La commune de Bora Bora se mobilise contre la violence

    mardi 6 octobre 2015

    Pas un jour ne passe sans que la violence ne fasse la Une des médias en Polynésie française et après les événements dramatiques à répétition, le maire Gaston Tong Sang a décidé de siffler la fin de la récréation et de mobiliser tout ce que la commune comporte de forces vives pour tenter d’endiguer ce problème, avant qu’il ne devienne incontrôlable. L’image de Bora Bora, l’île où il fait bon vivre et où la solidarité et le respect des règles de la vie communautaire ont toujours prévalu, appartiendrait-elle au passé ?
    Pour répondre à cette épineuse question, la mairie avait donc convié tous les représentants des forces de l’ordre, des Églises, des associations familiales, culturelle et sportive et de l’Éducation nationale à se joindre aux tavana de l’île qui faisaient bloc derrière leur maire, pour participer à une première réunion de réflexion sur les actions à engager sans plus attendre, afin que la commune retrouve un peu de sérénité. Il est tout à fait clair que les marches blanches, si elles partent d’une intention louable, ont montré leurs limites et que plus personne, en commençant par les élus, ne peut plus pratiquer la politique de l’autruche.
    Un court exposé de Gaston Tong Sang a clairement laissé entendre que les bornes à ne pas franchir avaient été largement dépassées, et le maire a saisi cette occasion pour adresser à l’assemblée un mea culpa en sa qualité de premier magistrat de la commune en charge de la sécurité de ses administrés. Il a mis certes en avant ses actions en faveur des associations qui travaillent au quotidien avec la jeunesse de l’île, mais a souligné que visiblement, les 130 millions de francs attribués par la commune au milieu associatif dans son ensemble, n’étaient pas en mesure de résoudre seuls, les difficultés, et que d’autres voies étaient à explorer sans délai.
    La cinquantaine de leaders présents à cette réunion a pu prendre la parole et donner son point de vue. Si aucune solution miracle n’était attendue de ce débat, un consensus, sans surprise, se dégageait rapidement pour déterminer les causes de cette violence croissante à Bora Bora. L’alcool, encore et toujours, la drogue, disponible jusque dans les écoles, l’oisiveté due au chômage, la perte de repères familiaux avec un manque de respect croissant des jeunes envers leurs aînés, la démission des parents devant l’éducation de leurs enfants, la dissolution de la culture polynésienne… autant de problèmes qui ne sont pas spécifiques à Bora Bora mais qui laissent incrédules devant l’ampleur de la tâche à entreprendre.
    Romain Hauata, directeur de l’école de Namaha 2, le pasteur Samuel Pere, Jules Tapi, président de l’UJG de Anau, Sylvana Estall, représentante au CESC, Tapea Taaroa, directeur du CJA, Pierre Michel, principal de Collège-Cetad et le major Xavier Le Faou, entre autres, ont fait des interventions remarquées mais au-delà du constat, peu de solutions à court terme étaient avancées. Le maire en invitant tous les acteurs présents à poursuivre la réflexion et à lui soumettre des suggestions, annonçait que, sans plus attendre, des dispositifs de proximité allaient immédiatement être mis en place dans chaque quartier, qui se verra doté d’un référent, véritable interface entre ses habitants, les services sociaux de la commune et les forces de l’ordre en cas de besoin, en attendant mieux et peut-être, à terme, des maisons de quartiers animées par des éducateurs professionnels.

    De notre correspondant Alain Lepresle

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