuer à partager entre nous, tout comme le “aroha” que nous avons les uns envers les autres.

    Nous ne sommes pas si éloignés que ça, seulement à quelques jours en “waka”. Je suis très heureux de venir à Tahiti, parce que c’est comme si je rentrais à la maison. En tout cas, c’est ainsi que je le vois. C’est une île différente, mais un même peuple.

     

    Propos recueillis par

    Vaiana Hargous

     

        Retrouvez dans notre édition du jour :       

    • Encadré : Mini Bio
    • Encadré : Les différents rendez-vous avec King Kapisi

     

     

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