Krystal Garcia en route pour le pôle France : “Je quitte Tahiti pour vivre mon rêve”

    lundi 6 juin 2016

    Elle n’a que 14 ans, mais fin juillet, elle partira en métropole pour entrer en formation de judo, au pôle France de Bordeaux. Krystal Garcia, nouvelle licenciée de l’AS Vénus judo, entre dans la cour des futurs grands. Fin juin, aux États-Unis, la cadette défendra, une fois encore, les couleurs de la sélection polynésienne, composée à 50 % de judokas de Mahina. Avant de partir, le club de Vénus lui a offert quelques équipements, et la demoiselle nous a parlé de son rêve.

    Le repérage de mars en France et les tournois se sont-ils bien passés ?
    La visite s’est bien passée. J’avais déjà vu le pôle espoir d’Orléans, mais j’ai découvert celui de Bordeaux. J’ai également fait deux compétitions. À Bressuire, j’ai gagné mes quatre combats et je suis arrivée première.
    J’ai poursuivi mes entraînements à Orléans, au pôle espoir et au pôle France, où ils m’ont gardée deux semaines de plus pour préparer les championnats de France. Là, ça a été plus dur. J’avais un peu de pression. Mais surtout, j’ai eu moins de compétitions que mes adversaires.
    Je n’ai pas beaucoup d’opposition féminine à Tahiti, alors je suis obligée de m’entraîner avec les garçons. Et ce n’est pas la même chose ; on se fait un peu détruire avec eux. Mais au championnat de France, j’étais bien encadrée par mes coaches, Cyril Pagès, le responsable du pôle espoir d’Orléans, et Olivier Depierre, l’entraîneur du club, que je remercie. J’ai gagné mon premier combat, puis je suis tombée contre la favorite qui a fini première. J’ai eu la chance d’être repêchée. J’ai gagné le premier combat et j’ai perdu le deuxième bêtement. Mais l’année prochaine, avec plus d’entraînement, je peux viser le podium.

    La bonne surprise, c’est qu’ils veulent vous garder à Bordeaux ?
    L’année dernière, ils m’avaient déjà fait une proposition à Orléans, mais j’étais trop jeune. Mes parents préféraient attendre et surtout voulaient que j’aille à Bordeaux, car j’ai mes grands-parents là-bas. Pour eux, le soutien familial était important.
    Mais à Orléans, on me proposait le pôle France, et seulement le pôle espoir à Bordeaux. Le choix était difficile. Finalement, après des contacts avec l’entraîneur du pôle France à Bordeaux, ma candidature a été retenue en commission. Je suis contente.

    Le programme qui vous attend à la rentrée sera chargé ?
    Je ne le connais pas encore, mais je sais que ça va être dur. Je pars fin juillet, et déjà mi-août, j’ai un stage à Toulouse avec tous les pôles France.
    Pour le reste, ce sera difficile pour l’adaptation et l’intensité des entraînements. En plus, du collège au lycée, il y a des différences. Je vais devoir tout gérer, mais je pense en être capable.

    Vous savez ce que vous voulez faire plus tard ?
    Là, je vais entrer en seconde, et après, j’hésite encore entre une 1re S ou ES. Après l’obtention de mon bac, je pense partir dans une école de gendarmerie. Mais cela dépendra du judo.
    Si je suis prise à l’Insep (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance, NDLR) ou si je peux vivre du judo, alors je privilégierai le judo.

    Cela fait quoi de quitter Tahiti ?
    Ça me fera quelque chose, mais je sais que je quitte Tahiti pour vivre mon rêve, pour faire ce que j’ai envie de faire et que je ne peux pas faire à Tahiti. Donc je suis contente de partir, même si je sais que je laisse des choses ici.  K

    Propos recueillis par J.-L.M.

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