La chute du député Jean-Paul Tuaiva

    vendredi 29 avril 2016

     Deux ans de prison avec sursis, deux millions de francs d’amende et cinq années d’inéligibilité ont été requis, jeudi, à l’encontre
    du député Jean-Paul Tuaiva jugé pour détournement de fonds publics et travail dissimulé. L’élu a reconnu à l’audience avoir utilisé, à des fins personnelles, une partie des fonds de sa réserve parlementaire, versés dans un premier temps à l’association Team Lea.  Il a déclaré que son ascension politique lui avait “brûlé les ailes” et qu’il entendait quitter un univers lui ayant fait perdre “ses valeurs”.

    Sa chute aura été aussi fulgurante que son ascension. Le député Jean-Paul Tuaiva, élu en 2012 au Palais Bourbon, a annoncé, hier, lors de son procès pour détournement de fonds publics, sa volonté de se retirer de la vie politique.
    L’édile a reconnu devant le tribunal avoir empoché, via l’association Team Lead, plusieurs millions de francs entre 2013 et 2014.
    Des fonds déposés sur le compte bancaire de l’association, pour un montant total de 22 millions de francs et issus de la réserve parlementaire de l’élu de l’Assemblée nationale.

    Onze millions ont ensuite été virés sur le compte personnel du président de Team Lead, avant que celui-ci, qui “vénérait” Jean-Paul Tuaiva, ne remette au député l’argent en espèces.
    Si ce dernier s’en était servi pour venir en aide, a-t-il dit, à des personnes démunies, il en avait aussi fait un usage tout personnel.
    500 000 francs ont ainsi financé des vacances aux États-Unis, 90 000 F des bijoux et un montant de 1,2 million de francs a permis la rémunération de deux travailleurs.

    Des jeunes qui œuvraient au restaurant et au domicile du député… sans avoir été déclarés aux services de la CPS.
    Ce qui vaut à Jean-Paul Tuaiva d’être également poursuivi pour travail dissimulé. Face aux juges, hier, l’intéressé a fait son “mea culpa”. “Après mon élection, j’ai été inondé de demandes de personnes nécessiteuses. Je les aidais, au début, en payant de ma poche mais, après, je ne pouvais plus faire face (…) Je ne nie pas les faits. Je reconnais avoir reçu de l’argent.”
    Reste que les enquêteurs n’ont pas pu déterminer ce qu’était devenue une somme de 3,2 millions de francs.
    Et, à la barre, le député n’a pas apporté plus de précision, donnant lieu à un échange gênant avec son ancien “homme à tout faire”, le président de Team Lead.
    “J’aimerais que la vérité soit dite. Il sait ce qu’il a fait”, a lâché celui-ci. Puis, se tournant vers l’élu : “Dis-le, ce sera mieux pour toi. Ce sera mieux pour tout le monde”, sans obtenir de réponse en retour.

    “Trahison”

    Jean-Paul Tuaiva a préféré revenir sur ses origines modestes, puis sur son parcours, n’hésitant pas à se mettre à nu.
    “J’ai gravi les échelons un à un à la sueur de mon front. Mais la politique m’a fait perdre mes valeurs. Je m’en veux. On entre dans un tourbillon infernal et, malheureusement, on fait beaucoup de bêtises.
    J’ai suivi une formation sur le développement personnel pour comprendre ce qui m’est arrivé. Malgré le fait que j’ai un tempérament de leader, j’ai aussi beaucoup de faiblesses.”

    Son avocat Me Yves Piriou a plaidé le fait que ni son client, ni le président de Team Lead n’avaient instauré sciemment un système destiné à siphonner les fonds de la réserve parlementaire.
    “Il était inévitable qu’ils se fassent prendre. Le montage mis en œuvre exclut toute idée d’une certaine préméditation. Mon client n’est pas malhonnête. C’est un type normal qui est devenu député.”
    Pour le pénaliste, Jean-Paul Tuaiva, tel Icare, s’est “brûlé les ailes” sous le soleil du pouvoir. “C’est contraire à ce qu’il est, contraire à l’image qu’il avait de lui.”

    Il n’en demeure pas moins que, pour le procureur de la République, le député “n’a pas commis un petit délit”.
    “Non seulement vous n’avez pas respecté la loi, mais vous avez trahi vos électeurs. À peine élu, vous utilisez vos fonctions à des fins personnelles. C’est une trahison de votre mandat”, l’a tancé José Thorel.
    Le magistrat a réclamé une peine de deux ans de prison avec sursis, une amende de deux millions de francs mais aussi cinq années d’inéligibilité à l’encontre de l’édile.

    Quant au président de Team Lead, un an avec sursis et un million de francs d’amende ont été requis.
    Enfin, contre une ancienne dirigeante d’une association, salariée au service du protocole de la Présidence, accusée d’avoir détourné un million de francs destinés à venir en aide à des familles dans le besoin, le procureur a demandé six mois de détention assortis du sursis ainsi qu’une amende. Le tribunal rendra son jugement le 16 juin.

    Compte rendu d’audience  J.-B.C.

    Jean-Paul Tuaiva, député de la Polynésie française : “J’ai dérapé”Jean-Paul Tuaiva, député de la Polynésie française “J’ai dérapé”

    Comment expliquez-vous le procès d’aujourd’hui ?
    Lorsque j’ai été élu en 2012, j’ai été inondé de demandes de personnes démunies. J’ai commencé à aider car, moi-même, je viens d’un milieu modeste. Après, vous le savez tous, j’ai dérapé. Je le reconnais. Mea culpa. Je pense que peu de monde dans ma position aurait tenu ce discours.

    Votre avocat a dit que vous vous étiez “brûlé les ailes”. Est-ce aussi votre sentiment ?
    On peut dire ça.

    Vous avez annoncé que vous alliez vous retirer de la vie politique. Entendez-vous démissionner de votre mandat de député ?
    Cela dépendra du délibéré. Je prendrai la décision avec mon avocat. Quoi qu’il en soit, j’ai décidé d’arrêter la politique et de revenir dans les affaires, ce que je sais faire.

    Vous avez dit à l’audience que la politique vous avait fait perdre vos valeurs. Qu’entendiez-vous ?
    Il y a beaucoup de personnes qui œuvrent dans la politique et que je salue car c’est beaucoup de travail, de sacrifices. Mais oui, la politique m’a fait un peu perdre mes valeurs. Je me suis brûlé les ailes. Je n’avais pas de repère contrairement à ceux que j’avais dans ma société.

    Regrettez-vous aujourd’hui d’avoir été élu ?
    Je ne regrette rien. Bien au contraire.

    Propos recueillis par J.-B.C.

    l'éternel lecteur 2016-05-01 13:31:00
    Alors comme ça, on met les mains dans le pot de confiture? C'est pas joli joli.
    "j'ai décidé de revenir dans les affaires" ça c'est bien, au moins ce sera plus discret ...
    moana 2016-05-01 09:34:00
    @lepetant parce qu'en France les hommes politiques sont tous honnêtes : les tiberi, chirac , balckani, cahuzac, thevenoud....çà n'existe pas. C'est le système politique français qui est pourri. Qu'on adopte le modèle scandinave ou anglophone, un élu prit la main dans le sac est rayé de la vie politique. Le système français tu es condamné mais tu es toujours là Flosse ou Alain Juppé par exemple.
    Hine 2016-05-01 04:44:00
    à "LEPETANT" au commentaire 6 : t'es sûrement un grand fan de Tuaiava pour pouvoir parler comme ça.

    ça te choque pas le comportement de ce pauvre type qui essai de se faire passer pour un robin des bois et qui se qualifie de leader alors qu'il n'est rien d'autres qu'un MENTEUR, et un VOLEUR (pour rester poli) ?

    On parle d'argent public là, d'impôts de personnes qui étaient et sont encore dans le besoin utilisé à des fins personnelles par un type qui n'as même pas honte de ses actes, ni de regrets.

    C'est dégueulasse franchement ! à vomir ce mec ! alors qu'on le voyait à la télé et dans les journaux faire ses beaux discours "moi je viens d'un milieu modeste" "moi chef d'entreprise, moi député" "la polynésie ceci cela". CHALALA

    D'ailleurs, paranthèse à part, il était président aussi de l'association CAGEST à la CCISM. Celle qui aide les patentés. Si ça s'trouve, y avait certainement des détournements ou des magouilles aussi là-bas. Faudrait se renseigner, y à ptêtre quelqu'un qui saurait qqchose.
    Le président de "la Polynésie française", des françaises et des français René, Georges, HOFFER 2016-04-30 23:43:00
    C'est vrai que d'un autre côté, Jean-Paul TUAIVA aura fait gagner quelque 40 milliards de francs des colonies française au Péï en continuant l'oeuvre de ses prédécesseurs : priver du droit au RSA les 79 999 crève-la-faim colonisés français de "la Polynésie française" proscrits du DROIT au RSA ( 60 000 cacahuètes par mois x 79 999 x12 mois plus la prime de Noël de 18 000 zizixxxPF hiihihihii rollstahiti@gmail.com
    tetuaveroa Taut 2016-04-30 12:14:00
    D'avoir côtoyé le plus grand des mafieux de P.F, il est évident que l'on se croit après tout permis !
    Quand à dire que tous les élus sont corrompus, c'est un peu abusif, car il existe des gens biens parmi eux , mais ça se compte sur les 10 doigts de nos mains ....
    En tout cas, il a eu l'honnêteté de reconnaitre les faits c'est déjà bien, car il aurait pu faire trainer cette affaire, comme son ancien mentor dont c'est la spécialité...
    Allez Jean-Paul , faa'itoito
    LEPETANT 2016-04-30 09:23:00
    BOF ! Ce genre de choses est tellement courant en Polynésie ! RAS.
    moana 2016-04-30 01:24:00
    le pire c'est qu'il a été mis en examen pour cette affaire en 2014. L'année suivante, il recommence avec une autre association "fantôme". Il est autant coupable que l'AN alors qu'il a été mis en examen de continuer à lui verser ce fond parlementaire. Quid de la cagnotte de 2016. dans sa poche et il va encore nous dire qu'il n'est pas malhonn^te dixit son avocat. C'est tout le système politique français qui est pourri. Tous des pourris, accrochés au pouvoir et à leur privilège.T'en fait pas Tuaiva avec un seul mandat tu toucheras une retraite confortable de député m^me si tu es condamné.alors que ces m^mes élus nous condamnent à travailler 40, 42, 45 ans pour toucher une retraite minable.
    Chut 2016-04-29 17:11:00
    Au t'aura, il y a quelques virus...on verra la suite...
    emere laputa 2016-04-29 16:44:00
    Les millions détournés vont aussi être remboursés (9 millions déjà saisis, 12 millions et quelques réclamés par l'Etat partie civile). Les 2 millions c'est une amende pénale, en plus du remboursement.

    Bizarre ce sentiment d'impunité, qui fait ensuite place à l'irresponsabilité... Ca rappelle nos dirigeants des années 90 !
    TEIKI 2016-04-29 15:41:00
    C'est évident, il est en train de minimiser son délit , il considére que pour lui les 22 millions volés cela n'est rien comparer
    à ceux qui volé des milliards, Pourquoi réclamer seulement 2 millions qu'il rembourse carement la totalité des fonds de sa réserve parlementaire, ou bien qu'on saisi tous ces biens à la hauteur de 22 millions , comme cela va faire réfléchir à nos futures candidats à la députation . Et faire de la Politique , c'est se salir les mains, c'est évident sur . Tous nos politiciens sans exception profitent
    de leur situation d'abord pour s'enrichir avec le prétexte soi-disant de donner le meilleur de soi-même , sa compétence ,
    son travaile etc .... pour le dévelopement du fenua,. D'où au fil des années , nous vivons et constatons de plus en plus
    dans une société avec de plus en plus d'injustices sociales , les inégalités sociales se creusent de plus en plus .
    Une minorité des riches de deviennent toujours de plus en plus riches ou essaient de maintenir leur train de vie au profit de
    la majorité de population. Exemple : La CPS , il faut virer ces dirigeants qui ne savent pas gérer les fonds des cotisations
    des salariés, supprimer tous les avantages , voyages , 14é mois etc .....du personnel déjà même bien rénumérés .
    Toki 2016-04-29 13:29:00
    Le pire dans tout ça: il n'a même pas honte de ce qu'il a fait. Piquer le fric du contribuable et pas une once de remords!!! ça me met en colère de voir ça!!
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