La droite reprend le Sénat à la gauche

    lundi 29 septembre 2014

    C’était prévisible : l’UMP et le centre ont repris le Sénat à la gauche avec 15 sièges d’avance, selon des chiffres non-définitifs. C’est la conséquence de la défaite des municipales, mais aussi de la réforme territoriale ou des rythmes scolaires. Le FN, avec deux sénateurs, fait son entrée au Sénat. Les regards se tournent vers une autre bataille, celle pour la présidence du Sénat entre Jean-Pierre Raffarin et Gérard Larcher.

    La parenthèse n’aura duré que trois ans. Le Sénat repasse à droite, au soir des élections sénatoriales. C’est une nouvelle défaite pour François Hollande. La moitié des 348 sénateurs étaient renouvelée. En 2011, la Haute assemblée avait connu une bascule historique à gauche, pour la première fois de son histoire.

    La surprise vient de l’extrême droite

    Cette victoire de la droite n’est pas vraiment une surprise. C’est la conséquence du scrutin municipal de mars dernier, une claque pour la gauche. « Ce soir le Sénat a changé de majorité », s’est réjoui l’ex-premier ministre Jean-Pierre Raffarin, candidat à la présidence du Sénat. « C’est un Sénat qui retrouve les couleurs de la France, la couleur qui s’est exprimée aux municipales », selon le sénateur UMP Gérard Larcher, lui aussi en lice pour le plateau.

    La surprise de la soirée vient de l’extrême droite. Le FN fait son entrée au Sénat, avec l’élection de deux sénateurs, dans le Var et les Bouches-du-Rhône. C’était une possibilité, mais leur élection n’était pas évidente.

    La gauche paie la réforme territoriale

    Au-delà des municipales perdues, la gauche paie la réforme territoriale, mal perçue chez les élus, la réforme des rythmes scolaires et la baisse des dotations aux collectivités. La rentrée calamiteuse de l’exécutif a fini de doucher les dernier espoirs de la gauche.

    A 22 heures, la droite républicaine totalisait 188 sièges, soit 13 de plus que la majorité absolue (175), la gauche 155 et le FN 2. Le sort de trois sièges (en Guyane, à Saint-Martin et en Polynésie) n’était pas encore connu. L’UMP gagner 15 sièges, Le PS en perd 16 sièges, le groupe RDSE (PRG) en perd 4, le groupe communiste en perd 3, l’UDI en gagne 10 et le FN prend 2 sièges.

    A la mi-journée, les premiers résultats tombent

    Dès les résultats de la mi-journée, dans les départements les moins peuplés, la tendance était bonne pour la droite. Philippe Marini, troisième candidat à la primaire UMP pour la présidence du Sénat, prédit « une belle journée » en arrivant salle des conférences. Les résultats tombent. A gauche, Jean-Pierre Michel, rapporteur PS de la loi sur le mariage des couples de même sexe, est défait en Haute-Saône. « Il paie le mariage pour tous et son sectarisme », selon Eric Doligé, sénateur UMP du Loiret. A l’heure du déjeuner, la droite a repris 7 sièges. La courte avance de 6 sièges qu’avait la gauche depuis sa victoire de 2011 a virtuellement fondu.

    En début d’après-midi, l’espoir revient un peu à gauche. Quelques bons résultats arrivent. Le PS conserve ses trois sénateurs en Gironde. Le sénateur PS Alain Anziani est réélu… de deux voix ! A droite, l’UMP Roger Karoutchi crie déjà victoire : il prédit « 15 à 18 sièges d’avance ce soir ».

    Tension salle des conférences

    Salle des conférences, une certaine tension se fait sentir à l’heure du thé. Le bruit court que le FN détiendrait un siège, puis deux. Rapidement, l’information est confirmée. Elle est symbolique. Les réactions affluent. A Marseille, Samia Ghali arrive à garder son siège. A 17h30, l’avance pour la droite est de + 13.

    Vers 18 heures, Didier Guillaume, président du groupe PS et réélu, fait son entrée. Il calme les ardeurs de la droite. « On nous annonçait une bérézina. A l’heure où je vous parle, il n’y pas de majorité stable pour gouverner le Sénat. La vague bleue n’a pas lieu. Nous avons réussi à atténuer la défaite annoncée », soutient ce proche du président Jean-Pierre Bel, qui ne se représentait pas. Quelques minutes plus tard, un responsable du PS déboule salle des conférences. « Ce n’est pas perdu », assure-t-il, avant de reconnaître une erreur de calcul.

    Karoutchi : « Si ce n’est pas une vague, je veux bien me faire moine ! »

    Roger Karoutchi, sénateur des Hauts-de-Seine et candidat à la présidence du groupe UMP s’énerve contre les socialistes qui minimisent la portée des résultats. « Si ce n’est pas une vague, je veux bien me faire moine ! Leur défaite est écrasante. »

    19h15, les résultats continuent d’arriver. Les tableaux sont maintenant bien remplis. 16 sièges basculent à droite. A l’UDI, l’autre gagnant de la soirée, on en remporte 8. Les centristes tablaient sur 5 ou 6 sièges de plus. Ce sera au final 9 nouveaux sénateurs centristes.

    Baylet battu

    Le patron des radicaux de gauche, Jean-Michel Baylet, lui, est battu, dans le Tarn-et-Garonne. Tout comme le socialiste Bernard Combes, conseiller de François Hollande, en Corrèze.

    Le ministre des Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, met la défaite sur le dos des divisions. « S’il n’y avait pas eu de division à gauche, on se poserait la question de savoir si le Sénat basculerait vraiment à droite », glisse-t-il. Le sénateur écologiste Ronan Dantec, n’apprécie pas beaucoup la sortie du socialiste : « C’est le PS qui n’a pas voulu d’accord avec les écologistes. Ils se moquent du monde ! » A droite, l’ambiance est plus détendue. Les sourires sont sur les visages. Mais déjà, une autre bataille, celle du plateau, est dans toutes les têtes. Ce sera mercredi prochain.

    AFP

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