La Chine investit dans le domaine minier en Papouasie-Nouvelle-Guinée

    dimanche 7 juin 2015

    Le fleuve Sepik serpente sur plus de 1 000 km entre hauts plateaux et montagnes de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Au-delà de sa beauté, il est primordial pour la préservation de l’environnement : c’est la plus grande zone humide non contaminée de la région Asie-Pacifique.
    Le fleuve est aussi une source de nourriture et un moyen de transport pour les milliers d’habitants qui habitent le long de son parcours. Et bientôt, le cours supérieur du Sepik accueillera une mine de cuivre. Le projet a été nommé Frieda River et il est mené par une entreprise australienne, PanAust, qui vient d’être rachetée par une entreprise chinoise, Guangdong Rising Asset Management, ou GRAM.
    Car PanAust ne devait plus investir 2 milliards de dollars dans cette mine, mais 7 milliards. C’est la réalité du marché, estime Greg Anderson, le directeur général de la Chambre des mines de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Seule la Chine est capable de financer ce genre de projets, aujourd’hui, explique-t-il :  « C’est un projet énorme, de dimension internationale, et mobiliser des fonds pour le lancer, en particulier dans le contexte actuel, c’est extrêmement difficile. Ils auront le capital, donc avec l’arrivée de la Chine, le projet est bien plus susceptible d’avancer, ce sera sûrement lancé d’ici cinq ans. »
    GRAM est en effet pressé de mettre la mine en état de marche, mais il reste plusieurs étapes avant de pouvoir réellement lancer le projet. Une étude de faisabilité est en cours de réalisation.
    Les entreprises minières n’ont pas bonne réputation en Papouasie-Nouvelle-Guinée, et pour cause, rappelle le chercheur Gavin Mudd. Maître de conférences en génie de l’environnement à l’université australienne Monash, il s’inquiète de la réalisation de ce projet géant : « Si vous regardez la performance environnementale des sites miniers chinois à travers le monde, je pense qu’on peut légitimement se poser de nombreuses questions. Tout impact sur le Sepik n’aurait pas seulement des répercussions sur les gens qui vivent sur le site de la mine, dans les montagnes, mais cela suivrait tout le cours du fleuve jusqu’à la côte. »
    Le principal risque, selon Gavin Mudd, c’est que l’eau soit contaminée. Des craintes que balaie Paul Scarr, secrétaire général de PanAust : « GRAM est l’un des principaux actionnaires de PanAust depuis 2009. Pendant cette période, PanAust a reçu une récompense internationale pour ses performances respectueuses du développement durable. Avec GRAM, on comprend parfaitement à quel point ce projet est sensible dans cette région, et ils nous soutiennent dans nos efforts pour n’avoir aucun impact négatif sur le fleuve Sepik. »
    GRAM est une société d’investissement, et non une entreprise minière. Elle devrait laisser la direction des opérations aux cadres australiens de PanAust.
     
    Radio Australia

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete